Au moins neuf villageois ont été tués en début de semaine par des jihadistes dans le centre-ouest du Tchad, une région en proie à d'incessantes attaques de Boko Haram et du groupe Etat islamique (EI), ont assuré mardi à l'AFP le gouverneur local et une ONG.

 

L'assaut a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi dans le village de Kadjigoroum sur le lac Tchad, une zone aux confins du Nigeria, du Cameroun, du Niger et du Tchad, quatre pays où opèrent régulièrement ces groupes.

 

"Les éléments de Boko Haram ont attaqué Kadjigoroum et tué neuf personnes et incendié le village", a assuré par téléphone à l'AFP Mahamat Fodoul Makaye, le gouverneur de la province du Lac. 

 

Commençant à seulement une centaine de km au nord de la capitale N'Djamena, le lac Tchad est une vaste étendue d'eau et de marécages parsemée d'îlots habités, dont certains sont des repaires du groupe nigérian Boko Haram ou de sa branche dissidente, le groupe État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap, selon son acronyme anglais). 

 

Les autorités tchadiennes appellent indifféremment "Boko Haram" ces deux groupes, qui y attaquent régulièrement l'armée et les civils, au Tchad mais aussi dans les trois autres pays riverains du lac. L'assaut et le bilan ont été confirmés à l'AFP par le chef d'une ONG humanitaire locale sous couvert de l'anonymat. 

 

En août, 26 militaires avaient été tués dans une attaque de Boko Haram sur une île du lac, Tchoukou Telia, à 190 km au nord de N'Djamena. Et en mars 2020, c'était une centaine de soldats qui avaient péri dans un assaut similaire sur la presqu'île de Bohoma.

 

Le président Idriss Déby Itno, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 30 ans, avait immédiatement lancé une vaste offensive militaire en représailles, jusqu’en profondeur sur le territoire nigérian, où l'armée tchadienne intervient souvent avec l'accord d'Abuja.


Le chef de l'Etat, qui l'avait conduite en personne, avait alors affirmé, à l'issue de cette opération baptisée "Colère de Bohoma", qu'il n'y avait "plus un seul jihadiste sur l'ensemble de la zone insulaire".

Mais les attaques contre les militaires et les civils se sont multipliées depuis.

 

Le maréchal Déby a été tué en avril 2021 dans des combats contre un groupe rebelle dans le nord du Tchad. Son fils, le général Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, a immédiatement pris les rênes du pays à la tête d'une junte composée de 14 autres généraux.