Le programme AGORA confirme sa montée en puissance. Présenté le 30 juin 2026, à l’AGORA de Koumassi, lors d’une conférence de presse, le rapport d’activité 2025 recense 510 000 visites, témoignant de l’essor de ces complexes sportifs de proximité. Entre progression de la fréquentation, renforcement de l’impact social, consolidation du modèle économique et poursuite de son expansion en Côte d’Ivoire, le projet entend désormais s’imposer comme une référence africaine en matière de développement par le sport.
En ouvrant la rencontre, le directeur pays de Win Win Afrique, Camille Bidault, est revenu sur les origines de cette initiative lancée en 2016 autour d’une conviction : faire du sport et de la culture des leviers de développement économique et social. « Le programme Agora est né avec cette ambition de se servir du sport et de la culture comme vecteur d’emploi, de développement, comme outil pour une occupation saine de la jeunesse et comme un moyen de dynamiser les territoires », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette ambition s’est concrétisée grâce à la convergence de vision entre Win Win Afrique et le ministère ivoirien des Sports dans le cadre du Programme d’appui à la promotion du sport pour tous. « L’objectif était donc commun : promouvoir le sport pour tous et apporter aux populations des infrastructures de proximité de qualité, accessibles et durables », a-t-il poursuivi.
Camille Bidault a rappelé que les AGORAS sont également le fruit d’une coopération entre la Côte d’Ivoire et la France. L’État ivoirien assure la maîtrise d’ouvrage et met les terrains à disposition, tandis que le Trésor français accompagne le financement des infrastructures. « Le programme Agora, c’est d’abord un magnifique partenariat avec un objectif commun de mettre le sport au centre de la vie des populations et du développement des territoires », a-t-il insisté.
Les chiffres du rapport traduisent cette dynamique. Les quatre AGORAS de Koumassi, Abobo, Yopougon et Port-Bouët ont enregistré 510 000 visites en 2025. La pratique sportive concentre 326 885 visites, soit 62,9 % de la fréquentation totale et une progression de 94 % par rapport à 2024.
Les infrastructures ont également accueilli 18 869 élèves issus de 28 établissements scolaires dans le cadre des cours d’éducation physique et sportive. Par ailleurs, 105 événements ont généré plus de 120 000 participations, confirmant le rôle des AGORAS comme espaces de pratique sportive, de loisirs et de cohésion sociale.
Intervenant à son tour, la directrice de l’AGORA de Yopougon, Marceline Anouma, a mis en avant la diversité des disciplines proposées. « Nous accueillons le football, le maracana, le basket, le handball, le volleyball, mais également le dodgeball, le goalball, le taekwondo, le wushu, le Vovinam, la boxe ou encore le kickboxing », a-t-elle indiqué.

Elle a également cité les principaux rendez-vous organisés sur les différents sites, notamment la Betclic AGORA League, les festivals, les fan zones, le festival Biama consacré à la danse urbaine, les championnats sportifs ainsi que les activités du programme Sky Girls. La responsable a surtout insisté sur la dimension sociale du projet. « L’impact social, c’est le développement de l’humain », a-t-elle affirmé.
En 2025, les AGORAS ont conduit 139 activités à impact social, rassemblant 61 625 participants, soit une hausse de 24,2 % par rapport à 2024. Ces initiatives, alignées sur les Objectifs de développement durable, ont porté sur la santé, l’éducation, l’égalité entre les sexes et la lutte contre les changements climatiques.
Marceline Anouma a notamment évoqué les 16 jours d’activisme d’ONU Femmes contre les violences basées sur le genre, la sensibilisation de 3 000 jeunes filles âgées de 13 à 19 ans, le programme Going Beyond destiné aux jeunes entrepreneurs ainsi que les actions de promotion du football féminin.
Le rapport souligne également la collecte et le recyclage de 960 tonnes de déchets plastiques, ainsi que la mise à disposition de 16 conteneurs dédiés à des associations et organisations intervenant dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’environnement, de la formation et de l’autonomisation des populations.
Pour le directeur général d’Ivoire AGORA, Ismaïla Siribé, la réussite du programme repose avant tout sur la complémentarité entre les partenaires publics et privés. « Le public donne la direction, donne la vision. Le privé met en musique et permet à ces AGORAS d’être animées au jour le jour », a-t-il expliqué.

Selon lui, le véritable défi ne réside pas dans la construction des infrastructures, mais dans leur animation quotidienne. « Construire finalement, ce n’est pas compliqué. Le mérite du succès de ces AGORAS revient à ceux qui s’en occupent au jour le jour », a-t-il déclaré.
Fort de ces résultats, le programme poursuivra son déploiement à l’intérieur du pays avec l’ouverture prochaine des AGORAS de Dimbokro, Guiglo, Dabou et Boundiali. Une nouvelle phase prévoit ensuite la réalisation de trois autres complexes à Songon, Béoumi et Touba, tandis que le ministère des Sports a déjà identifié 91 sites susceptibles d’accueillir de futures infrastructures.
Le rapport met enfin en évidence la consolidation du modèle économique des AGORAS, porté par la diversification des sources de revenus, ainsi que la création de 276 emplois en 2025, dont 68 permanents, 124 indirects et 84 ponctuels, illustrant leur contribution au développement économique et social des territoires.