Le District autonome d’Abidjan a enregistré 07 morts à la suite des pluies torrentielles qui se sont abattues durant 24 heures sur la capitale économique ivoirienne, selon le bilan donné par le ministère de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté. La commune de Bingerville à elle seule, dénombre 06 décès dont 04 d’une même famille dans le village d’Angorankoi, 01 au quartier “sans loi", 01 à la cité CIE". Le dernier corps sans vie découvert après le passage de l’averse a été découvert à M’badon, un village situé dans le périmètre communal de Cocody.

 

Les pluies torrentielles qui ont arrosé Abidjan et ses alentours dans la nuit du lundi 20 à mardi 21 juin, ont occasionné des dégâts humains, matériels et inondations dans plusieurs communes et quartiers de l’ancienne capitale ivoirienne. Parmi ces secteurs, se trouve Angorankoi, une petite bourgade située dans la commune de Bingerville.

 

En effet, cette tranche établie à quelques encablures de la cité "Feh Kessé" de l’ancien Chef-lieu de circonscription coloniale, a vécu un drame sans précédent avec le décès de 04 enfants d’une même famille.

 

Une tragédie causée par l’éboulement d’une partie de la façade de l’amoncellement de la terre au bas de laquelle se trouvait la maison des parents des victimes qui a cédé sous la puissance des eaux de ruissellement.

 

Serge Patrick Angora est le père de ces quatre gosses qui ont périr sous les décombres de la maison qui leur servait d’habitation. Il revient sur les circonstances de cet accident. "Aux environs de 04 heures du matin, j’ai entendu un grand bruit qui a secoué toute la maison. A peine je suis sorti pour voir ce qui se passait, la porte est tombée sur moi", a-t-il révélé. Continuant sur sa lancée, il a d’ajouté : "j’ai tout fait pour appeler mes frères et les voisins pour m’aider à faire sortir les enfants. Mais tous les efforts ont été vains. On n’a pas pu sauver mes gosses".

 

Il faut souligner que l’épouse de Serge Patrick Angora qui n’est autre que la mère de ces 04 enfants, était absente lors de ce drame. La délégation gouvernementale qui s’est rendue dans le village a pu constater par elle-même l’ampleur des dégâts matériels et humains.

 

Myss Belmonde Dogo, ministre de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté a tout d’abord déploré la mort des gamins avant d’indiquer à l’ensemble des hommes du village de Angorankoi, qu’ils ont manqué à leur devoir. "Le rôle des adultes est de protéger les enfants", a-t-elle martelé avant d’offrir à la famille éplorée, la somme de 1 million de FCFA au nom du Président de la République.

 

Elle a surtout insisté sur l’impérieuse nécessité pour les villageois d’abandonner ce site sur lequel, ils sont installés depuis plusieurs décennies. Celui-ci étant devenu dangereux et mets gravement leur vie en péril.


 

Le cinquième cadavre de la journée a été retrouvé du côté du quartier "sans loi" de Bingerville. Il s’agit d’une fille de 15 ans, élève en classe de 4e dans établissement secondaire. Elle a été emportée par les eaux de pluie en compagnie de son frère. Son corps sans vie a été retrouvé dans le quartier voisin dénommé, "4 villas". Quant à son frère, celui-ci a plus de chance. Il a été sauvé in-extrémis, grâce notamment à la solidarité et au courage des riverains, selon les témoignages concordants de plusieurs témoins qui ont décrit des scènes apocalyptiques.

 

Des affirmations corroborées par Issouf Danté, iman principal de la mosquée de du quartier "sans loi". "C’est la première fois en 50 ans de présence dans ce quartier que nous avons enregistré une telle quantité de pluie avec à la clé, le décès de notre fille", a-t-il indiqué.

 

La cité "CIE" situé à quelques encablures du quartier "sans loi" a été la fin du parcours pour Douhouo Messan, électricien bâtiment. Ce père de famille de 02 enfants a été emporté et tué alors qu’il se rendait à Bingerville. Surpris et bloqué par les eaux de pluie qui ont trainé sa voiture sur plusieurs mètres avant de le faire passer de vie à trépas.

 

A la fin de la journée, les services compétents de l’Office national de la protection civile (ONPC), le Groupement des sapeurs-pompiers militaires et les forces de défense et de sécurité, ainsi que ceux du ministère de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté, comptabilisé 07 décès.

 

Le ministre de la sécurité et de la protection sociale qui conduisait la délégation gouvernementale mandatée par le Président de la République et le Premier ministre pour faire le constat et le bilan de ces inondations, a profité de l’occasion pour inviter les populations à quitter les sites déclarés zones à risques.

 

"Il est impérieux pour les populations de quitter les zones classées dangereuses par les services compétents du ministère de l’assainissement. Et le dire, ce n’est pas faire le procès de qui que ce soit", a déclaré Vagondo Diomandé avant de préciser "le Gouvernement a en cœur de préserver la vie des populations, raison pour laquelle, l’Etat ivoirien a dégagé d’importants moyens financiers pour procéder à l’évacuation et au relogement des personnes des zones sinistrées".

 

Belmonde Dogo a renchérit pour dire "les populations doivent aider le Gouvernement à les aider à quitter les zones à risques", avant de souligner que "le Gouvernement se tient aux côtés de toutes les familles qui vivent des moments sombres et présente ses condoléances aux familles endeuillées par les pluies".

 

Pour rappel, il est à signaler que 22 octobre 2021, des pluies diluviennes avaient tué au moins quatre personnes dans le quartier pauvre de Yopougon, la plus grande commune d’Abidjan.