Un ancien ministre de la Défense danois risque l'inculpation pour fuite de secrets d'Etat, a indiqué jeudi le ministère de la Justice, dans une affaire liée au scandale de la collaboration danoise avec le renseignement américain.


Dans un communiqué, le ministère de la Justice indique avoir "reçu une recommandation du ministère public visant à poursuivre le député Claus Hjort Frederiksen pour (...) divulgation non autorisée d'informations hautement confidentielles".


Le ministère cherche à faire lever son immunité parlementaire, comme l'exige la procédure danoise hors flagrant délit.


La confidentialité des détails de l'enquête, qui a déjà valu à l'ancien chef du renseignement militaire danois plus de deux mois de détention de provisoire, obscurcit le dossier.


Des parlementaires danois cherchent à avoir accès au dossier pour se prononcer sur la levée d'immunité de leur collègue, ministre de la Défense entre 2016 et 2019, mais le ministre de la Justice leur a opposé une fin de non-recevoir.


"Il est question d'informations hautement confidentielles, il n'est donc pas possible que tout le Folketing puisse les voir", a affirmé Mattias Tesfaye à la télévision publique DR.


En mai 2021, une enquête réalisée par plusieurs médias révélait que la NSA américaine s'était servie - au moins jusqu'en 2014 - du réseau de câbles sous-marins danois pour écouter des personnalités de quatre pays (Allemagne, Suède, Norvège, France), parmi lesquelles Angela Merkel.


Dans un entretien avec la chaîne de télévision TV2 mi-décembre, Claus Hjort Frederiksen avait notamment affirmé que l'accord sur l'usage des câbles sous-marins avait été noué à la fin des années 1990 par le président américain Bill Clinton et le Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen.


"C'est ce que j'ai compris. C'est comme ça. De ce que je sais", avait lâché l'ancien ministre de la Défense.


Des poursuites judiciaires avaient été lancées contre lui en janvier.