Le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) prend une part active à la 15e Conférence des parties à la Convention des Nations Unies (COP 15) sur la lutte contre désertification qui se déroule du 9 au 20 mai 2022 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire sur le thème “Terres. Vie. Patrimoine: d’un monde précaire vers un avenir prospère”.

 

Selon le directeur exécutif du FIRCA, Atsin Yao Léon, la présence de l’agence fiduciaire à ce grand rendez-vous se justifie par trois raisons essentielles. Il s’agit d’abord de montrer ses actions en matière de lutte contre les effets néfastes du changement climatique et de la sécheresse, et également ses actions en matière de restauration de la fertilité des sols.

 

Ensuite, le FIRCA veut échanger avec les experts mondiaux qui interviennent dans les domaines du changement climatique, de sécheresse et de gestion de fertilité des sols pour mieux orienter les actions en faveur des filières agricoles. Enfin, sa participation à la COP 15 vise à rechercher des partenariats en vue de la mobilisation des ressources pour le financement des programmes relatifs au changement climatique, à la sécheresse et à la gestion de fertilité des sols, au profit des filières agricoles.

 

Aussi, le directeur exécutif a-t-il rappelé que le FIRCA a eu l’occasion de gérer des fonds mis à disposition par l’Etat ivoirien, et à développer, à travers ce financement, des outils innovants contre les effets néfastes du changement climatique, de la sécheresse et à la gestion de fertilité des sols. Par exemple, le Fonds compétitif pour l’innovation agricole durable (FCIAD) qui promeut des projets relatifs à l’utilisation de biopesticides, de cordons pierreux et de biocompost pour une meilleure gestion de la fertilité des sols.

 

Le chef du service Genre et Environnement, Kouadio K. Fidèle, a ajouté que le FIRCA a inscrit au coeur de ses programmes de développement, la question de la préservation de la biodiversité comme moteur essentiel pour un développement agricole sain.

 

A cet effet, plusieurs programmes et projets pilotes ont été financés dans tout le bassin agricole ivoirien, pour contribuer non seulement à promouvoir les pratiques agricoles préservant l’environnement mais aussi à restaurer les sols qui sont de plus en plus infertiles.

 

Ainsi, l’utilisation de biopesticides a permis de préserver des vergers de mangue contre des maladies (96%) et contre les ravageurs à 97%. En outre, les parcelles traitées sont plus productives (en moyenne, quatre fois supérieures à celles des percelles temoins).

 

La technologie d’irrigation innovante pour lutter contre la sécheresse a entraîné, chez les petits producteurs de cacao, une augmentation du taux de survie des plants en augmentant les parcelles irriguées.

 

La reconstitution des forêts primaires avec des espèces naturelles locales (Framiré, Iroko, Fromager, etc.), en association avec des cultures vivrières donne des résultats satisfaisants notamment la facilitation des entretiens écosystémiques et une bonne croissance des plantes mises en association.

 

La mise en oeuvre de technologies comme l’utilisation de cordons pierreux pour freiner la dégradation des sols a permis d’aménager 61 ha de coton dans le Nord ivoirien, sur des zones arides originellement impropres aux activités agricoles.

 

La production de bio-compost de sous-produits agricoles, associé aux champignons Mycorhiziens à Arbuscule (CMA), a enregitré une augmentation d’environ 40% de la production des parcelles de maïs dans les régions de la Marahoué (Centre-Ouest) et du Gbêkê (Centre).

 

L’utilisation des traitements “vermicompost et vermiwash” sur les plants en pépipnière a favorisé un gain de croissance végétative de 5 à 8%, comparativement au traitement de la pratique paysanne.

 

Ces projets pilotes, auxquels s’ajoute l’installation de stations météorologiques en réseau dans les filières café, cacao, hévéa, anacarde et coton pour l’actualisation des calendriers culturaux, ont produit des résultats probants et surtout de faire l’objet d’une mise à l’échelle nationale.

 

C’est pourquoi, le défi pour le FIRCA, acteur majeur engagé dans l’agriculture durable, consiste à tisser des partenariats ambitieux en vue de contribuer encore plus significativement au développement d’une agriculture pérenne et écologiquement responsable, en diversifiant ses sources de financement. Cette volonté se définit à travers son triptyque “Investir pour le furur – Anticiper – Innover”.