La proclamation par le Conseil constitutionnel de la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 25 octobre domine l’actualité ce mercredi, révélant un paysage médiatique et politique profondément clivé entre célébration du pouvoir et contestation de l’opposition.
Le Conseil constitutionnel a confirmé la réélection du président Ouattara avec un taux de 89,77% des suffrages, dans un scrutin déclaré régulier. “Aucune réclamation n’a été enregistrée”, a précisé la présidente Chantal Nanaba Camara, mettant ainsi “définitivement fin au débat”, écrit Le Matin.
Cette validation déclenche une vague de félicitations internationales, notamment les États-Unis, la France, le Canada, le Royaume-Uni et le Gabon qui saluent cette réélection, tout en annonçant le renforcement de leurs liens bilatéraux avec Abidjan. “Macron félicite Ouattara”, titre L’Essor, tandis que L’Avenir affiche : “Ouattara est réélu et félicité par tous”.
Dans les journaux proches du pouvoir, c’est l’euphorie. “Alassane Ouattara, président de la République”, proclame Le Patriote. L’Intelligent d’Abidjan évoque “la victoire et le mandat 2025-2030 proclamés, acclamés, acceptés, actés”, quand L’Agora parle du “Triomphe du sage” et d’une “nouvelle page de l’histoire” qui s’ouvre. Le président prêtera serment le 8 décembre, et un nouveau gouvernement sera formé en janvier, annonce Le Jour Plus.
Le ton est en revanche différent dans la presse d’opposition. “Braquage électoral : après la CEI, le Conseil constitutionnel a achevé le travail”, affiche Le Quotidien d’Abidjan. Guillaume Soro, cité par le journal, prévient : “Ce n’est pas encore fini”. Génération Nouvelle qualifie Ouattara d’”abonné aux élections koutcha” et de “brave au triomphe sans gloire”.
Plus nuancés, selon Le Bélier, “Alassane Ouattara triomphe, la Côte d’Ivoire s’interroge”, tandis que Notre Voie note que “les résultats définitifs ont été proclamés dans l’indifférence”.
Après la page de l’élection présidentielle, les regards sont déjà tournés vers les législatives du 27 décembre, où les tensions s’annoncent vives. Au sein même du RHDP, Génération Nouvelle évoque “la bagarre entre cadres qui se profile”, Ouattara faisant face à “l’impatience de cadres dans le choix des candidats”, selon Dernière Heure.
L’opposition, elle, peine à définir sa stratégie. “Quelle stratégie pour l’opposition ?”, s’interroge Notre Voie. Au PDCI-RDA, c’est un “sale temps autour des législatives”, avec une “pression dans la région du Gbêkê”, note Le Bélier. Au PPA-CI, le dilemme est existentiel : “s’abstenir ou participer”, selon La Voie Originale, qui attend le comité central de ce jeudi 6 novembre comme “l’arbitre d’un destin politique”.
Parallèlement, l’arrestation de Damana Pickas à Bingerville fait les gros titres. “Après son appel à l’insurrection”, souligne L’Avenir, l’activiste a été interpellé par la police “au terme d’une cavale de quelques semaines”, précise Aujourd’hui.
AIP