Les soirées électorales se suivent et ne se ressemblent pas à New York. Si l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche avait suscité peu d’enthousiasme il y a un an dans la plus grande ville des Etats-Unis, la victoire mardi à la mairie de New York de Zohran Mamdani qui se revendique lui-même comme socialiste a entrainé d’immenses scènes de joie dans la ville.
« Mamdaniiiii ! », lance un groupe d’amis réunis dans une grande salle rococo des années 1920 du centre de Brooklyn où sont rassemblés des partisans de celui qui va devenir à 34 ans le plus jeune maire de New York et son premier maire musulman.
Tandis que les chaînes de télévision s’accordent pour annoncer la victoire du candidat classé à gauche du Parti démocrate, des cris de joie résonnent et des larmes jaillissent dans les yeux de ses partisans, enfin soulagés.
Même si leur candidat était le favori des sondages, Michelle Dimuzio confie dans un rire nerveux que « c’est trop effrayant d’espérer » alors que les bureaux de vote sont sur le point de fermer.
Sa crainte était injustifiée. Dès les premiers résultats sortis des urnes, Zohran Mamdani vire largement en tête. Dans le bar de Brooklyn la joie est à son comble. Même un jeune enfant participe à la fête et crie: « Bravo ! ».
Lorsque la victoire se confirme, l’exubérance est partout, non seulement à Brooklyn mais aussi dans le Queens où des gens fêtent le résultat dans la rue ou encore à Manhattan où le propriétaire d’une brasserie chic offre à tous les consommateurs des verres de champagne pour fêter l’avènement de Mamdani.
« C’est une victoire par les New-Yorkais, pour les New-Yorkais », résume Ben Parisi. Selon le quadragénaire cette nuit contrastait fortement avec l’élection du républicain Trump un an auparavant.
C’est une « victoire locale » qui offre un moyen de « résister et de repousser » l’establishment politique à Washington, estime-t-il. « Beaucoup d’entre nous ont travaillé dur d’une manière ou d’une autre pour que cela se produise », poursuit le partisan de Mamdani qui se félicite: « On y est! On peut fêter ça ».
– » Nous sommes vous » –
Plus au nord à Brooklyn, une salle de concert bondée vibre au son de la chanson hip-hop autrefois obscure et maintenant virale de Mamdani, « Nani », enregistrée il y a des années sous son nom de rappeur Mr. Cardamom.
Lorsque leur futur maire monte sur scène arborant le sourire éclatant qui a illuminé la ville tout au long de sa campagne incessante, les partisans au QG de Mamdani l’accueillent avec une ovation assourdissante.
Le vainqueur de la nuit cite Eugene Debs, syndicaliste et socialiste américain du début du XXe siècle, et la foule exulte.
Le candidat autrefois improbable, quasi inconnu il y a un an, revendique la victoire pour ceux qui « ont fait de ce mouvement le leur ».
Il salue la diversité new-yorkaise, les propriétaires yéménites de petites épiceries, les grand-mères mexicaines, les infirmières ouzbèkes.
Il remercie les jeunes fers de lance de sa campagne, « la prochaine génération de New-Yorkais qui a refusé d’accepter que la promesse d’un avenir meilleur était une relique du passé ».
« Nous nous battrons pour vous parce que nous sommes vous », promet-il.
Michelle Dimuzio, 37 ans, a été sensible à la promesse du candidat de rendre New York, où les prix sont exhorbitants, abordable pour tous.
Elle espère qu’une fois installé à la mairie son candidat restera « fidèle à son message ».
Mamdani a répété mardi soir sa promesse de geler les loyers et d’instaurer une garde d’enfants universelle.