France : la réclusion criminelle à perpétuité requise contre un accusé de féminicide

Publié le 3 avr. 2025 à 08:14 Modifié le 1er avr. 2025 à 08:42

  • France : la réclusion criminelle à perpétuité requise contre un accusé de féminicide
  • France : la réclusion criminelle à perpétuité requise contre un accusé de féminicide

Le ministère public a requis ce vendredi la réclusion criminelle à perpétuité contre Mounir Boutaa, pour l'assassinat de son épouse, Chahinez Daoud, brûlée vive à Mérignac en 2021.

  Le ministère public a requis vendredi la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, contre Mounir Boutaa, pour "l'assassinat" en mai 2021 de son épouse Chahinez Daoud, brûlée vive à Mérignac.

Cet homme de 48 ans aujourd'hui avait tiré deux balles dans les cuisses de sa femme, dont il était séparé, avant de l'asperger d'essence et d'y mettre le feu, dans un "acharnement meurtrier destiné à exterminer", qui a marqué "profondément toute notre société", selon l'avocate générale de la cour d'assises de la Gironde Cécile Kauffman.

Dans son réquisitoire, l'avocate générale a d'abord évoqué son ressenti en tant que citoyenne : "Je me souviens de l'annonce de la mort de Chahinez à la télévision. De cet effroi : qu'un homme puisse s'arroger le droit de châtier sa femme. Par la barbarie de son acte, Mounir Boutaa a fait de Chahinez une victime indélébile de notre société."

L'avocate générale a également décrit la personnalité de l'accusé et son attitude tout au long du procès :"C'est un homme qui tente par tous les moyens de minimiser son acte. Mais il est pleinement coupable, totalement responsable."

Cécile Kauffman a demandé aux jurés de ne pas retenir "le coup de folie". Lors de son interrogatoire, Mounir Boutaa a dit : "J'ai tué Chahinez par amour". "Cette phrase est abjecte, improbable" répond l'avocate générale. "En mettant le feu à cette femme, l'accusé a voulu percevoir sa souffrance. Il fallait qu'elle n'existe plus, qu'elle soit effacée."

Aujourd'hui, pour le ministère public, c'est Mounir Boutaa qui doit être effacé de la société. Cécile Kauffman a requis la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sureté de 22 ans.