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RDC : Roger Lumbala condamné à 30 ans de réclusion criminelle

L’ex-chef rebelle congolais Roger Lumbala a été condamné, ce lundi 15 décembre, à 30 ans de réclusion criminelle par la justice française à Paris pour complicité de crimes contre l’humanité commis par ses troupes en 2002-2003 dans l’est de la République démocratique du Congo.

Nicolas Sarkozy libéré après vingt jours de détention

L’ancien président français Nicolas Sarkozy est sorti de prison ce lundi 10 novembre 2025, à la suite d’une décision de la Cour d’Appel de Paris ordonnant sa remise en liberté. L’ex-chef d’État avait été incarcéré depuis vingt jours après sa condamnation dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle.

Littérature : Laurent Mauvignier remporte le Prix Goncourt 2025 avec La Maison vide

Le verdict du plus prestigieux prix littéraire français est tombé ce mardi 4 novembre, à 13 h, au restaurant Drouant à Paris. Le jury du Goncourt, présidé par Philippe Claudel, a couronné La Maison vide (Minuit) de Laurent Mauvignier, élu dès le premier tour du scrutin. Né à Tours en 1967, l’écrivain succède à Kamel Daoud, lauréat 2024, avec un roman monumental de 752 pages consacré aux blessures enfouies et aux silences familiaux sur quatre générations.

Laurent Mauvignier reporte le prestigieux prix littéraire français Goncourt avec « La maison vide »

Le verdict du plus prestigieux prix littéraire français est tombé ce mardi 4 novembre 2025, à 13 h, au restaurant Drouant à Paris. Le jury du Goncourt, présidé par Philippe Claudel, a couronné La Maison vide (Minuit) de Laurent Mauvignier, élu dès le premier tour du scrutin. Né à Tours en 1967, l’écrivain succède à Kamel Daoud, lauréat 2024, avec un roman monumental de 752 pages consacré aux blessures enfouies et aux silences familiaux sur quatre générations. La Maison vide est une plongée intime dans l’histoire familiale de l’auteur, où se croisent mémoire, honte et transmission. Mauvignier s’y inspire d’un épisode tragique : l’humiliation de sa grand-mère, tondue à la Libération, sous le regard de son père alors âgé de sept ans. De ce souvenir est né un texte viscéral et exigeant, salué par le jury comme un « roman fondamental ». « C’est une récompense énorme, confie l’écrivain ému à son arrivée à Drouant. Ce livre vient de l’enfance et de plusieurs générations. » Fidèle à son style sensible et rigoureux, Mauvignier poursuit sa quête des « choses qu’on ne peut pas dire ». Pour lui, l’écriture est un acte total, presque vital : « Quand vous écrivez, toute votre vie passe et est consommée par l’écriture », déclarait-il récemment. Son œuvre interroge la transmission des non-dits, les traumatismes familiaux et la mémoire collective. Lauréat de nombreux prix depuis Loin d’eux (1999), il s’est imposé comme l’un des grands stylistes français contemporains. Fils d’un ouvrier et d’une femme de ménage, Laurent Mauvignier a grandi en Touraine dans un milieu modeste. Diplômé des Beaux-Arts de Tours, il a d’abord exercé comme plasticien avant de se tourner vers l’écriture. Ses romans, dont Des hommes (2009) et Autour du monde (2014), scrutent les blessures intimes et les drames collectifs, de la guerre d’Algérie au tsunami japonais. Avec La Maison vide, Laurent Mauvignier rejoint la lignée des grands lauréats du Goncourt. Une consécration symbolique (dotée de dix euros) mais gage de triomphe en librairie. « Toute vie est un roman », aime à dire celui qui, depuis plus de vingt ans, n’a cessé de donner voix à l’indicible. La dernière sélection de ce Goncourt 2025, dévoilée le 28 octobre dernier, opposait trois autres œuvres, notamment La Nuit au cœur, de Nathacha Appanah (Gallimard), Kolkhoze, d’Emmanuel Carrère (P.O.L) ainsi que Le Bel Obscur, de Caroline Lamarche (Seuil).

Sous haute tension, Shein ouvre à Paris son premier magasin pérenne au monde

Malgré les sanctions administratives et l’enquête judiciaire ouverte pour la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine, le géant de l’e-commerce asiatique Shein ouvre mercredi son premier magasin physique et pérenne au monde à Paris. Signe de la portée hautement polémique de cette ouverture à 13H00, au 6e étage du BHV dans le centre de la capitale française, des forces de police étaient présentes dès mardi soir autour du magasin. L’arrivée de la plateforme, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, cristallise les tensions autour de la régulation du commerce en ligne et de la mode jetable ultra-éphémère. Dernier épisode en date: la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine sur son site internet constatée par la Répression des fraudes, qui a déclenché un tollé politique et l’ouverture d’une enquête judiciaire. Shein a depuis assuré qu’elles avaient été retirées de la plateforme et avoir mis en place une interdiction totale des produits de type « poupées sexuelles ». Visée par une proposition de loi anti fast-fashion, l’entreprise a déjà reçu cette année en France trois amendes pour un total de 191 millions d’euros, pour non-respect de la législation sur les cookies, fausses promotions, informations trompeuses et non-déclaration de microfibres plastiques. Depuis son annonce début octobre, le gouvernement, la mairie de Paris, des élus, des associations et des acteurs du secteur textile français ont fustigé son implantation en France. Jusqu’ici exclusivement disponible en ligne et dans des magasins éphémères, l’entreprise franchit mercredi une étape stratégique avec son implantation durable. Et pas n’importe où: dans un emblématique symbole du commerce parisien, le BHV, un joyau art déco situé face à l’hôtel de ville parisien. « Une erreur stratégique » et « un danger », a déploré mercredi le ministre français de la Ville, Vincent Jeanbrun, sur TF1. Son collègue à l’Industrie, Sébastien Martin, a lui dénoncé chez Shein « une stratégie (…) d’agressivité qui est aussi une politique d’attaque de nos valeurs », avant de pointer du doigt en creux le BHV: « certains acteurs économiques devraient remettre un petit peu de morale dans leur action, y compris les magasins qui décident d’accueillir ces rayons-là », a-t-il dit sur Public Sénat. « Le BHV fait entrer le loup dans la bergerie », s’est alarmé le coprésident de l’organisation patronale Impact France, Pascal Demurger, sur Franceinfo, pour qui « le low-cost, c’est le chômage ». Frédéric Merlin, le patron de la Société des grands magasins (SGM), propriétaire du BHV depuis 2023, a rétorqué que « Shein, c’est 25 millions de clients en France », mercredi sur RTL, opposant la popularité du géant asiatique aux griefs des responsables politiques. – Bientôt cinq autres magasins Shein – Si Shein est autant décrié, outre les accusations de recours à des sous-traitants sous-payés et des pratiques supposées néfastes pour l’environnement, c’est aussi parce qu’il est accusé de causer la ruine du secteur du textile et des petits commerces. Ces derniers sont particulièrement touchés par la déferlante de produits conçus en Asie, majoritairement en Chine. En 2024, 4,6 milliards de colis à moins de 150 euros ont été importés dans l’UE. Le nombre de ces colis, exemptés de droits de douane, double tous les deux ans au rythme actuel. Frédéric Merlin a déjà assuré que les produits vendus dans ce magasin ne sont pas ceux de la « marketplace » de Shein et qu’ils répondent aux normes européennes. Avant même l’arrivée de Shein au BHV, plusieurs marques françaises ont fui le grand magasin, dénonçant un partenariat en contradiction avec leurs valeurs et leurs intérêts. L’intersyndicale des salariés y est également opposée. Reste à voir si les consommateurs répondront présent. Selon une étude de l’application de shopping Joko, Shein était en 2024 l’enseigne de mode où les Français ont dépensé le plus. Cinq autres boutiques Shein ouvriront dans le reste de la France prochainement. Les grands magasins qui les hébergeront ne seront plus des Galeries Lafayette mais des « BHV », le groupe Galeries Lafayette ayant rompu son contrat avec la SGM pour ne pas être associé à Shein.

Le parquet de Paris enquête sur une possible « promotion du suicide » par TikTok

AFP – TikTok fait-il la promotion du suicide ? Le parquet de Paris a ouvert une enquête après le signalement d’un député pointant l’influence néfaste sur les jeunes de l’algorithme de la plateforme, qui rejette « fermement » ces accusations. L’ouverture de cette enquête intervient après la publication, en septembre, des conclusions d’une commission d’enquête parlementaire. La plateforme ultrapopulaire chez les jeunes propose un « océan de contenus néfastes », de la violence « sous toutes ses formes », condamnait alors la rapporteure de cette commission Laure Miller (EPR) en conférence de presse. Son président, le député Arthur Delaporte (PS), avait saisi le 11 septembre la procureure de Paris, estimant que « TikTok a délibérément mis en danger la santé, la vie de ses utilisateurs ». Ce signalement dénonce « notamment » ce qui est « considéré comme une modération insuffisante de TikTok, sa facilité d’accès par des mineurs, son algorithme élaboré susceptible de pousser les personnes vulnérables vers le suicide en les enfermant très rapidement dans une boucle de contenu dédié », a synthétisé la procureure dans un communiqué mardi. Une enquête préliminaire a été confiée à la Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) de la préfecture de police de Paris, a précisé Laure Beccuau. « Nous réfutons fermement les accusations », a répliqué TikTok dans un communiqué transmis à l’AFP, en assurant proposer « plus de 50 fonctionnalités et paramètres prédéfinis spécialement conçus pour assurer la sécurité et le bien-être des adolescents ». Pour sa part, Arthur Delaporte a salué dans un communiqué « l’ouverture de cette enquête, indispensable pour approfondir et potentiellement sanctionner les multiples défaillances de la plateforme ». – « Business du sordide » – Les investigations de la BL2C portent sur plusieurs infractions possibles. Il y a dans le collimateur des enquêteurs la « propagande en faveur de produit, objet ou méthode préconisés comme moyens de se donner la mort », délit faisant encourir la peine de 3 ans d’emprisonnement et une amende de 45.000 euros, selon la procureure. Sont aussi visées la « fourniture de plateforme en ligne pour permettre une transaction illicite en bande organisée » (10 ans d’emprisonnement et une amende de 1 million d’euros encourus) et l’ »altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée » (10 ans d’emprisonnement et une amende de 300.000 euros encourus). Les investigations concernent donc notamment « l’édition de contenus consistants notamment à la promotion du suicide », développe Laure Beccuau. Dans une réaction à l’AFP en septembre, TikTok avait « catégoriquement » rejeté « la présentation trompeuse » de la commission, « qui cherche à faire de notre entreprise un bouc émissaire face à des enjeux qui concernent l’ensemble du secteur et de la société ». – « Contenus dangereux » – La « modération y demeure largement insuffisante, tout comme le contrôle de l’âge des utilisateurs », insiste mardi Arthur Delaporte. « Chargé, avec Stéphane Vojetta (Renaissance), d’une mission par le gouvernement sur les enjeux émergents du numérique, nous rendrons nos conclusions au début du mois de décembre », ajoute-t-il. La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris s’est appuyée pour lancer l’enquête sur l’analyse de la commission d’enquête parlementaire, ainsi que sur différents rapports sur la plateforme. Un rapport du Sénat en 2023 a ainsi « souligné un risque en matière de liberté d’expression, de collecte des données, et d’algorithmes offensifs dans la consultation de contenus dangereux », rappelle Mme Beccuau. Celui d’Amnesty International en 2023 a alerté « sur les dangers de l’algorithme, jugé addictif et faisant courir des risques de passages à l’acte auto agressif chez les jeunes », déroule la procureure de Paris. Le rapport de Viginum (service de l’État luttant contre les ingérences numériques étrangères) en février 2025 a fait état « d’un risque critique de manipulation de l’opinion publique notamment dans un contexte électoral », pointe encore Mme Beccuau. Le parquet travaille en coopération étroite avec les différents services de l’État impliqués sur ces sujets, « notamment l’Arcom (régulateur de l’audiovisuel et du numérique) et Viginum ». Laure Miller, rapporteure de la commission d’enquête parlementaire, préconisait en septembre d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et un « couvre-feu numérique » pour les 15-18 ans. « Il est temps que les réseaux sociaux proposent une offre distincte pour les mineurs. Et avec vérification d’âge », a réagi Justine Atlan, directrice générale de l’association e-Enfance.

Cyberharcèlement de la DJ française Barbara Butch: de la prison requise contre cinq hommes

La DJ et militante féministe avait reçu des dizaines de milliers de messages de haine en ligne, après son apparition lors de la cérémonie

Le parquet de Paris a requis jeudi des peines d’emprisonnement avec ou sans sursis contre cinq hommes jugés pour avoir cyberharcelé la DJ française Barbara Butch, figure des nuits parisiennes LGBT+, après sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Dans ses réquisitions, la procureure a dénoncé « des violences numériques massives » ayant causé « une altération de la santé de Barbara Butch », « un cyberharcèlement parfaitement caractérisé qui brise, qui broie », une « vague de haine antisémite, grossophobe et sexiste », ainsi qu’une « volonté d’intimider et de faire mal ». « Crève », « tu vas payer »… Âgés de 24 à 57 ans, ces cinq hommes devaient répondre de cyberharcèlement et, pour certains d’entre eux, de menaces de mort ou de crime. La procureure a requis des stages de lutte contre la haine en ligne et 3 à 6 mois de prison avec sursis pour les quatre hommes présents devant le tribunal correctionnel, et 8 mois de prison ferme pour le cinquième, absent à l’audience. Ces messages haineux avaient déferlé sur l’artiste dans la foulée de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, le 26 juillet 2024, la conduisant à porter plainte trois jours après. Sur une passerelle qui enjambe la Seine, Barbara Butch – son nom de scène – était apparue aux platines, entourée de drag queens, de mannequins, mais aussi du chanteur Philippe Katerine, presque nu et peint en bleu. Ce tableau, intitulé « Festivité », avait suscité l’ire des milieux conservateurs et d’extrême droite, qui l’ont interprété comme une parodie moqueuse du dernier repas de Jésus avec ses apôtres, la Cène, telle que représentée par Léonard de Vinci. Le directeur artistique de la cérémonie, Thomas Jolly, avait démenti toute volonté de choquer et expliqué avoir voulu représenter une « grande fête païenne reliée aux dieux de l’Olympe ». « J’avais juste envie de m’enterrer et de disparaître à ce moment-là », a raconté Barbara Butch à l’audience. Elle a expliqué avoir développé de l’agoraphobie et du psoriasis après les faits et prendre, depuis, des antidépresseurs. Étudiant, père de famille, aide-soignant… Les prévenus présents ont tous reconnu avoir envoyé les messages, mais pas leur caractère menaçant ou harcelant. Plusieurs ont expliqué avoir été heurtés par la « parodie de la religion ». Le jugement sera rendu le 21 novembre.

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