En visite sur les sites affectés des lagunes Tendo-Ehy et Aby, dans la région d’Aboisso, le directeur du Centre Ivoirien Anti-Pollution (CIAPOL), Pr Bernard Ossey Yapo, a confirmé mercredi 25 février 2026 la présence de cyanures et de métaux lourds dans les eaux, un phénomène attribué à l’orpaillage clandestin, suscitant l’inquiétude des populations riveraines et l’attention du ministre de l’Environnement.
L’inquiétude des riverains des lagunes Tendo-Ehy et Aby est bel et bien fondée. C’est ce qui ressort des analyses menées par le Centre Ivoirien Anti-Pollution (CIAPOL) à la suite de la coloration ocre des eaux, un phénomène persistant lié à l’orpaillage clandestin.
« Lorsqu’on analyse ces eaux en profondeur, nous avons constaté qu’il y a une modification de l’acidité et, bel et bien, la présence de cyanures et de métaux lourds », a déclaré Pr Yapo. Il a expliqué que la couleur ocre, premier signe visible de pollution physique due au lessivage des terres latéritiques, cache une menace bien plus grave.
« La présence, même à l’état de trace, du mercure dans l’eau est le signe d’une pollution aiguë. Ce mercure relargue d’autres métaux toxiques comme le plomb, le fer, le cuivre ou le zinc », a-t-il détaillé.
Pr Yapo a mis en garde contre les conséquences sanitaires à long terme pour les populations qui consomment les poissons contaminés. « Ça peut ne pas être à l’immédiat, mais dans deux ou trois ans, des maladies pernicieuses et graves peuvent apparaître », a-t-il regretté.

Le Porte-parole des populations locales, Nanan M’Drama Boua Aka Thomas, Chef central du Royaume Adouvlais-Sohié, a exprimé la détresse de sa communauté. « Notre richesse, c’est la lagune, c’est la pêche. Aujourd’hui, à cause de la pollution, rien ne va plus, nous n’arrivons plus à avoir de poisson », s’est-il désolé.
Cette sortie médiatique fait suite à une visite terrain du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba. Face à la persistance de ce phénomène lié à l’orpaillage non autorisé en amont, le ministre est venu s’entretenir avec les populations et les autorités royales de Tiapoum.
« Le fait même d’associer le Roi est un signe que tout va se régler. L’État a toujours su satisfaire à nos doléances, nous savons que le ministre va réagir », a conclu Nanan M’Drama Boua Aka Thomas, exprimant l’espoir d’une action rapide des autorités pour préserver cet écosystème vital et la santé des riverains.