La composition du nouveau gouvernement français sera annoncée vendredi après-midi, quatre jours après la nomination comme Première ministre d'Elisabeth Borne, a indiqué la présidence.

Le premier conseil des ministres se tiendra lundi autour du président Emmanuel Macron, qui a été réélu pour un second mandat le 24 avril, avec 58,55% des suffrages, face à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen.

 

La formation du gouvernement intervient à près de trois semaines du premier tour des élections législatives des 12 et 19 juin.

 

Interpellé sur les délais pour la formation de ce gouvernement, Emmanuel Macron avait souligné qu'un tel processus nécessitait "du temps, des échanges de fond (...) donc autant de temps qu'utile et nécessaire".

Elisabeth Borne avait affirmé jeudi sa volonté d'avoir "la meilleure équipe".

 

Elle s'est rendue à plusieurs reprises à l'Elysée, a consulté les ex-Premiers ministres Edouard Philippe et Bernard Cazeneuve, ainsi que des responsables politiques et les partenaires sociaux.

 

Elisabeth Borne, deuxième femme Première ministre en France, prend ses fonctions face à une double urgence: mener la bataille des législatives, tout en répondant aux attentes sur le pouvoir d'achat et le climat.

En nommant cette technocrate issue de la gauche, plusieurs fois ministre, le président Emmanuel Macron a joué la continuité tout en s'efforçant d'envoyer un message à la gauche réformiste sans pour autant effrayer l'opposition de droite.

 

 

La presse française a parlé d'un "choix de la raison", de l'efficacité et de la continuité alors que Mme Borne, 61 ans, a été successivement ministre des Transports, de l'Ecologie et du Travail pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, une des rares à y figurer depuis les débuts de sa présidence en 2017.

 

Emmanuel Macron a promis, pour ce second mandat, de tenir compte de la colère exprimée par de nombreux Français pendant le mouvement populaire des "gilets jaunes", révoltés contre sa politique fiscale et sociale, et de changer de méthode.

Elisabeth Borne ne bénéficiera d'aucun état de grâce et fait déjà face aux critiques de l'opposition.

 

Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon la considère "parmi les figures les plus dures de la maltraitance sociale", tandis que Marine Le Pen, pronostique la "poursuite de la politique de mépris, de déconstruction de l'Etat, de saccage social".

 

La candidate d'extrême droite a jugé jeudi "particulièrement anormale" l'absence actuelle de gouvernement "lorsque l’on connaît la situation quotidienne des Français", confrontés à l'impact de l'inflation.

 

Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a appelé Elisabeth Borne à prendre dès à présent des mesures "radicales" pour le pouvoir d'achat, sans attendre l'issue des législatives.

 

Le contexte est tendu: selon un récent sondage de l'institut Ifop, une large majorité de Français (77%) dit craindre une explosion sociale dans les prochains mois