Neuf jours après les crues dévastatrices du 26 août, le bilan continue de s’alourdir au Népal. Les autorités font état de 1 287 morts et 5 083 disparus, tandis que les secours qui poursuivent leurs recherches dans les zones ravagées ont retrouvé 2 ouvriers vivants ce vendredi 4 septembre.
La catastrophe, provoquée par l’effondrement d’un glacier et d’un pan de montagne à la frontière entre le Népal et la Chine, a libéré un immense mur d’eau, de glace, de roches et de débris qui a dévasté plusieurs localités de l’Himalaya.
Selon l’autorité népalaise chargée de la gestion des situations d’urgence, 1 287 personnes sont mortes et 5 083 restent portées disparues. Parmi elles figurent plusieurs centaines de touristes et pèlerins étrangers, ainsi que plus de 900 employés et ouvriers travaillant sur des centrales hydroélectriques ou des barrages en construction.
Au Tibet chinois, les médias d’État font état de 21 morts et 541 disparus. Le bilan provisoire de la catastrophe s’élève ainsi à 1 308 morts et 5 624 disparus dans les deux pays.
Dans ce lourd bilan, un rayon d’espoir est toutefois apparu vendredi 4 septembre. Deux ouvriers, Sanjay Shah, 30 ans, et Kabir Maharjan, 45 ans, ont été extraits vivants d’un tunnel du chantier du barrage de Trishuli-3, où ils étaient prisonniers depuis neuf jours.
Les images diffusées par les autorités montrent l’un des rescapés évacué sur une civière, les mains jointes en signe de prière. Le second, couvert de boue, a pu se tenir debout et saluer ses sauveteurs sous leurs acclamations.
Les deux hommes ont ensuite été évacués par hélicoptère vers Katmandou pour subir des examens médicaux.
« Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », a déclaré le ministre de l’Énergie, Biraj Bhakta Shrestha, appelant à poursuivre les opérations de recherche et de secours.
Les autorités estiment que plusieurs dizaines de personnes, voire une centaine, pourraient encore être piégées dans le tunnel. Des équipes de secours népalaises, appuyées notamment par des sauveteurs venus d’Inde, de Chine et de Corée, progressent difficilement dans la boue et les débris.
Au-delà des opérations de recherche, l’urgence humanitaire s’intensifie. Les crues ont détruit des habitations, des routes, des ponts et des infrastructures hydroélectriques, laissant des dizaines de milliers de personnes sans logement et compliquant fortement l’acheminement des secours.
Dans les zones les plus isolées, la nourriture, l’eau et les équipements ne peuvent être acheminés que par hélicoptère, drone ou à dos d’homme.
Face à l’ampleur des besoins, l’ONU a lancé vendredi un appel urgent de près de 50 millions de dollars pour venir en aide à plus de 84 000 sinistrés. Ces fonds doivent notamment permettre de fournir de la nourriture, des abris, de l’eau potable et des médicaments.
Les agences onusiennes alertent également sur les risques sanitaires. Des cas de fièvre et de diarrhée ont déjà été signalés dans certains centres d’hébergement, tandis que des corps humains et des carcasses d’animaux restent enfouis sous les décombres.
Un rapport préliminaire de l’ONU estime à 158 millions de dollars les dégâts causés aux seules habitations. Le gouvernement népalais évalue, pour sa part, le coût de la reconstruction à plusieurs milliards de dollars.
Face à une catastrophe qualifiée de « tsunami himalayen » par le ministre népalais des Affaires étrangères, les secours poursuivent leur course contre la montre, alors que de nombreuses familles restent toujours sans nouvelles de leurs proches.