Une attaque coordonnée de gangs survenue dans la nuit de samedi 28 mars à dimanche 29 mars à Petite-Rivière-de-l’Artibonite a fait au moins 70 morts, selon les Nations unies, un bilan bien supérieur aux premières estimations de la police haïtienne.
Au moins 70 personnes ont été tuées lors d’attaques « brutales et coordonnées » menées par des groupes armés dans la localité de Petite-Rivière-de-l’Artibonite, en Haïti, a indiqué mardi 31 mars 2026 le représentant spécial de l’ONU dans le pays, Carlos Ruiz Massieu. Un bilan qui pourrait encore évoluer, alors que les autorités locales évoquent des difficultés d’accès aux zones touchées.
Dans un premier temps, la police haïtienne avait fait état, lundi 30 mars, d’au moins 16 morts. Mais selon plusieurs sources, dont des organisations de la société civile, le nombre réel de victimes serait bien plus élevé, certaines estimations évoquant jusqu’à 80 morts.
D’après Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), les assaillants ont attaqué vers 3 heures du matin, incendiant des habitations et abattant des habitants tentant de fuir. Une nouvelle attaque signalée à l’aube lundi laisse craindre une aggravation du bilan.
Les autorités judiciaires locales, notamment le procureur Venson François, confirment que le décompte reste provisoire en raison de l’insécurité persistante dans la zone. L’attaque serait intervenue à la veille d’une fête populaire, ce qui pourrait expliquer l’ampleur des pertes humaines.
Selon des acteurs de la société civile, dont une commission de dialogue locale, l’assaut aurait été perpétré par le gang « Gran Grif », actif dans la région de l’Artibonite, située au nord-ouest de Port-au-Prince.
Face à cette escalade, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a dénoncé « la gravité de la situation sécuritaire » et appelé à l’ouverture d’une enquête approfondie. L’ONU insiste sur l’urgence d’un soutien renforcé au pays pour lutter contre les gangs et les réseaux qui les soutiennent.
Le ministre haïtien du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a pour sa part qualifié la crise sécuritaire d’« extrêmement difficile », tout en assurant que l’État reste mobilisé face à la montée des violences.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, plus de 5 500 personnes ont été tuées entre mars 2025 et mi-janvier 2026 dans des violences impliquant gangs et forces de sécurité en Haïti.
Pays parmi les plus pauvres du continent américain, Haïti est plongé depuis plusieurs années dans une spirale de violences, marquée par des meurtres, enlèvements, viols et pillages perpétrés par des groupes armés, dans un contexte d’extrême fragilité institutionnelle.