L’ancienne Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a été condamnée à mort ce lundi 17 novembre au terme d’un procès très suivi qui s’est étendu sur plusieurs mois. La justice la reconnaît coupable d’avoir ordonné une répression meurtrière lors d’un soulèvement étudiant survenu l’an dernier, un épisode qui avait profondément ébranlé le pays.
Selon l’acte d’accusation, Sheikh Hasina aurait donné son aval pour l’usage de la force contre des milliers d’étudiants mobilisés pour dénoncer la corruption et réclamer des réformes du système éducatif. Les manifestations, qui avaient débuté de façon pacifique, avaient rapidement dégénéré, provoquant des affrontements violents entre forces de sécurité et protestataires. Plusieurs dizaines de personnes avaient trouvé la mort, tandis que des centaines d’autres avaient été blessées.
Le verdict marque une étape spectaculaire dans la crise politique que traverse le Bangladesh depuis la chute de Sheikh Hasina, au pouvoir pendant plus de quinze ans avant d’être renversée à la suite du soulèvement. Ses avocats ont dénoncé un jugement « motivé politiquement », affirmant que leur cliente n’avait « jamais donné d’ordre visant à blesser ou tuer des citoyens ». Ils ont annoncé leur intention de faire appel devant la Cour suprême.
De leur côté, les partisans de la décision judiciaire saluent « un moment historique » pour la lutte contre l’impunité au Bangladesh. Plusieurs organisations de défense des droits humains appellent cependant à la prudence, soulignant que le contexte politique reste extrêmement tendu et que l’organisation d’un procès équitable dans un tel climat pose de nombreuses questions.
Alors que la sentence risque de raviver les tensions dans un pays toujours marqué par la crise, les autorités ont renforcé la présence sécuritaire à Dhaka et dans les grandes villes, redoutant de nouvelles mobilisations. Le Bangladesh entre désormais dans une phase d’incertitude politique majeure, dont l’issue reste difficile à prévoir.