L'ONG internationale Save the Children propose la discipline positive dans l’éducation des enfants africains avec à la clé, l’abrogation des châtiments corporels, devenues depuis des lustres, la norme dans l’instruction et l’édification des mômes sur le continent noir. C’était à l’occasion d’une conférence de presse, tenue à la MPA (maison de la presse d’Abidjan) dans le cadre de la célébration de la journée de l’enfant africain qui a lieu le 16 juin de chaque année.  


"Punitions physiques et humiliantes faites aux enfants ; quelles alternatives en Côte d'Ivoire", est le thème choisi par l’organisation non gouvernementale pour cette conférence de presse.


 En effet, 60,8% des garçons et 41% des filles sont victimes de violences physiques et psychologiques, selon le rapport d’une enquête sur la violence faite aux enfants réalisée par le gouvernement ivoirien. Dénommée VACS et publiée en 2020, cette étude met en lumière, les brimades que subissent les enfants en guise d’éducation.


C’est pourquoi dans son allocution, Akebou Sawadogo, directeur-pays de Save the children, a indiqué que la violence à l’égard des enfants tant à l'école qu’à la maison, est une habitude bien ancrée dans les mœurs en Côte d'Ivoire, comme partout ailleurs.


" Ces chiffres démontrent à quel point il y a urgence de remédier le plus rapidement possible aux pratiques d'éducation violente qui mettent nos enfants en grande souffrance ", a-t-il révélé.

"Chaque enfant a droit à la protection. Il a le droit de vivre dans un environnement protégé, aussi bien à la maison qu'à l'école et dans la communauté", a soutenu Akebou Sawadogo.


Continuant sur sa lancée, le directeur-pays de Save the children a confié que "c'est pour mettre fin à ces pratiques que l’organisme international présente la discipline positive ou parentalité sans violence, comme une nouvelle éventualité dans l’éducation des enfants". 


"Il y a des solutions simples dans l’éducation d’un enfant qui peut avoir des comportements. Mais Malheureusement, dans nos sociétés, nous avons tendance à croire que frapper un enfant, règle le problème", s’est-il offusqué avant de préciser "qu’en réalité, ce n'est pas vrai. Il y a des études qui montrent qu'on peut parler à un enfant, puisque l'enfant sait écouter".

 "La violence laisse des traces irréversibles. C'est de cela qu'il s'agit à travers la parentalité sans violence", a-t-il plaidé.


Une démarche que conseille Aimé Djené Bi, spécialiste de la protection de l'enfant à l’ONG Save the Children Côte d’Ivoire aux parents eu égard aux succès des premières expérimentations dans certaines familles. Il n’a pas manqué lors de son exposé liminaire au cours du panel dont il a pris part, d’appeler et d’inviter le gouvernement ivoirien à institutionnalisation cette approche.


Une proposition qui a semblé rencontrer l’assentiment de Diaby Alloune Mariam, directrice de la promotion de l'enfant, au ministère de la Femme, de la Famille. Celle-ci a déclaré que "la Côte d'Ivoire a été déclarée en 2018, pays pionnier par les Nations-Unies nombreuses actions pour la protection de l’enfant, "c'est-à-dire un pays qui s'engage à améliorer la protection des enfants et qui concrétise les droits des enfants", a-t-elle affirmé.


Il est à noter que pour contribuer à mettre fin aux violence et particulièrement aux châtiments corporels, Save the Children encourage l’Etat de Côte d’Ivoire, à réviser la loi sur les violences faites aux enfants en y intégrant le concept de punitions physiques et humiliantes et faire la promotion d’une méthode d’éducation non violente à travers l’adoption d’un programme nationale de discipline sans violence. 


Save the Children est une organisation internationale indépendante, sans filiation politique ou religieuse, créée en 1919 au Royaume Uni. L’ONG est présente dans 120 pays dans le monde.