Le PPA-CI reporte sa marche de protestation du 8 novembre et appelle à un hommage aux victimes de Yamoussoukro

Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a annoncé le report à une date ultérieure de la marche de protestation qu’il prévoyait d’organiser le samedi 8 novembre 2025 à Abidjan, indique un communiqué transmis à la presse. Le parti de Laurent Gbagbo explique que cette décision est motivée par la tenue, le même jour, des obsèques de militants tués à Yamoussoukro lors des manifestations contre le projet de 4ᵉ mandat du président Alassane Ouattara. Soucieux de privilégier le recueillement et l’hommage aux disparus, le président du PPA-CI invite l’ensemble des militantes, militants et sympathisants à se rendre à Yamoussoukro pour soutenir les familles endeuillées. Le communiqué souligne que, fidèle à son engagement en faveur de « la paix, de la démocratie et de la dignité humaine », le PPA-CI appelle sa base à demeurer « mobilisée, disciplinée et solidaire » dans l’attente de nouvelles consignes relatives à la marche. Quelques heures avant cette annonce, le préfet d’Abidjan, Andjou Koua, avait mis en garde la direction du PPA-CI contre l’organisation de la manifestation projetée dans la commune de Cocody, rappelant que l’arrêté interministériel n°0755/MIS/MEMD du 17 octobre 2025, interdisant pour deux mois les réunions et manifestations publiques des partis politiques sur l’ensemble du territoire national, restait en vigueur.
Le PPA-CI de Laurent Gbagbo n’ira pas aux élections législatives du 27 décembre. Les raisons évoquées

Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par l’ancien Président Laurent Gbagbo, a annoncé ce jeudi 6 novembre qu’il ne participera aux élections législatives prévues le 27 décembre prochain. La décision a été prise à l’issue de la quatrième session ordinaire du Comité central du parti, tenue à Cocody-Attoban sous la présidence effective de M. Gbagbo. Selon le communiqué officiel, cette position découle d’un “constat d’absence totale de conditions pour des élections libres, transparentes et inclusives”. Le PPA-CI dénonce notamment “un processus électoral frauduleux, préfabriqué et marqué par la confiscation du suffrage populaire”, en référence au scrutin présidentiel du 25 octobre dernier, dont il ne reconnaît pas les résultats. Laurent Gbagbo a fustigé ce qu’il qualifie de “braquage institutionnel”, saluant “le courage et la mobilisation du peuple ivoirien face aux dérives autoritaires du régime en place”. Le Comité central a également condamné “la répression brutale” des manifestations du 11 octobre, qui aurait causé plusieurs pertes humaines, notamment dans le village de Nahio, présenté comme “symbole du martyre et de la résistance populaire”. Le parti justifie son boycott des législatives pour deux raisons majeures : l’absence de garanties d’un scrutin crédible et un environnement socio-politique jugé délétère, marqué par “les arrestations arbitraires, les persécutions judiciaires et la détention de prisonniers politiques”. Le cas de Damana Adia Pickass, vice-président du PPA-CI récemment placé sous mandat de dépôt, a été évoqué comme “l’illustration de cette dérive autoritaire”.
Arrestation de Damana Adia Pickass, Vice-président du PPA-CI : La Justice ivoirienne donne les raisons de son interpellation

Le Vice-Président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Damana Adia Pickass, a été interpellé mardi 4 novembre 2025 à Bingerville, près d’Abidjan par la Police nationale, a annoncé le Procureur de la République dans un communiqué. Selon la note, cette arrestation intervient dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’appels “à l’insurrection populaire et au renversement des institutions de la République”, lancés depuis l’interdiction d’une marche politique projetée le 11 octobre 2025 par deux formations de l’opposition. Le parquet précise que ces appels, attribués notamment à Damana Adia Pickass, auraient conduit à la formation d’attroupements armés et non armés, à des violences dans plusieurs localités du pays, ainsi qu’à des atteintes à la sécurité nationale. Ces actes auraient provoqué, selon la même source, “des assassinats, des vols à main armée, des destructions de biens publics et privés, des incendies et des entraves au vote lors du scrutin présidentiel du 25 octobre 2025”. “Tous les auteurs, complices et commanditaires de ces faits, quelle que soit leur qualité, seront recherchés, interpellés et jugés conformément aux dispositions légales”, a averti le Procureur de la République, rappelant que “ces infractions ne resteront pas impunies”. Ancien leader de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) et figure historique de la mouvance pro-Gbagbo, Damana Adia Pickass est également coordinateur général du “Front commun”. Il avait déjà été condamné en février 2025 à dix ans de prison pour “atteinte à la défense nationale” et “association de malfaiteurs”, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Son interpellation intervient dans un climat politique qui a été marqué, à l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre dernier, par une série d’incidents signalés à travers le pays. Les autorités judiciaires affirment vouloir “préserver l’ordre public” et “assurer la stabilité des institutions républicaines”, tandis que plusieurs cadres du PPA-CI dénoncent une “manœuvre d’intimidation” contre l’opposition. Aucune précision n’a encore été donnée sur le lieu de détention ni sur les suites de la procédure. L’enquête est confiée à la Section antiterroriste du Tribunal de Première Instance d’Abidjan.