La 15e session de la Conférence des Parties (COP15) de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNULD), s’est ouverte le lundi 09 mai 2022 à Abidjan. Mais avant la cérémonie d’ouverture, un Sommet des Chefs d’État et de gouvernement a eu lieu au cours duquel le président ivoirien, Alassane Ouattara a déclaré : "Notre Sommet doit être celui de l’espoir, de la mobilisation collective des États et des partenaires au développement, en faveur des initiatives de restauration des terres et de reconstitution du patrimoine forestier de nos pays".

 

"Nous devons utiliser toutes les ressources de nos Conventions pour répondre aux besoins alimentaires et faire face au stress hydrique, toujours croissants, d’une population mondiale en constante augmentation", a ajouté le Chef de l’Etat ivoirien.

 

Le Président Ouattara a par la même occasion annoncé l’Initiative d’Abidjan "Abidjan Legacy". Ce programme ambitieux a pour vocation de permettre à la Côte d’Ivoire d’intégrer dans ses stratégies de développement, les approches de gestion durable des sols et de restauration des écosystèmes forestiers fortement dégradés et nécessitera, pour sa mise en œuvre, la mobilisation de 1,5 milliard de dollars, au cours des cinq prochaines années.

 

A l’instar du Président de la République de Côte d’Ivoire, les Chefs d’État réunis à la Conférence mondiale des Nations Unies sur la terre, ont invité la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour endiguer les pertes de vies et de moyens de subsistance que subissent les nations du monde entier en raison des effets dévastateurs de la désertification, de la dégradation des terres et de la sécheresse.

 

"Nous arrivons à mi-chemin des objectifs de développement durable qui demeurent notre meilleur espoir de construire un avenir durable et inclusif. Le sol sous nos pieds est la fondation parfaite sur laquelle bâtir cet avenir", a indiqué pour sa part, Amina Mohammed, Vice-Secrétaire générale adjointe de l’Organisation des Nations Unies.

 

Le Président de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, Abdulla Shahid, a souligné que : "Des terres productives sont essentielles à la sécurité alimentaire mondiale et à la santé des écosystèmes, ainsi qu’au maintien de moyens de subsistance stables. Il s’agit là d’une condition préalable au succès du Programme de développement durable à l’horizon 2030, aux progrès des Conventions de Rio sur la biodiversité et le changement climatique, et à la lutte contre la pollution terrestre et maritime".

 

Pour le Secrétaire exécutif de la CNULCD, Ibrahim Thiaw, "Le moment est venu d’agir. Il n’y a d’avenir ni pour nos enfants, ni pour la planète si nous maintenons le statu quo". Continuant sur sa lancée, il a martelé que "la COP15 est le moment pour nous de marquer l’histoire, en tant que communauté internationale, afin de mettre les populations et la planète sur une nouvelle voie, sur le chemin de la vie, de se relever des épreuves de la COVID-19 et de tendre vers la prospérité".

 

"Les décisions prises par les pays à la COP15 doivent être transformatrices, et non progressives, pour parvenir à la restauration des terres et à la résilience face à la sécheresse dont le monde rêve", a-t-il ajouté.

 

Le Sommet s’est conclu par l’adoption de l’Appel d’Abidjan, qui invite à accorder la plus grande priorité à la question de la sécheresse et à renforcer l’engagement pour atteindre la neutralité en matière de dégradation des sols d’ici 2030.

 

L’appel à l’action des dirigeants répond à un avertissement urgent de la CNULCD selon lequel près de 40 % des terres sont déjà dégradées, avec des conséquences désastreuses pour le climat, la biodiversité et les moyens de subsistance.