Laurent Mauvignier reporte le prestigieux prix littéraire français Goncourt avec « La maison vide »

Le verdict du plus prestigieux prix littéraire français est tombé ce mardi 4 novembre 2025, à 13 h, au restaurant Drouant à Paris. Le jury du Goncourt, présidé par Philippe Claudel, a couronné La Maison vide (Minuit) de Laurent Mauvignier, élu dès le premier tour du scrutin. Né à Tours en 1967, l’écrivain succède à Kamel Daoud, lauréat 2024, avec un roman monumental de 752 pages consacré aux blessures enfouies et aux silences familiaux sur quatre générations. La Maison vide est une plongée intime dans l’histoire familiale de l’auteur, où se croisent mémoire, honte et transmission. Mauvignier s’y inspire d’un épisode tragique : l’humiliation de sa grand-mère, tondue à la Libération, sous le regard de son père alors âgé de sept ans. De ce souvenir est né un texte viscéral et exigeant, salué par le jury comme un « roman fondamental ». « C’est une récompense énorme, confie l’écrivain ému à son arrivée à Drouant. Ce livre vient de l’enfance et de plusieurs générations. » Fidèle à son style sensible et rigoureux, Mauvignier poursuit sa quête des « choses qu’on ne peut pas dire ». Pour lui, l’écriture est un acte total, presque vital : « Quand vous écrivez, toute votre vie passe et est consommée par l’écriture », déclarait-il récemment. Son œuvre interroge la transmission des non-dits, les traumatismes familiaux et la mémoire collective. Lauréat de nombreux prix depuis Loin d’eux (1999), il s’est imposé comme l’un des grands stylistes français contemporains. Fils d’un ouvrier et d’une femme de ménage, Laurent Mauvignier a grandi en Touraine dans un milieu modeste. Diplômé des Beaux-Arts de Tours, il a d’abord exercé comme plasticien avant de se tourner vers l’écriture. Ses romans, dont Des hommes (2009) et Autour du monde (2014), scrutent les blessures intimes et les drames collectifs, de la guerre d’Algérie au tsunami japonais. Avec La Maison vide, Laurent Mauvignier rejoint la lignée des grands lauréats du Goncourt. Une consécration symbolique (dotée de dix euros) mais gage de triomphe en librairie. « Toute vie est un roman », aime à dire celui qui, depuis plus de vingt ans, n’a cessé de donner voix à l’indicible. La dernière sélection de ce Goncourt 2025, dévoilée le 28 octobre dernier, opposait trois autres œuvres, notamment La Nuit au cœur, de Nathacha Appanah (Gallimard), Kolkhoze, d’Emmanuel Carrère (P.O.L) ainsi que Le Bel Obscur, de Caroline Lamarche (Seuil).
Mbappé et le PSG en audience aux prud’hommes de Paris le 17 novembre

L’attaquant français Kylian Mbappé et son ancien club, le Paris Saint-Germain, sont convoqués le 17 novembre pour une audience aux prud’hommes de Paris dans le cadre d’un des volets du contentieux qui les oppose, a appris mercredi l’AFP de source judiciaire. Le joueur madrilène, qui a quitté le PSG à l’été 2024, « demande la requalification » de son contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée, a précisé cette source judiciaire à l’AFP. L’audience aura lieu le lundi 17 novembre, à 13H00 (12H00 GMT). Depuis plusieurs mois, Mbappé demande, entre autres, le versement des trois derniers mois de salaire de son contrat de travail ainsi que des primes de signature et d’éthique. L’affaire sera directement jugée, sans passer par une procédure de conciliation, compte tenu des griefs qui sont faits, a détaillé cette source. La décision devrait intervenir dans plusieurs mois. Contacté par l’AFP, l’entourage de Mbappé n’avait pas répondu dans l’immédiat. Depuis plusieurs mois, Mbappé, parti libre au Real Madrid à l’été 2024, multiplie les procédures judiciaires. Il demande, entre autres, le versement de 55 millions d’euros, correspondant aux trois derniers mois de salaire de son contrat de travail ainsi que des primes de signature et d’éthique, tous impayés. Selon son entourage, aucun accord pour y renoncer n’a existé entre lui et le club. Un « récit fantasque », affirme le PSG, qui pointe des réunions au coeur de l’été 2023 en vue de réintégrer le joueur, mis à l’écart lors du début de saison, dans l’équipe. Le club assure que les deux parties avaient noué un accord verbal stipulant que le joueur, appelé à partir sans indemnité de transfert, abandonnait une partie des sommes dues en fin de son contrat pour préserver la santé financière du club. Un « fantasme », selon le camp Mbappé. Dans ce dossier, le joueur avait obtenu en avril la saisie conservatoire des 55 millions sur les comptes du PSG, mais cette décision a ensuite été annulée le 26 mai par la justice. Selon une source proche du dossier, cette somme reste saisie jusqu’à l’audience d’appel, dont la date n’est toujours pas connue. Les deux camps ont longtemps ferraillé devant les instances sportives, qui se sont dites inaptes à faire exécuter leurs décisions favorables au joueur. Dans le volet pénal, en juillet, la star du Real Madrid a retiré sa plainte pour harcèlement moral et tentative d’extorsion visant son ancien club, déposée le 16 mai. En dépit de ce retrait, l’information judiciaire contre X pour harcèlement moral était toujours en cours cet été. Par cette plainte, Kylian Mbappé voulait dénoncer notamment son placement à l’été 2023 dans le « loft » du PSG. Cette pratique, récurrente dans les clubs de football, consiste à mettre des joueurs à l’écart de l’effectif et fait déjà l’objet de plusieurs enquêtes à Paris.