Le conseil exécutif de l'Unesco a massivement approuvé mardi la reconduction à la tête de l'institution de la Française Audrey Azoulay, seule en lice et déjà assurée depuis le printemps dernier d'un fort soutien, a-t-on appris auprès de l'Unesco.

 

Le conseil exécutif de 58 membres a pris la décision de "recommander" sa candidature à la conférence générale de l'agence de l'Onu pour l'éducation, la science et la culture, qui devrait la confirmer formellement lors de sa 41e session, du 9 au 24 novembre à Paris.

 

Mme Azoulay a rallié 55 des 57 présents, les deux autres s'abstenant, lors d'un vote qualifié "d'historique" par une source Unesco, pour l'ampleur des votes favorables à la directrice générale sortante et l'absence de toute opposition.

 

Audrey Azoulay avait été élue en novembre 2017 pour un premier mandat, après avoir été notamment ministre de la Culture dans le gouvernement du président socialiste François Hollande. Il est de tradition que les directeurs généraux fassent plusieurs mandats.

 

De fait, sa réélection semblait assurée depuis mars car aucun autre candidat ne s'était présenté avant la date limite de dépôt des candidatures.

 

Les soutiens venus de tous les horizons mardi Europe, Afrique, Chine mais aussi Égypte, Russie et Turquie notamment, selon la source Unesco semblent consacrer la stratégie de dépolitisation de l'institution voulue par Mme Azoulay dès son élection, il y a quatre ans, à la tête de cette enceinte alors minée par les divisions.

 

Mme Azoulay a pris ses fonctions dans un contexte détérioré, notamment en raison du départ des États-Unis et d'Israël concomitants avec son élection qui accusaient l'institution de parti-pris pro palestinien, sur fond de remise en cause frontale du multilatéralisme par l'administration Trump.

 

Les tensions sur les sujets relatifs au Proche-Orient qui ont provoqué le départ des États-Unis et d'Israël ayant disparu, l'entourage de la directrice générale estime envisageable le retour de ces deux pays au sein de l'Unesco à moyen terme.

 

"L'unité manifestée aujourd'hui va dans le bon sens ; c'est bien pour le multilatéralisme et on continue d'avoir des perspectives de retour pour les États-Unis et Israël", a-t-on indiqué de même source.

 

L'Unesco ces dernières années ont par ailleurs participé à plusieurs projets emblématiques, comme la reconstruction de Mossoul, l'aide au patrimoine du Liban après l'explosion du port de Beyrouth et des actions en faveur de l'éducation pendant la pandémie.

 

Mme Azoulay, deuxième femme à la tête de l'Unesco, est la seule Française à la tête d'une grande organisation des Nations unies.