Amadou Coulibaly, Ministre de la Communication, des Médias et de la Francophonie, était face à la presse ce mercredi 20 octobre 2021, dans le cadre de la lecture du compte-rendu du Conseil des Ministres du jour. A cette occasion, il a fait une clarification relative à des propos tenus le weekend dernier par l’ex-Président Laurent Gbagbo, au cours du Congrès constitutif du Parti des Peuples Africains (PPA). Ce dernier avait une nouvelle fois, demandé la libération de tous les prisonniers de la crise post-électorale de 2011. 

 

"Au cours du congrès constitutif de son nouveau parti, Laurent Gbagbo est revenu sur la question de la libération de certains prisonniers de la crise postélectorale, notamment les militaires. Apparemment il ne comprend pas que lui le chef de file soit en liberté et eux encore dans les liens de la détention. Quel est le commentaire du Gouvernement sur cette sortie de Laurent Gbagbo ?" questionna le journaliste.

 

Répondant à cette interrogation, Amadou Coulibaly a fait un rappel des faits. "Nous savons tous que la Cour Pénale Internationale a poursuivi monsieur Laurent Gbagbo pour des infractions de crimes contre l’humanité commis au cours de cinq incidents très précis que la Cour a listés. Je me souviens qu’il y avait la question des violences survenues à la RTI, il y a eu la question du bombardement à Abobo marché Siaka, il y a eu la question des femmes qui ont été tuées le 3 mars (2011) et deux incidents divers qui ont eu lieu à Yopougon. Donc il y a eu cinq incidents spécifiques, précis, qui ont été pris en compte par la CPI. Ceci étant, les autres chefs d’accusation n’ont pas été pris en compte par la Cour Pénale Internationale et monsieur Laurent Gbagbo a beau être étonné, mais ils (les prisonniers) demeurent poursuivis devant la justice ivoirienne pour des faits qui sont totalement différents de ces incidents (…)" a-t-il dit.

 

Plus loin, il a évoqué les raisons de l’emprisonnement de certains acteurs de la crise militaro-politique de 2011. "Pour les militaires et autres miliciens ou autres groupes armées qui sont encore en détention, ils ont été condamnés en raison de crimes de sang qu’ils ont commis. Il n’y a aucune surprise à avoir ici et ces infractions sont totalement différentes de celle qui sont visées par la Cour Pénale Internationale" a expliqué le porte-parole du Gouvernement avant de conclure en disant "je ne veux pas faire plus de commentaires sur les propos de monsieur Laurent Gbagbo qui a beaucoup de conflits à régler, y compris des conflits avec sa propre personne".

 

Pour rappel, rentré en Côte d’Ivoire le 17 juin 2021 après 10 ans d’absence, Laurent Gbagbo a rencontré Alassane Ouattara le 27 juillet au Palais de la Présidence. Au Président de la République, Laurent Gbagbo dit avoir demandé la libération des prisonniers des différentes crises politiques et le retour des exilés. A l’occasion du Congrès constitutif de son nouveau parti, le PPA, il était revenu sur cette doléance, s’interrogeant sur les raisons du maintien de certains en exil et en prison, mêmes si d’autres ont été libérés et sont revenus de leur exil.