La France, l'Algérie et les Etats-Unis ont ajouté mardi à la pression exercée par les Etats ouest-africains sur la junte malienne pour qu'elle se plie à l'exigence d'un retour rapide des civils au pouvoir.

 

La junte, elle, tente de rallier les Maliens autour d'un discours patriotique et les appelle à manifester vendredi contre les sanctions infligées par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

 

La CEDEAO a décrété dimanche la fermeture des frontières avec le Mali et un embargo commercial et financier, sanctionnant durement le projet de la junte de continuer à diriger le pays pendant plusieurs années.

L'effet de ces mesures de rétorsion sur la junte, mais aussi sur la population, ajoutent à l'incertitude des lendemains dans un pays au cœur de l'instabilité sahélienne, théâtre de deux putschs depuis 2020.

 

La France et les Etats-Unis, importants partenaires du Mali, ont pris le sillage de la CEDEAO. Le président Emmanuel Macron a assuré que la France et l'Union européenne, dont son pays assure la présidence tournante, soutenaient la "position très claire et ferme" de la CEDEAO face aux "dérives de la junte". Les Européens se préparent à renforcer à leur tour leurs sanctions, a-t-il dit.

 

Mais un texte du Conseil de sécurité de l'ONU soutenant les sanctions de la CEDEAO, proposé par la France, a été bloqué mardi par la Russie et la Chine.

 

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a quant à lui accusé mardi les mercenaires du groupe russe Wagner de "soutenir" la junte au pouvoir au Mali sous couvert de lutte antijihadiste. "Ce qui se passe au Mali est une véritable fuite en avant de la junte au pouvoir qui, au mépris de ses engagements, souhaite confisquer le pouvoir pendant des années et priver le peuple malien de ses choix démocratiques", a-t-il ajouté.

 

Les Etats-Unis soutiennent également les sanctions ouest-africaines, a dit leur ambassadrice à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

 

Un délai de cinq années, comme l'ont demandé les colonels pour passer la main aux civils, "prolonge la douleur" des Maliens, plongés dans une profonde crise sécuritaire et politique depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012, a-t-elle dit.