NIGERIA : 25 écolières enlevées lors d’une attaque armée dans le Nord-Ouest du pays

Des hommes armés ont pris d’assaut ce 17 novembre le Government Girls Comprehensive Secondary School de Maga, dans l’État de Kebbi, au nord-ouest du Nigeria et enlevé vingt-cinq écolières.
Barrages Mondial 2026 : la RDC renverse le Nigeria et se qualifie pour les barrages intercontinentaux

La République démocratique du Congo renverse le Nigeria lors des barrages africains du Mondial 2026, disputés en Égypte. Menés au score dès la 3ᵉ minute sur un but du milieu nigérian Frank Onyeka, les Léopards ont su réagir en égalisant à la 32ᵉ minute grâce à Elia Meschack.
Après les menaces de Trump, une ville du centre du Nigeria poursuit ses efforts de réconciliation entre chrétiens et musulmans

Malgré la fraîcheur matinale, des membres du conseil traditionnel de Mangu, dans le centre du Nigeria, et des chefs religieux se sont réunis dans le palais du chef local. A l’ordre du jour: la coexistence religieuse, quelques jours après les menaces de Donald Trump d’intervention militaire au Nigeria à cause de supposés « persécutions » contre les chrétiens. Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent avec 230 millions d’habitants, est divisé de manière à peu près égale entre un sud principalement chrétien et un nord à majorité musulmane. Il est le théâtre d’une multitude de conflits, notamment d’insurrections jihadistes, qui, selon les experts, tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans, souvent sans distinction. La semaine dernière, Donald Trump a menacé le pays d’une intervention militaire pour mettre fin à ce qu’il qualifie de meurtres « en très grand nombre » de chrétiens par des islamistes radicaux. Mangu, petite ville rurale d’environ 300.000 habitants de l’Etat du Plateau, est familière des tensions entre communautés. Pendant des décennies, musulmans et chrétiens, pour la plupart issus des mêmes familles, y vivaient ensemble, partageant les mêmes rues et les mêmes marchés, cohabitant de manière pacifique, et semblaient à l’abri des tensions régulières qui agitent les villages environnants. Mais en janvier 2024, un différend entre éleveurs peuls musulmans et agriculteurs principalement chrétiens au sujet du contrôle des terres et des ressources a dégénéré en une flambée de violence qui a fait plusieurs dizaines de morts et réduit en cendres plusieurs bâtiments, dont la mosquée et l’église locales, toujours en ruines. La plupart des conflits dans cette région trouvent leur origine dans les tensions foncières entre éleveurs peuls musulmans et agriculteurs des communautés mwaghavul (chrétiens) ou haoussa (musulmans), alors que le changement climatique menace les moyens de subsistance agricoles. Depuis l’année dernière, les responsables locaux multiplient les discussions pour éviter de nouvelles violences et réconcilier les communautés. « La paix pour laquelle nous avons tant prié commence à s’imposer », explique à l’AFP Moses Dawop, chef du district de Mangu, « notre devoir, c’est le dialogue permanent, pour vivre en paix ». – Rétablir la confiance – A Mangu, les chefs religieux et communautaires s’efforcent de retisser les liens brisés. Le marché principal grouille de vendeurs et d’acheteurs des deux confessions. Dans les rues poussiéreuses de la ville, les enfants jouent en faisant rouler des pneus de moto hors d’usage. Mais pour le pasteur Timothy Samson Dalang, président local de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), et l’imam principal de la ville, Ibrahim Hudu Manomi, le chemin de la réconciliation reste long. « Nous travaillons jour et nuit pour retrouver la paix que nous avions autrefois », confie l’imam Manomi. Selon le pasteur Dalang, la coopération entre responsables religieux a permis de déjouer les manœuvres des « fauteurs de troubles » cherchant à saboter le processus de réconciliation pour des « intérêts personnels », en référence aux bandes criminelles qui sillonnent la région et pillent régulièrement les fermes. La reconstruction des maisons, lieux de culte et écoles incendiés avance lentement: les chefs religieux estiment qu’il faut rétablir la confiance avant de rebâtir les murs, et les moyens financiers manquent. – Retour à la case départ – Les habitants de Mangu, comme ceux du nord du Nigeria, qui subissent les violences jihadistes depuis plus de 15 ans, se disent inquiets des récentes déclarations de Donald Trump. Beaucoup dans l’Etat du Plateau, estiment que ses propos pourraient compromettre les efforts de réconciliation. « Cette déclaration risque de nous ramener à la case départ », estime Ghazali Isma’ila Adam, imam à Jos, la capitale régionale. Saidu Sufi, enseignant en science politique à Kano (nord-ouest), rappelle que les groupes armés « se cachent souvent derrière la religion pour justifier leurs crimes ». À Maiduguri, dans le nord-est du pays, Idris Suleiman Gimba, restaurateur musulman de 54 ans, porte encore les cicatrices de la guerre lancée par les jihadistes de Boko Haram en 2009: dix membres de sa famille ont péri dans un attentat contre une mosquée en 2014. « Ils attaquent tout le monde, musulmans, chrétiens, païens », déclare-t-il à l’AFP. « Boko Haram n’a pas de frontières. Si vous n’êtes pas avec eux, vous êtes leur cible ». Pour Adams Mamza, 28 ans, chrétien de Maiduguri, l’intervention de Trump ne serait acceptable que si elle visait « les bandits, Boko Haram et les jihadistes ». L’insurrection jihadiste dans le nord-est du Nigeria, menée par Boko Haram et sa faction rivale de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a fait plus de 40.000 morts et forcé plus de deux millions de personnes à fuir leurs foyers depuis 2009, selon des chiffres des Nations unies. Le président Bola Tinubu a déclaré jeudi à ses ministres vouloir « que nos amis nous aident à intensifier notre lutte contre le terrorisme; Et nous l’éliminerons ».
Cette vidéo n’a rien à voir avec Tchiroma et l’élection camerounaise, elle a été tournée au Nigeria

Lundi 27 octobre, le président sortant Paul Biya a officiellement été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle camerounaise par le Conseil constitutionnel. Ce résultat est contesté par son principal opposant, Issa Tchiroma Bakary, qui dénonce des irrégularités et affirme craindre pour sa sécurité, alors que des émeutes meurtrières ont secoué le Cameroun pendant plusieurs jours. C’est dans ce contexte qu’une vidéo « aimée » des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux prétend montrer Issa Tchiroma protégé par l’armée tchadienne. Mais c’est faux : cette séquence montre en réalité des policiers au Nigeria rendant hommage à une haute autorité locale. Elle n’a aucun lien avec le contexte électoral camerounais. Deux jours après le scrutin du 12 octobre, le candidat Issa Tchiroma Bakary s’est autoproclamé vainqueur de la présidentielle, affirmant avoir obtenu la grande majorité des suffrages parmi les huit millions d’électeurs camerounais. Mais c’est finalement le président sortant Paul Biya, 92 ans, qui a remporté l’élection avec 53,66 % des suffrages, a indiqué le 27 octobre le Conseil constitutionnel. L’homme politique, au pouvoir depuis 43 ans, entame ainsi son huitième mandat (dépêche AFP archivée ici). Un résultat que conteste toujours Issa Tchiroma, arrivé deuxième avec 35,19% des voix. L’ex-ministre, que ses partisans désignent sous le terme de « président élu », dénonce de nombreuses irrégularités dans le scrutin. Retranché depuis la fin de la campagne électorale dans son domicile de Garoua, Issa Tchiroma avait indiqué à plusieurs reprises craindre pour sa sécurité, avant de déclarer ce 31 octobre être en lieu sûr (lien archivé ici). Il avait notamment affirmé dans une vidéo face caméra diffusée le 26 octobre avoir échappé à une « conspiration » visant à l’enlever (vidéo archivée ici). Dans d’autres publications, il assurait que les forces gouvernementales « tir[ai]ent sur des civils » réunis autour de son domicile (lien archivé ici). C’est dans ce contexte que des publications cumulant des dizaines de milliers de « likes » affirment depuis le 19 octobre qu’Issa Tchiroma serait protégé par l’armée tchadienne, vidéo à l’appui (archivé ici et ici). « Le président élu », comme l’appellent ses partisans, « est gardé par l’armée tchadienne », expose ainsi une publication Facebook ayant récolté plus de 30.000 mentions « j’aime » (archivée ici). Une chaîne YouTube intitulée « Issa Bakary Tchiroma » relaie aussi cette assertion, indiquant de façon encore plus explicite que « Issac Bakary Tchiroma » [sic] est « gardé par l’armée tchadienne » (archivée ici). Image Captures d’écran montrant une publication sur YouTube (à gauche) et une publication Facebook (à droite), prises le 30 octobre 2025 /Croix rouges ajoutées par la rédaction de l’AFP. Toutes ces publications avancent comme preuve une vidéo où l’on voit quatre hommes en uniforme saluer un groupe d’hommes en boubous, dans un salon richement décoré. Trois d’entre eux sont assis à même le tapis, tandis que le quatrième, visiblement l’invité d’honneur, est installé sur un canapé, les pieds posés sur un pouf. Mais aucun des hommes sur la vidéo n’est Issa Tchiroma et celle-ci n’a rien à voir avec le contexte électoral camerounais. Elle a en réalité été tournée au Nigeria et montre des hommes de la police nigériane en train de saluer une haute autorité locale. Vidéo tournée au Nigeria Afin d’avoir plus d’informations sur les prétendus soldats visibles sur la vidéo, on s’intéresse à leur uniforme. On se rend rapidement compte qu’il ne correspond pas à celui porté dans l’armée tchadienne, visible par exemple dans une publication sur la page Facebook du président tchadien, Idriss Déby Itno (lien archivé ici). Image Comparatif entre les tenues de forces armées visibles dans une publication virale sur Facebook (à gauche) et celles de l’armée tchadienne,visibles sur la page officielle du président du Tchad (à droite) / Captures d’écran réalisées le 30 octobre 2025. Plusieurs internautes indiquent en commentaire que la vidéo aurait en réalité été tournée au Nigeria. Interrogé par AFP Factuel, un journaliste de l’AFP basé à Lagos, l’une des principales villes du Nigeria, confirme cette intuition et assure que les écussons visibles sur l’uniforme sont ceux de la police nigériane. Une fois cela en tête, on cherche sur internet des images de ladite police. Des banques d’images en ligne nous confirment que cet écusson bleu-jaune-vert est en effet porté par certains membres de la police nigériane (lien archivé ici). D’autres recherches nous permettent de trouver l’unité spécifique à laquelle appartiennent les hommes visibles sur la vidéo. Il s’agit de la SPU, Special Protection Unit, une division de la police nigériane spécialisée dans la protection des personnalités et des sites sensibles. On reconnaît leurs casques bleus caractéristiques dans des photos officielles publiées sur X par le gouvernement nigérian (lien archivé ici). Image Comparaison entre les tenues de forces armées visibles dans la vidéo virale au Cameroun (à gauche) et celles des policiers nigérians membres du SPU,telles que montrées dans une publication sur X du gouvernement nigérian (à droite) / Captures d’écran réalisées le 31 octobre 2025. Reste à savoir qui figure sur la vidéo et où elle a été précisément tournée au Nigeria. Un internaute suggère en commentaire qu’elle montrerait entre autres un gouverneur du nord du Nigeria. Nous avons ensuite dressé la liste de la vingtaine de gouverneurs en fonction dans le nord du Nigeria. Une recherche sur l’un d’entre eux, Ahmadu Umaru Fintiri, fait apparaître un post sur X où il pose aux côtés d’un homme portant des lunettes noires qui ressemble beaucoup à la personnalité centrale visible dans la vidéo virale (lien archivé ici). Image Capture d’écran montrant les résultats d’une recherche sur Google, réalisée le 28 octobre 2025 / Encadré rouge ajouté par la rédaction de l’AFP. Il y est identifié comme Muhammadu Barkindo Aliyu Mustapha, le lamido d’Adamawa, l’une des plus hautes autorités traditionnelles et musulmanes du nord du Nigeria. Une autorité traditionnelle nigériane Une recherche Google ciblée sur Muhammadu Barkindo Aliyu Mustapha mène à une page Facebook dédiée à son actualité. On y trouve deux séries de photos publiées ici et ici le 9 octobre 2025, soit une dizaine de jours avant que la vidéo montrant la même scène ne soit largement diffusée au Cameroun de façon décontextualisée (liens archivés ici et ici). https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpermalink.php%3Fstory_fbid%3Dpfbid0YPeJdXGRbK1ddgPJ82LmnPhDyyRNnChC7iwKz2tTtKQoWpXRKpZBMXnD2Rqee3pfl%26id%3D61553619014493&show_text=true&width=500 On y reconnaît distinctement les trois hommes vêtus de boubous blanc, bleu et rose clair, les canapés beiges à rebords marron foncé, les décorations au mur, ainsi que le tapis et les poufs aux motifs spécifiques verts, blancs et or. Image Comparaison entre
Nigeria : Début du nouveau procès du chanteur accusé de blasphème et déjà condamné à mort

Le nouveau procès du chanteur musulman nigérian accusé de blasphème Yahaya Sharif-Aminu s’est ouvert jeudi à Abuja, la capitale, ses avocats espérant obtenir son annulation. La Cour suprême du Nigeria a tenu jeudi sa première audience dans cette affaire très médiatisée de blasphème qui date d’il y a cinq ans. Yahaya Sharif-Aminu, un musicien musulman soufi, a été condamné à mort par un tribunal islamique de l’État de Kano en 2020 pour avoir partagé les paroles d’une chanson jugées insultantes envers le prophète Mahomet. La Haute Cour de l’État de Kano a ensuite annulé la condamnation, mais a également ordonné un nouveau procès, une issue que ses avocats tentent d’empêcher tout en demandant une décision plus large sur les sanctions applicables en cas de violation de la charia, notamment la peine de mort pour blasphème et adultère. « Tous les aspects du code pénal de la charia qui enfreignent la constitution et les obligations internationales du Nigeria ne peuvent figurer dans nos codes », a déclaré l’avocat Kola Alapinni aux journalistes après que le tribunal a accordé à son équipe un délai supplémentaire pour déposer son appel. Bien que le gouvernement fédéral du Nigeria soit laïc, la charia coexiste avec la loi commune dans 12 États du nord, majoritairement musulmans. Les peines sévères pour violation de la loi islamique sont rarement prononcées et presque jamais appliquées. Les condamnations à mort pour adultère et blasphème sont en général soit annulées, soit suspendues en attendant l’appel. Cependant, dans le nord du pays, socialement conservateur, des foules sont connues pour se livrer à des actes de justice populaire en cas de blasphème présumé. Après la diffusion début 2020 de cette chanson sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de la ville de Kano pour réclamer l’arrestation de Yahaya Sharif-Aminu. La foule avait même brûlé sa maison familiale. Alors que l’affaire a été portée devant la plus haute juridiction du Nigeria, des défenseurs des libertés civiles et religieuses des États-Unis, de l’Union européenne et des Nations unies ont exprimé leur soutien à M. Sharif-Aminu. En avril, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a jugé que la peine de mort prononcée par Kano pour blasphème était « excessive et disproportionnée ». Le Nigeria n’a pas appliqué cette décision. Sharif-Aminu, qui était absent à l’audience jeudi, reste en détention pendant que son appel se poursuit.