Audace Institut lance le débat à Abidjan sur l’apport de la liberté au développement de l’Afrique

Chercheurs, responsables politiques, étudiants et acteurs de la société civile se sont retrouvés à Abidjan pour réfléchir à une question centrale : la liberté peut-elle accélérer le développement de l’Afrique ? Organisée par Audace Institut , la première édition des Rencontres africaines de la liberté a accueilli comme invité d’honneur le ministre Sidi Tiémoko Touré. Celui-ci a appelé le continent à faire davantage confiance aux libertés politiques et économiques afin de permettre à sa jeunesse d’exprimer pleinement son potentiel. La rencontre s’est tenue le jeudi 3 septembre 2026 à Cocody Riviera 4, en partenariat avec Atlas Network, la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté et le Centre de recherche et d’action pour la paix (CERAP). Devant un public composé d’universitaires, de décideurs, d’étudiants et de représentants de la société civile, le ministre des Ressources animales et halieutiques, également vice-président de l’Internationale libérale, a défendu une conviction forte : sans liberté, il ne peut y avoir de prospérité durable. Selon l’ancien ministre de la Communication, la liberté n’est ni une idée importée ni une valeur étrangère aux sociétés africaines. Elle est déjà présente dans de nombreuses pratiques communautaires, fondées sur la confiance, le dialogue et la responsabilité. Il a notamment cité l’exemple des tontines, qui illustrent à la fois la solidarité et l’autonomie économique au sein des communautés. « La liberté n’est pas étrangère à l’Afrique. C’est surtout sa confiscation qui lui est étrangère », a-t-il affirmé. À travers cette déclaration, Sidi Tiémoko Touré a invité les participants à repenser le développement africain sous l’angle des libertés humaines, économiques et politiques. Donner à la jeunesse les moyens d’agir La jeunesse africaine a occupé une place centrale dans son intervention. Avec un âge médian d’environ 19 ans, le continent dispose d’une formidable réserve de talents, d’énergie et de créativité.Mais cette richesse humaine ne pourra porter ses fruits que si les jeunes évoluent dans un environnement qui encourage l’initiative, l’innovation et l’entrepreneuriat. Autrement, leur potentiel risque de rester inexploité.« Une jeunesse à qui l’on ferme les portes n’est qu’une promesse », a-t-il averti. Pour Sidi Tiémoko Touré, les libertés politique et économique vont nécessairement de pair. Il les a comparées aux « deux jambes d’un même corps » : l’une ne peut avancer durablement sans l’autre. À ses yeux, les pays qui ont connu les plus grandes transformations industrielles et économiques sont précisément ceux qui ont su créer un cadre favorable à ces libertés. Une alerte sur les reculs démocratiques Le ministre ivoirien a également attiré l’attention sur les menaces qui pèsent sur les libertés publiques dans plusieurs pays africains. Il a notamment évoqué les transitions politiques qui s’éternisent et les restrictions croissantes imposées aux citoyens. « L’ordre sans la liberté n’est pas la paix, mais une pause avant l’orage », a-t-il prévenu. Dans le même temps, il a salué les performances économiques enregistrées par la Côte d’Ivoire sous la présidence d’Alassane Ouattara. Selon lui, ces résultats sont notamment liés à l’ouverture économique du pays et à la place accordée à l’initiative privée. Sortir la liberté des clichés Pour Gisèle Dutheuil, directrice d’Audace Institut, il est urgent de parler de la liberté sans la réduire à l’individualisme ou à l’égoïsme. L’ambition de ces rencontres est justement de dépasser les caricatures idéologiques pour examiner, de manière concrète, la contribution des libertés humaines au développement des sociétés africaines.Tout au long de la journée, panels et conférences ont permis d’aborder plusieurs enjeux majeurs : la gouvernance, l’économie, la responsabilité citoyenne et la place des idées libérales dans la construction de l’Afrique de demain. Avec cette initiative, Audace Institut souhaite faire d’Abidjan un lieu incontournable du débat intellectuel sur la liberté et le développement. Un espace de dialogue particulièrement nécessaire à l’heure où le continent cherche de nouveaux modèles de croissance et de gouvernance. Le message porté par cette première édition tient en une conviction : le XXIe siècle pourra être africain, à condition que l’Afrique donne à ses citoyens la liberté d’imaginer, de créer et d’agir.