Par Marthe Akissi

La migration irrégulière serait une affaire d’hommes qui partent à l’aventure. Pourtant, entre 2017 et 2020, parmi plus de huit mille migrants de retour en Côte d’Ivoire, un quart était des femmes. Soit 5 fois plus que le taux global observé dans les autres pays d’Afrique de l’ouest francophone, selon une étude l’OIM publiée en août 2021. Aujourd'hui, le visage de cette migration est désormais celui d'une femme, seule ou avec des enfants, empruntant un chemin semé de toute forme de violences. Marthe Akissi a rencontré à Abidjan et à Daloa plusieurs de ces femmes de retour d'un périple migratoire souvent cauchemardesque.



Emma Flora Tian est une jeune femme ivoirienne qui a tenté de gagner l’Europe en traversant le Sahara, l’Algérie et la Libye. Son périple a débuté en 2016, alors qu’elle est coiffeuse à Yopougon. Sollicitée, cette trentenaire décide de nous rejoindre dans la commune de Treichville, dans le sud d’Abidjan, pour nous livrer son témoignage un mercredi après-midi. Ce jour-là, Emma prend un véhicule de transport en commun, quittant Bonoua, localité située à 60 km d’Abidjan. Assise dans l’un des espaces aérés du quartier ‘’Arras’’, l’ex migrante marque une courte pause… avant de se confier. Son témoignage est bouleversant. Entre viols, abus sexuels, violences physiques, absence de soins médicaux, elle retrace son parcours du combattant.


 Emma Flora, ex-aventurière, aujourd’hui engagée dans la sensibilisation contre la migration clandestine.


 

« En 2016 où j’ai eu l’idée de tenter l’aventure, j’avais 26 ans. Je n’arrivais plus à vivre de mon métier vu que j’avais une fille de 7 ans en charge et la vie en famille était encore plus difficile. C’est ainsi que j’ai décidé de prendre le désert du Niger pour atteindre l’Algérie, pour le travail d'aide-ménagère rémunéré à 49.000 fcfa par semaine. Dans le car en partance pour le désert, nous étions beaucoup de femmes, assez d’ivoiriennes. Pendant la traversée du désert, les chauffeurs nous ont descendu en nous demandant de repayer le transport. L’un d’entre eux a voulu me violer alors que je le suppliais en larmes de me laisser parce qu’étant enceinte. Malgré cela, il m’a attrapé par les cheveux en me brutalisant, il s’est frotté sur moi et s’est satisfait. Abandonnés, nous étions obligés de marcher du désert jusqu’à la première ville de l’Algérie, de 2h du matin à 8h30 mn. »


Emma avait pourtant prévu de rester avec son compagnon en Algérie. Après quelques mois passés dans ce pays de plus de 40 millions d’habitants, la jeune dame reprend le chemin du désert dans l'optique d'atteindre la Libye. Cette fois, lors de la traversée, une autre femme est violée publiquement, sous le regard impuissant de tous les occupants du véhicule.

Après avoir bravé le désert, Emma arrive en Libye. L’espoir de traverser la méditerranée pour l’Italie renaît. Contre toute attente, elle et d’autres femmes d’Afrique de l'Ouest sont arrêtées et faites prisonnières à Garabulli, à 50 km à l’est de Tripoli, avec la complicité de leurs propres passeurs. Elles sont enfermées avec des centaines d’hommes. Enceinte de cinq mois, Emma n’a reçu aucun soin médical durant les trois semaines passées derrière les barreaux. “Le repas, c’est une fois par jour, suivi de coups de fouet”, confie-t-elle, la tête baissée, les larmes aux yeux.

« On était caché au campo (camp, Ndlr). Une nuit, la police a débarqué. Ils nous ont arrêtés et jetés dans un gros camion pour nous emmener dans une prison à Tripoli. Il y avait au total 12 cellules. Les femmes d’un côté et les hommes de l’autre côté. Pendant les trois semaines, c’était l’enfer. En plein hiver, tu te réveilles le matin avec la chicotte. Même pour nous donner à manger, on nous bastonne. Quand l’ONG Médecins Sans Frontières nous rendait visite avec des gels de douches, des serviettes hygiéniques, des boites de lait pour les nourrices et draps-couvertures, les brigadiers libyens nous les arrachaient pour les vendre. C’était vraiment difficile ! »


Daloa, gare centrale pour l’immigration clandestine vers l’Europe

Le cas d’Emma n’est cependant pas isolé. Comme elle, plusieurs femmes ont tenté d’atteindre l’Eldorado que symbolise l’Europe. Ainsi, le phénomène migratoire irrégulier a atteint son pic entre 2014 et 2017, particulièrement à Daloa, troisième grande ville du pays, dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire, à 384 kilomètres d’Abidjan. Localité productrice de café et de cacao, la ville de près de 300.000 habitants fait énormément parler d'elle en matière d'immigration clandestine. Elle est quasiment devenue la plaque tournante pour les départs vers l'Europe. 

Nous nous y rendons afin de comprendre le mode opératoire des passeurs et les actions de lutte engagées par les autorités locales. Sur place, l’Union de la jeunesse communale est très active. Depuis cinq ans, elle s’occupe de l’insertion professionnelle des jeunes et de la lutte contre la migration irrégulière. Dans son bureau où il nous accueille, Sherif Aziz, chargé de l'insertion professionnelle et de la migration des jeunes à l’Union de la jeunesse communale de Daloa, raconte le calvaire que les passeurs font subir aux migrants, qui minimisent ou font fi des risques le long du voyage. 

Les bus, qui quittent la ville de nuit, passent par le Burkina Faso ou le Mali pour rejoindre la porte du désert à Agadez, au Niger. Là-bas, des véhicules tout-terrain filent vers la Libye, où un troisième réseau de passeurs réceptionne les migrants, direction la côte. Aucune donnée concrète n’est disponible sur le nombre de femmes qui quittent Daloa pour l’aventure. Sherif Aziz : 

« Daloa est un grand carrefour. Pour certains, c’est une ville bénie en termes de départ pour la migration parce qu’ils y trouvent des personnes ressources qui prient pour eux : imams, pasteurs, marabouts (...) Les premiers migrants à partir clandestinement en Europe viennent de Daloa. En réalité, il n’y a pas de convoyeur spécifique. La première gare de Libye à Daloa est la gare de l’UTB. Arrivés à Bouaké, ils empruntent le car de Niamey et là- bas, c’est tout un marché noir. C’est là que se trouve le réseau des passeurs. »

Les aventurières de la méditerranée sont si déterminées. Malgré les images funestes que transmettent les médias sur les routes migratoires centrales et les témoignages dramatiques de leurs devancières, les jeunes Ivoiriennes n’entendent pas abandonner. Bon nombre d’entre elles veulent atteindre l’Europe à tout prix. C’est le cas de Mariam, qui a choisi d’emprunter toute seule la route de la méditerranée, à l’insu de sa mère. A 17 ans, l’orpheline de père en classe de troisième dans un collège de Daloa, déserte l’école en pleine année scolaire et disparaît avec les économies de sa mère.

Mawa Doumbia, la mère de l’adolescente, réside au quartier ‘’Dioula’’. Ce matin-là, elle s’affaire aux tâches ménagères avant de se rendre au marché. Elle se souvient des projets montés pour sa fille Mariam, qu’elle voyait à un poste de responsabilité après ses études. Un rêve aujourd’hui brisé. Mawa, la veuve, est désespérée.

« Depuis qu'elle est bébé, elle a perdu son papa. Donc moi je me défends pour payer son école. Si elle me disait qu’elle partait, j’allais faire le commerce pour qu’elle aille dans de bonnes conditions. Un matin, elle a pris l’argent de la tontine que j’ai gardé et s’en est allée en faisant croire qu’elle partait chez sa camarade, or elle a pris la mer. Il parait qu’elle est en Libye. Mais elle n’a pas encore pu traverser pour l’Italie. Ce n’est pas facile. Je lui dis de revenir mais elle refuse, c’est cela le problème. Je demande à Dieu qu’elle ne meurt pas ».


La Méditerranée centrale, un trajet infernal


La route migratoire la plus meurtrière connue au monde est la Méditerranée centrale, d’après les données publiées chaque mois par le site Missing Migrants Project (MMP). De 2014 à 2021, 18 783 décès et disparitions ont été recensés contre 2581 en Méditerranée occidentale et 1786 en Méditerranée orientale. Selon les experts de MMP, les personnes migrantes traversent souvent la Méditerranée centrale dans des bateaux pneumatiques surchargés et en mauvais état de navigabilité. Ceux qui migrent via cette route souhaitent généralement atteindre les côtes italiennes, mais partent d’une variété de pays d’Afrique du Nord tels que la Tunisie, l’Égypte et l’Algérie. Parmi eux, des femmes, dont les décès records ont été enregistrés en 2018 avec 1251 cas contre 491 hommes. 



Au-delà de la méditerranée, les voies aériennes sont de plus en plus utilisées par les migrantes ivoiriennes. Elles quittent la Côte d'Ivoire en majorité par avion, transitent ou font escale en Tunisie, puis entrent en Libye. Les hommes voyagent majoritairement par la route avec différents parcours entre le Mali, l’Algérie et le Niger pour atteindre la Libye, c'est ce qui ressort des rapports de l'OIM. 

De 2011 à 2015, l'ONG ivoirienne Lutte contre l'Immigration illégale Secours Assistance et Développement (LISAD), en charge de la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite des personnes, a pu observer un boom de la migration féminine dans les pays du Golfe tels le Koweït, le Qatar, l'Arabie Saoudite, le Kurdistan. Elles y partent pour exercer des travaux domestiques. Mais depuis 2015, c’est par le Maghreb que les femmes ivoiriennes transitent pour gagner l'Europe. Un transit fortement marqué par l’exploitation de celles-ci, explique Hervé N'Dri, le Président de LISAD que nous avons rencontré à Yopougon, une commune dans le nord d’Abidjan.

« Entre la Tunisie, le Maroc et la Côte d’Ivoire, il n’y a pas de visas. Et très souvent, dans le passeport de ces jeunes sœurs qui partent à l’aventure, vous verrez la profession : commerçante. Lors des contrôles, les autorités se disent qu’elles vont faire des affaires et donc elles prennent leur vol sans problème. Mais une fois sur place là-bas, le bourreau les attend pour les exploiter. Elles font un travail de cinq mois sans salaire. Plus le séjour se prolonge, plus la police les traque à tout moment avec la justice à leurs trousses ». Car, au bout de trois mois, elles se retrouvent sans papiers à l’expiration de leurs visas et doivent s'acquitter de fortes amendes pour espérer rentrer chez elles. 

Entre arnaques et faux papiers, les réseaux clandestins deviennent de plus en plus puissants en utilisant les réseaux sociaux. L’immense majorité des femmes tombe dans des réseaux mafieux. Au départ, des recruteurs leur promettent du travail avec un faux contrat. En Tunisie, la Radio Libre Francophone traite de la question migratoire dans ses contenus. Interrogé, ce média explique que les femmes en particulier sont prises au piège de la désinformation sur l'emploi et des conditions sociales de la Tunisie. En fin de compte, elles paient un tribut plus lourd que les hommes sur la route migratoire et leur mortalité est plus élevée. 

Une étude de l’Organisation Internationale pour les Migrations sur le trafic illicite de migrants et la traite de personnes montre que près de 30% des femmes ont été victimes de traite dès leur départ de Côte d’Ivoire. Par ailleurs, dans plus de 50% des cas, femmes et hommes interviewés ont travaillé à un moment de leur parcours sans être rémunérés; 41% des femmes contre 17% des hommes ont déclaré que le salaire perçu au cours de la migration avait été versé à un intermédiaire. 

Au cours de l’aventure, elles sont plus nombreuses à être victimes de racket, vols, violences physiques ou d’exploitation. 

Des types d’abus subis, allant jusqu’à la confiscation de documents pour certaines et à la rétention de salaire pour d’autres. En général, ces abus sont subis sur le lieu de travail dans 56% des cas et au cours du voyage à 39%.




A la recherche du bonheur…

Chaque jour qui passe, les potentielles migrantes sont toujours plus nombreuses à vouloir tenter leur chance au péril de leur vie. Le récit d'Emma et des autres femmes rencontrées montrent bien que le premier motif du départ est la recherche d'un mieux-être, l'Eldorado. Pour des chercheurs comme le Dr Lally Kouadio Alexis, enseignant à l’Université Peleforo Gon de Korhogo, qui travaille depuis quelques années sur la thématique des migrations africaines en Europe, la migration féminine et celle des hommes ont un point commun : la réalisation sociale. Selon lui, des raisons sociales et même environnementales favorisent de plus en plus la migration irrégulière des femmes ivoiriennes.

« De plus en plus de femmes désirent aller en migration pour elles aussi chercher à se réaliser individuellement. Il y a d’abord le désir mimétique, partir faire comme les autres ». L’anthropologue relève également que « ces femmes recherchent plus de droits où on ne court pas le risque d’être humiliée. L’Occident étant le lieu où il existe la liberté d’expression, où il n’existe pas le poids social de la prédominance de l’homme sur la femme. »  

Les femmes fuient donc les mariages forcés, excisions, violences conjugales et viols. Pour l’année 2020, l'ONG Citoyennes pour la Promotion et la Défense des Droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM) a recensé 1 290 cas de mariage de filles de moins de 18 ans et 1121 cas de viols. En dépit de ce sombre tableau, des actions sont menées pour endiguer le phénomène et redonner une seconde chance aux migrantes qui retournent.

Stigmatisées, mais déterminées à se réinsérer 

En plein cœur du quartier N’Dotré, dans la commune d’Abobo, plus de cinq cent migrants, en majorité ivoiriens, sont accueillis chaque année. C’est ici, au nord d’Abidjan, que l’Ong Côte d’Ivoire prospérité a ouvert, depuis 2017, un centre afin de leur prodiguer les premiers soins et les identifier. Ils arrivent par centaines, selon les vols de rapatriement volontaire organisés par l’OIM et le gouvernement ivoirien. Dans ce centre, plus de mille migrants en provenance de la Libye, du Maroc, de la Mauritanie, de l’Algérie, de la Tunisie, du Niger y ont transité, confie la directrice Guidi Chantal.

« En général, ils ont deux à trois jours à passer au centre, le temps de remplir le processus d’identification. Nous avons une infirmerie en notre sein pour donner les premiers soins à nos pensionnaires. Ensuite, ils bénéficient d’une séance avec notre psychologue afin de les aider à surmonter le traumatisme vécu lors du voyage. Ils sont logés et nourris jusqu’à la fin de processus d’identification effectué par l’OIM ». 

Pour les femmes victimes d'exploitation sur la route de l'exil qui reviennent enceintes ou qui doivent subvenir seules aux besoins de leur famille, l'OIM, en collaboration avec l’Etat ivoirien, leur propose un suivi particulier à l’instar de tous les migrants. L’objectif est de les accompagner au mieux vers leur réinsertion dans la société. Lavinia Prati, chargée de projet de l’Organisation Internationale pour les Migrations, explique que de l'arrivée à la réinsertion, un système de profilage et d’accompagnement est mis en place. Il prend en compte « la mise en place d’activités génératrices de revenus, le référencement à d'autres entreprises qui embauchent d’autres personnes selon leurs compétences, besoins et motivations. C’est vrai qu’il y a une préférence des personnes de mettre en place des activités de commerce surtout : tout ce qui est commerce de pagne, cosmétique, coiffure pour les femmes et pour les hommes, des activités de vente de pièces détachées, de ferme de volaille, etc. Nous leur donnons des conseils, des informations sur les projets les plus viables, pour que l’activité soit profitable. L’OIM essaie de donner tous les outils aux bénéficiaires pour qu’ils soient autonomes dans le futur. Le suivi se fait en fonction de chaque projet, soit une année ou moins. » Depuis mai 2017, 6000 migrants de retour ont déjà terminé leur première phase d’assistance et plus de 3000 ont finalisé leur processus de réintégration. Les autres sont en cours, précise-t-elle.

Entre 2017 et 2020, 8 497 migrants dont 24% de femmes ont été assistés dans leur retour d’après le rapport d’août 2021 de l’organisation onusienne pour les migrations. La proportion de femmes ivoiriennes reste plus élevée que dans l’ensemble des pays de la sous-région francophone dont le Burkina Faso (4%), le Mali (5%), la Guinée (5%) et le Niger (10%). 



« L’Eldorado c’est chez nous ici ! »

On les appelle les « retournés », ces migrants forcés de rentrer sans avoir atteint l’Europe. Entre mai 2017 et juillet 2021, l’organisation internationale pour les migrations révèle que sur près de 8.500 migrants de retour volontaire en Côte d’Ivoire, 4.626 ont bénéficié d’activités génératrices. Bamba Fanda en fait partie. La jeune dame est rentrée au bercail après deux ans de galère passés en Libye dans l’optique d’atteindre l’Italie. Grâce à l’appui de l’Ong CI Prospérité, Fanda, la trentaine, a pu bénéficier d’une formation en caissière de supermarché. Aujourd’hui, elle s’est reconvertie en secrétaire et gagne un plus de 200.000 francs cfa par mois. 

Nous l’avons rencontrée un lundi matin dans son service à la mairie d’Abobo. Avec remords, Fanda se souvient encore de ces années sombres de migrante clandestine. « Les hommes buvaient nos urines dans le désert. Dans le véhicule, on s'asseyait sur la nourriture et on faisait nos besoins dessus parce qu’on ne pouvait pas descendre du véhicule (...) Quand je suis revenu au pays, j’étais touchée psychologiquement. Mes amis se moquaient de moi. C'est ainsi que quelqu'un m’a mis en contact avec le pasteur Patrick, président de l’Ong Côte d’Ivoire Prospérité. Il m’a aidé à faire la formation en caissière. Après, j’ai essayé de chercher un autre emploi. Aujourd'hui, je suis secrétaire à la mairie d’Abobo. Vraiment l’Eldorado c’est chez nous ici ! »

Daloa, point névralgique de la migration clandestine en Côte d’Ivoire, fait aussi l’objet d’une attention particulière. Là-bas, les entreprises sont rares, et beaucoup de jeunes peu qualifiés se retrouvent sans emploi après leurs études. Pour réduire le phénomène, l’Ong italienne AVSI, avec l’appui de l’Union de la jeunesse communale, a mis en place une grande campagne de sensibilisation et de dialogue ainsi que des projets de réinsertion pour les migrants de retour. Dans le processus d’identification, le nombre de femmes est inférieur à celui des hommes. Selon les explications des responsables des deux organisations, les migrantes retournées sont traumatisées tant physiquement que psychologiquement par les abus subis. Un traumatisme exacerbé par un sentiment de honte dans la communauté qui les empêche de se déclarer une fois de retour de la migration irrégulière. Cependant, parmi les 100 migrants de retour bénéficiaires du projet « Kafissa », le nombre de femmes était élevé : sur le financement d'activités génératrices de revenus, 3 bénéficiaires sur 5 sont des femmes. 

Ces dernières années, des ONG et les autorités multiplient les stratégies pour tenter d’enrayer la migration irrégulière. Mais une autre question se pose : celle des migrants qui jusque-là sont portés disparus. Leurs familles n’ont aucune trace d’eux. Quelles actions pour ces migrants ainsi que leurs proches qui demeurent dans l’angoisse permanente ? Un autre problème social sur lequel il faut se pencher…

 

Notre enquête a été réalisée en collaboration avec Carelle Goli et Charline Tiahi de Héroïnes d'Ici et avec le soutien de Anderson Diedri et Satou Kané. Initiative soutenue par Medialab Pour Elles, un projet CFI-Agence française de développement médias.