Matelas à même le sol, locaux inadaptés et surpeuplés, risque de foyer de Covid, une responsable parlementaire britannique a mis en cause les conditions d'accueil "choquantes" et "inappropriées" des migrants dans le sud de l'Angleterre, dont les arrivées atteignent des records.

 

Dans une lettre à la ministre de l'Intérieur Priti Patel, rendue publique vendredi, l'élue travailliste (opposition) Yvette Cooper, présidente de la commission parlementaire sur les affaires intérieures, a fait part de ses "graves préoccupations", après une visite mardi dans les locaux où sont accueillis les migrants pour que leur situation soit examinée par des travailleurs sociaux.

 

Elle y a décrit 56 personnes "entassées dans une petite salle d'attente", patientant pour la plupart "assis ou allongés sur de fins matelas" à même le sol dans toute la pièce, parmi lesquelles des mères avec de jeunes enfants.

 

La commission a appris que ces dernières semaines, des migrants ont dû y patienter jusqu'à 36 ou 48 heures, une durée qui ne devrait en théorie pas dépasser les 24 heures. S'y ajoute selon elle et malgré les tests antigéniques utilisés un "risque évident" de foyer de coronavirus, dans des locaux "sans ventilation".

 

Quant aux locaux où passent les migrants une fois qu'ils ne sont plus en rétention, qui sont en fait des bureaux, les séjours de plusieurs jours s'y multiplient, dénonce la députée, citant l'exemple d'une jeune fille contrainte d'y dormir sur un canapé. Un mineur non-accompagné y a passé plus de 10 jours, souligne-t-elle.

 

Contacté vendredi par l'AFP, le ministère de l'Intérieur n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

 

Selon l'agence de presse britannique PA, plus de 9.000 migrants ont effectué la dangereuse traversée de la Manche sur de petites embarcations depuis le début de l'année, plus que le total de l'année précédente. Plus de 3.300 sont arrivés depuis le début du mois de juillet, un nouveau record pour un seul mois.

 

Le gouvernement britannique, qui a fait du durcissement de l'immigration une priorité après le Brexit, accuse régulièrement la France de ne pas en faire assez pour lutter contre ces traversées.

 

Récemment, le Royaume-Uni s'est engagé à verser 62,7 millions d'euros en 2021-2022 "pour appuyer la France dans son action d'équipement et de lutte contre l'immigration irrégulière" en échange d'un renforcement des forces de l'ordre françaises le long des côtes, selon le document publié par le ministère de l'Intérieur français.