La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau cap dans la transformation numérique de son administration. Le gouvernement ambitionne de porter à 700 le nombre de services publics numériques coordonnés et à fort impact d’ici 2029, a annoncé jeudi 3 septembre 2026 le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara.
L’annonce a été faite à l’ouverture de l’atelier national de priorisation des services publics numériques, qui se tient les 3 et 4 septembre à l’Hôtel Radisson Blu Abidjan Airport. Organisée par le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, en collaboration avec la Société nationale de développement informatique (SNDI), sous l’égide du ministère de la Fonction publique, la rencontre réunit plusieurs administrations, structures publiques ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Objectif : identifier les services à numériser en priorité et poser les bases d’une feuille de route nationale des infrastructures publiques numériques.
Pour Djibril Ouattara, le défi ne consiste pas à multiplier les plateformes numériques, mais à mieux exploiter celles qui existent déjà. « L’enjeu n’est pas de multiplier les plateformes. Il est de mieux organiser, connecter et réutiliser ce que nous avons déjà », a-t-il souligné, mettant en avant l’importance de la donnée dans l’amélioration de l’efficacité de l’administration.
La Côte d’Ivoire dispose déjà de plusieurs services dématérialisés, notamment dans les secteurs fiscal et douanier, ainsi que de guichets uniques et d’un registre national des personnes physiques fondé sur un identifiant unique. Le gouvernement entend désormais renforcer l’interconnexion de ces systèmes pour favoriser leur utilisation commune par les administrations.
Les travaux privilégient ainsi une approche centrée sur les besoins des citoyens et des entreprises. Il s’agit notamment de simplifier les démarches, d’améliorer l’accès aux services publics et d’éviter la création de plateformes faisant doublon.
Trois infrastructures communes sont au cœur de cette stratégie : une identité numérique unique, une plateforme d’interopérabilité pour permettre l’échange sécurisé de données entre administrations et un inventaire des infrastructures publiques numériques existantes, réalisé avec l’appui de la Banque mondiale.
Le gouvernement prévoit également une nouvelle organisation de la gouvernance du numérique public. Un comité stratégique présidé par le Premier ministre et un comité interministériel permanent doivent notamment renforcer la coordination des projets et limiter les doublons.
Opérateur informatique de l’État depuis 1999, la SNDI est appelée à jouer un rôle accru dans cette transformation. Son directeur général, Nongolougo Soro, a résumé l’enjeu en une formule : « la valeur naît de la connexion » des systèmes.
À l’issue de l’atelier, un premier portefeuille d’environ 100 services publics prioritaires doit être retenu. Cette sélection constituera une première étape vers la feuille de route nationale des infrastructures publiques numériques et l’ambition d’une administration « zéro papier » à l’horizon 2030.