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FAIT : Au cours d’une causerie-débat avec le directeur de publication et rédacteur en chef du journal en ligne ivoirien LInfodrome, le candidat déclaré à la présidentielle d’octobre prochain, Donatien Robé, a déclaré, je cite : ” 77 % des établissements du secondaire général sont privés et 63 % des élèves en Côte d’Ivoire dans le secondaire général sont inscrits au privé”.

VERDICT : VRAILa déclaration est exacte. Les chiffres avancés par Donatien Robé viennent des données de l’annuaire statistique 2023-2024 du ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA).

TEXTE 

Dans une interview accordée à LInfodrome Donatien Robé a dit “On ne le dit pas assez, l’école ivoirienne est privatisée, car 77 % des établissements du secondaire général sont privés et 63 % des élèves en Côte d’Ivoire dans le secondaire général sont inscrits au privé pour l’année académique 2023-2024”. 

Donatien Robé se présente comme un spécialiste de la protection sociale. Il est le président du mouvement citoyen “La Côte d’Ivoire sociale”. Il est candidat déclaré à l’élection présidentielle Ivoirienne d’octobre 2025.

La déclaration publiée sur Facebook le 04 mai 2025 a totalisé 91 partages, 136 commentaires et 515 Likes à la date du 08 mai 2025. 

Source : capture d’écran publication Facebook

Contacté au sujet de la source des statistiques qu’il a données, Donatien Robé nous a confirmé ses propos tout en précisant que sa déclaration s’appuie sur des chiffres officiels. Il nous a indiqué : “ces statistiques viennent des chiffres du ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA)”.

VÉRIFICATION  

La Direction des Études, des Stratégies, de la Planification et des Statistiques (DESPS) du ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation a reconnu l’exactitude de ces statistiques, dans la mesure où, les chiffres avancés par le candidat à la présidentielle d’octobre 2025, Donatien Robé, sont les mêmes collectés par le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (voir graphique).

Source : l’annuaire statistique 2023-2024 du ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation (MENA).

Le directeur des études, des stratégies, de la planification et des statistiques (DESPS), Métié Inza, confirme “Donatien Robé tout en précisant que, l’annuaire statistique 2023-2024 du ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA), “est un recueil de données conçu dans son format actuel pour permettre à tous les acteurs et partenaires du système éducatif, de disposer de données statistiques scolaires en tout lieu et en tout temps”, Méité Inza a soutenu que “l’État ivoirien travaille de manière efficace et efficiente pour atteindre les objectifs, à savoir inverser la tendance de ces chiffres actuels”.

La Direction des Études, des Stratégies, de la Planification et des Statistiques (DESPS) du ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA), qui publie chaque année des statistiques scolaires par cycle d’enseignement et par structures, a donc confirmé que dans le secondaire général, le privé compte plus d’établissements que le public.

L’État de Côte d’Ivoire a inscrit l’éducation et la formation de l’élite de demain au cœur de ses priorités. 

Selon la direction de la communication du ministère de la communication, porte-parole du gouvernement (DIRCOM) “en moins de 14 ans, le nombre de collèges et lycées publics est passé de 294 à 902”. 

CONCLUSION  

Les données avancées par Donatien Robé, candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire, sont exactes. Elles sont tirées de l’annuaire statistique 2023-2024 du ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA).

Article réalisé par Frédéric Goré-Bi dans le cadre de la bourse 2025 du Centre pour le journalisme, l’innovation et le développement (CJID)

Autre articles

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FAIT : Dans une publication sur X, un compte dénommé Zone presse qui comptabilise plus de 669 000 abonnés, a publié une information faisant état d’une évasion de terroriste en Côte d’Ivoire. Selon la publication, je cite : “Des terroristes peuhls capturés en Côte d’Ivoire se sont évadés de la gendarmerie de Téhini, semant l’alerte parmi la population. Selon une source, ces individus, poursuivis par le BIR du Burkina Faso, ont fui vers le territoire ivoirien avant d’être arrêtés. Ce samedi, le commandant de brigade a confirmé leur évasion, mettant la région en état d’alerte. Nous avons obtenu des photos exclusives de ces terroristes en fuite, publiées pour informer le public. L’enquête sur cette évasion spectaculaire se poursuit”.

Source : Compte X de Zone Presse

VERDICT : FAUX. La déclaration est fausse même si elle a été reprise par plusieurs pages Facebook. La Gendarmerie nationale de Côte d’Ivoire et le ministère ivoirien de la Défense réfutent vigoureusement cette information, qu’ils considèrent comme une fausse information. 

Avec plus de 669 000 abonnés, Zone presse se présente comme un média indépendant qui a rejoint la plateforme de microblogging en juillet 2017. Un compte Tiktok qui accompagne celui de Twitter avec la même appellation, n’existe plus bien que le lien soit toujours disponible sur le réseau social de microblog.

L’information publiée sur X le dimanche 25 mai 2025 a totalisé 67 Retweets, 175 J’aime, 62 commentaires et a été vue par plus de 30 000 personnes à la date du 10 juin 2025. Elle a été reprise par plusieurs comptes Facebook, notamment celui baptisé Fils du Sahel, créée le 14 décembre 2023 et qui totalise 91 000 abonnées. On note cependant des récits avec des détails différents d’une publication à une autre.  

Contacté via sa messagerie privée le dimanche 25 mai 2025 à 22 heures 27 minutes, l’administrateur de ce compte X, n’a pas répondu à notre sollicitation, notamment au sujet de la source de sa publication.

VÉRIFICATION

Le service de communication de la Gendarmerie Nationale de Côte d’Ivoire (SECOM-GN) par la voix de son premier responsable, le Commandant Zana Ouattara, s’est dit étonné de l’existence d’une telle information. “Je ne suis pas informé qu’il y a eu une évasion à Téhini et si tel était le cas, la Gendarmerie qui est une institution responsable et respectable, allait réagir à travers ses canaux officiels de communication”, a indiqué l’officier de la Maréchaussée ivoirienne. 

Une thèse que corrobore le Lieutenant-Colonel, Martin Kouadio du cabinet du Commandant supérieur de la Gendarmerie (CSG) Nationale de Côte d’Ivoire chargé du protocole.  Contacté via WhatsApp, cet officier supérieur, actuellement en France à la faveur du 65ᵉ pèlerinage militaire international (PMI) de Lourdes, nous a dit que cette information n’est pas crédible. “Je ne suis pas du tout informé d’une telle situation au sein de la gendarmerie”, a-t-il déclaré d’emblée avant de préciser “l’existence d’un tel scénario, me serait parvenue même étant à l’extérieur du pays. Jusqu’ici, je n’ai pas été saisi par mes collaborateurs”.

Une troisième source, l’Adjudant Djo Bi Djo Alexis, Reporter-cameraman et photographe au Bureau d’information et presse des armées (BIPA), nous a affirmé : “cette affaire n’a jamais existée sauf dans l’esprit malsain de ceux qui l’ont fabriquée de toute pièce”. Il en veut pour preuve “le mutisme de la Gendarmerie, de l’État-Major général des armées et du ministère d’Etat, ministère de la Défense depuis la publication sur les réseaux sociaux de cette fake news”.

CONCLUSION

L’information donnée par Zone Presse et reprise par plusieurs activistes et blogueurs avec comme principal un certain SOULEY DEPARIS B-52 LE FRAPPONEUR est fausse. 

Article réalisé par Frédéric Goré-Bi dans le cadre de la bourse 2025 du Centre pour le journalisme, l’innovation et le développement (CJID)

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Lundi 27 octobre, le président sortant Paul Biya a officiellement été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle camerounaise par le Conseil constitutionnel. Ce résultat est contesté par son principal opposant, Issa Tchiroma Bakary, qui dénonce des irrégularités et affirme craindre pour sa sécurité, alors que des émeutes meurtrières ont secoué le Cameroun pendant plusieurs jours. C’est dans ce contexte qu’une vidéo « aimée » des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux prétend montrer Issa Tchiroma protégé par l’armée tchadienne. Mais c’est faux : cette séquence montre en réalité des policiers au Nigeria rendant hommage à une haute autorité locale. Elle n’a aucun lien avec le contexte électoral camerounais.

Deux jours après le scrutin du 12 octobre, le candidat Issa Tchiroma Bakary s’est autoproclamé vainqueur de la présidentielle, affirmant avoir obtenu la grande majorité des suffrages parmi les huit millions d’électeurs camerounais. 

Mais c’est finalement le président sortant Paul Biya, 92 ans, qui a remporté l’élection avec 53,66 % des suffrages, a indiqué le 27 octobre le Conseil constitutionnel. L’homme politique, au pouvoir depuis 43 ans, entame ainsi son huitième mandat (dépêche AFP archivée ici). 

Un résultat que conteste toujours Issa Tchiroma, arrivé deuxième avec 35,19% des voix. L’ex-ministre, que ses partisans désignent sous le terme de « président élu », dénonce de nombreuses irrégularités dans le scrutin. Retranché depuis la fin de la campagne électorale dans son domicile de Garoua, Issa Tchiroma avait indiqué à plusieurs reprises craindre pour sa sécurité, avant de déclarer ce 31 octobre être en lieu sûr (lien archivé ici).

Il avait notamment affirmé dans une vidéo face caméra diffusée le 26 octobre avoir échappé à une « conspiration » visant à l’enlever (vidéo archivée ici). Dans d’autres publications, il assurait que les forces gouvernementales « tir[ai]ent sur des civils » réunis autour de son domicile (lien archivé ici). 

C’est dans ce contexte que des publications cumulant des dizaines de milliers de « likes » affirment depuis le 19 octobre qu’Issa Tchiroma serait protégé par l’armée tchadienne, vidéo à l’appui (archivé ici et ici). 

« Le président élu », comme l’appellent ses partisans, « est gardé par l’armée tchadienne », expose ainsi une publication Facebook ayant récolté plus de 30.000 mentions « j’aime » (archivée ici). Une chaîne YouTube intitulée « Issa Bakary Tchiroma » relaie aussi cette assertion, indiquant de façon encore plus explicite que « Issac Bakary Tchiroma » [sic] est « gardé par l’armée tchadienne » (archivée ici). 

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Captures d’écran montrant une publication sur YouTube (à gauche) et une publication Facebook (à droite), prises le 30 octobre 2025 /
Croix rouges ajoutées par la rédaction de l’AFP.

Toutes ces publications avancent comme preuve une vidéo où l’on voit quatre hommes en uniforme saluer un groupe d’hommes en boubous, dans un salon richement décoré. Trois d’entre eux sont assis à même le tapis, tandis que le quatrième, visiblement l’invité d’honneur, est installé sur un canapé, les pieds posés sur un pouf.

Mais aucun des hommes sur la vidéo n’est Issa Tchiroma et celle-ci n’a rien à voir avec le contexte électoral camerounais. Elle a en réalité été tournée au Nigeria et montre des hommes de la police nigériane en train de saluer une haute autorité locale. 

Vidéo tournée au Nigeria

Afin d’avoir plus d’informations sur les prétendus soldats visibles sur la vidéo, on s’intéresse à leur uniforme. On se rend rapidement compte qu’il ne correspond pas à celui porté dans l’armée tchadienne, visible par exemple dans une publication sur la page Facebook du président tchadien, Idriss Déby Itno (lien archivé ici).

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Comparatif entre les tenues de forces armées visibles dans une publication virale sur Facebook (à gauche) et celles de l’armée tchadienne,
visibles sur la page officielle du président du Tchad (à droite) / Captures d’écran réalisées le 30 octobre 2025.

Plusieurs internautes indiquent en commentaire que la vidéo aurait en réalité été tournée au Nigeria. Interrogé par AFP Factuel, un journaliste de l’AFP basé à Lagos, l’une des principales villes du Nigeria, confirme cette intuition et assure que les écussons visibles sur l’uniforme sont ceux de la police nigériane. 

Une fois cela en tête, on cherche sur internet des images de ladite police. Des banques d’images en ligne nous confirment que cet écusson bleu-jaune-vert est en effet porté par certains membres de la police nigériane (lien archivé ici). 

D’autres recherches nous permettent de trouver l’unité spécifique à laquelle appartiennent les hommes visibles sur la vidéo. Il s’agit de la SPU, Special Protection Unit, une division de la police nigériane spécialisée dans la protection des personnalités et des sites sensibles. On reconnaît leurs casques bleus caractéristiques dans des photos officielles publiées sur X par le gouvernement nigérian (lien archivé ici). 

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Comparaison entre les tenues de forces armées visibles dans la vidéo virale au Cameroun (à gauche) et celles des policiers nigérians membres du SPU,
telles que montrées dans une publication sur X du gouvernement nigérian (à droite) / Captures d’écran réalisées le 31 octobre 2025.

Reste à savoir qui figure sur la vidéo et où elle a été précisément tournée au Nigeria. Un internaute suggère en commentaire qu’elle montrerait entre autres un gouverneur du nord du Nigeria. 

Nous avons ensuite dressé la liste de la vingtaine de gouverneurs en fonction dans le nord du Nigeria. Une recherche sur l’un d’entre eux, Ahmadu Umaru Fintiri, fait apparaître un post sur X où il pose aux côtés d’un homme portant des lunettes noires qui ressemble beaucoup à la personnalité centrale visible dans la vidéo virale (lien archivé ici).

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Capture d’écran montrant les résultats d’une recherche sur Google, réalisée le 28 octobre 2025 / Encadré rouge ajouté par la rédaction de l’AFP.

Il y est identifié comme Muhammadu Barkindo Aliyu Mustapha, le lamido d’Adamawa, l’une des plus hautes autorités traditionnelles et musulmanes du nord du Nigeria.

Une autorité traditionnelle nigériane 

Une recherche Google ciblée sur Muhammadu Barkindo Aliyu Mustapha mène à une page Facebook dédiée à son actualité. On y trouve deux séries de photos publiées ici et ici le 9 octobre 2025, soit une dizaine de jours avant que la vidéo montrant la même scène ne soit largement diffusée au Cameroun de façon décontextualisée (liens archivés ici et ici).

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpermalink.php%3Fstory_fbid%3Dpfbid0YPeJdXGRbK1ddgPJ82LmnPhDyyRNnChC7iwKz2tTtKQoWpXRKpZBMXnD2Rqee3pfl%26id%3D61553619014493&show_text=true&width=500

On y reconnaît distinctement les trois hommes vêtus de boubous blanc, bleu et rose clair, les canapés beiges à rebords marron foncé, les décorations au mur, ainsi que le tapis et les poufs aux motifs spécifiques verts, blancs et or.

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Comparaison entre une publication Facebook affirmant montrer Issa Tchiroma (à gauche) et une publication Facebook antérieure montrant une réception au Nigeria (à droite) / Encadré en rouge par l’AFP: le lamido d’Adamawa, Muhammadu Barkindo Aliyu / Encadré jaune: l’homme d’affaires Musa Halilu Ahmad

La publication indique que ces photos ont été prises lorsque le lamido d’Adamawa Muhammadu Barkindo Aliyu, en lunettes noires, a rendu visite à l’homme d’affaires Musa Halilu Ahmad à son domicile situé à Yola, capitale de l’État d’Adamawa, dans le nord-est du pays. Quelques recherches en ligne nous confirment l’identité des deux hommes, reconnaissables notamment dans ce post X pour le premier, et sur son compte Instagram pour le second. 

Contacté par l’AFP, l’administrateur de la page qui relaie les activités du lamido d’Adamawa, Khalifa Muhammad Bello, confirme que l’homme en boubou blanc présent dans la vidéo actuellement virale au Cameroun « est bien Muhammadu Barkindo Aliyu, et non Issa Tchiroma Bakary »

Celui est qui est plus globalement son chargé des relations publiques a indiqué à l’AFP que la séquence montre le moment où, selon la tradition, tout le personnel de la maisonnée – dont les policiers chargés d’assurer la sécurité de l’hôte – rendait hommage à la haute autorité qu’est le lamido, lors de sa visite du 9 octobre 2025 à Yola.

On retrouve sur internet une autre vidéo qui montre presque la même scène, mais filmée sous un angle différent et avec d’autres membres du personnel (vidéo archivée ici). On y reconnaît les mêmes quatre hommes et le même décor. Diffusée elle aussi le 9 octobre par un internaute dont le profil indique qu’il réside à Yola, elle accrédite tous les éléments avancés par le chargé de relations publiques du lamido d’Adamawa.

La vidéo qui est actuellement virale au Cameroun montre donc une entrevue entre deux hommes importants du Nigeria, survenue le 9 octobre 2025 dans la ville de Yola. Elle n’a rien à voir avec l’opposant camerounais Issa Tchiroma ni le contexte de tensions post-électorales dans le pays.

Violences post-électorales

Après la fin de la campagne présidentielle au Cameroun, Issa Tchiroma est retourné à Garoua, son fief et ville natale. C’est de là qu’il a pendant plusieurs jours continué de dénoncer ce qu’il considère comme une « mascarade » électorale, avant d’être selon ses dernières déclarations « conduit dans un lieu sûr » (lien archivé ici).

« Nous avons gagné de manière indubitable« , maintenait-il lorsqu’il que l’AFP l’a joint lundi 27 octobre par téléphone pour recueillir sa réaction à l’annonce officielle des résultats donnant Paul Biya vainqueur (dépêche AFP archivée ici).

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Issa Tchiroma Bakary, candidat FNSC à la présidentielle, filmé dans sa résidence de Yaoundé, le 25 août 2025. (AFP / DANIEL BELOUMOU OLOMO)

L’ex-ministre, qui a occupé plusieurs postes sous les précédents mandats de Paul Biya, dont ceux des Transports et de la Communication, a affirmé à cette occasion à l’AFP qu’il y aurait eu « deux morts » parmi les manifestants regroupés autour de son domicile à Garoua et qu’ »une dizaine de snipers » serait postée sur les toits autour de sa résidence.

Le gouvernement camerounais a reconnu le 28 octobre des morts lors de manifestations, sans toutefois dater les violences, ni fournir de bilan précis. Dans une déclaration officielle publiée le 26 octobre, le gouverneur de la région du Littoral a lui fait état de quatre morts à la suite de l’attaque d’une brigade de gendarmerie et d’un commissariat de police à Douala (lien archivé ici).

L’Union africaine a appelé au dialogue, se disant « vivement préoccupée par les violences, la répression et les arrestations signalées de manifestants et d’acteurs politiques suite aux résultats des élections« . 

La situation reste scrutée par la communauté internationale. L’Union européenne a notamment déploré le « recours excessif à la violence » des forces de sécurité camerounaises, quand l’’ONU a appelé « à l’ouverture d’enquêtes et à la fin des violences« .

Au matin du mercredi 29 octobre, les boutiques et marchés rouvraient progressivement, accueillant une petite affluence dans les villes de Douala et Yaoundé, où la présence des forces de sécurité restait importante.

afp factuel

Près de neuf millions d’électeurs ivoiriens se sont rendus aux urnes samedi 25 octobre 2025 et ont réélu pour un quatrième mandat le président sortant Alassane Ouattara. Si le scrutin s’est déroulé globalement dans le calme, de nombreuses fausses informations diffusées le jour de l’élection ont tenté de faire croire à de graves perturbations, affirmant tantôt qu’un ministre aurait été tué, tantôt que des bureaux de vote seraient en feu ou encore que l’armée française interviendrait à côté de la Commission électorale indépendante. Ces infox avaient pour but « de perturber le scrutin » et de « créer la panique« , selon les conclusions d’une mission d’observation citoyenne.

Les résultats finaux de la présidentielle en Côte d’Ivoire sont tombés lundi 27 octobre : le président sortant Alassane Ouattara, 83 ans, a été réélu dès le premier tour pour un quatrième mandat, sur un score écrasant accompagné cependant de presque 50% d’abstention (dépêche AFP archivée ici). 

Le climat politique était très tendu depuis plusieurs semaines, après que les deux principaux leaders d’opposition – l’ex-président Laurent Gbagbo et le banquier international Tidjane Thiam – ont été exclus du scrutin. Au total, au moins dix personnes sont mortes depuis mi-octobre dans des évènements liés au processus électoral.

Malgré cela, le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme samedi 25 octobre. Quelques heurts ont éclatés dans certaines localités du sud et de l’ouest, mais sans « incidence majeure sur le déroulement du scrutin« , selon le ministre de l’Intérieur Vagondo Diomandé.

Cependant, des désinformateurs ont tenté de brosser en ligne un plus sombre tableau, à l’opposé de la réalité. 

C’est ce que relevait le Consortium des Organisations de la Société Civile pour les Elections en Côte d’Ivoire (COSCELCI), affirmant dans un communiqué publié le 27 octobre que le jour de l’élection avait « été marqué par une prolifération de fausses informations construites pour manipuler l’opinion et entretenir la confusion » (lien archivé ici). 

Des internautes ont ainsi tenté pêle-mêle de faire croire qu’un ministre aurait été tué dans une attaque, que des bureaux de vote auraient été incendiés ou saccagés, ou bien encore que l’armée française aurait été déployée à proximité de la Commission électorale indépendante. 

Toutes ces affirmations sont fausses et les images invoquées comme preuves sont souvent en réalité bien plus anciennes et décontextualisées, a prouvé AFP Factuel grâce à des enquêtes en ligne et sur le terrain. 

Derrière la propagation de ces infox, on retrouve selon plusieurs sources locales des acteurs nationaux, mais aussi et surtout une ingérence étrangère, en particulier en provenance des pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

Pas d’attaque meurtrière contre le ministre de la Défense

De nombreuses pages Facebook basées au Mali et au Burkina Faso ont affirmé samedi dès 11H30 GMT que le convoi du ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, avait été attaqué, sous-entendant que celui-ci serait mort (liens archivés iciiciici et ici).

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Capture d’écran d’une publication Facebook, effectuée le 28 octobre 2025 / Croix rouge rajoutée par la rédaction de l’AFP.

« Le convoi de Thené Brahima [sic] a été pris pour cible par des individus non identifiés. Deux des véhicules incendiés et leurs occupants ont perdus la vie » [sic], indique ainsi cette publication Facebook qui a suscité plus de 600 réactions (lien archivé ici). L’attaque aurait soi-disant eu lieu alors que le ministre et frère du président Alassane Ouattara se rendait « à un bureau de vote« , selon les textes partagés sur Facebook. 

Mais c’est faux, le ministre de la Défense n’est pas décédé dans une pseudo attaque de son convoi alors qu’il se rendait aux urnes. 

Ces publications sont erronées tout d’abord car à l’heure où elles ont commencé à circuler, Téné Birahima Ouattara avait déjà voté dans un bureau de vote situé à Kong, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Des images partagées sur sa page Facebook officielle à 10H02 GMT le montrent en train de voter dans ledit bureau de vote (publication archivée ici).

La mort d’un ministre en exercice, qui plus est frère du président, aurait été officiellement annoncée par le gouvernement et largement couverte par les médias. Mais plus de quatre jours après cette prétendue attaque, on ne retrouve aucune trace d’articles à ce sujet sur des sites fiables d’informations. Bien que Téné Birahima Ouattara ne soit pas apparu en public depuis la proclamation des résultats, plusieurs journalistes ont indiqué à l’AFP lui avoir directement parlé ces derniers jours.

Par ailleurs, l’image censée montrer l’attaque de son convoi ne date pas du samedi 25 octobre 2025 : elle est bien plus ancienne et décontextualisée.

Une recherche inversée d’image avec le moteur de recherche Google permet de constater que ce cliché servait déjà d’image d’illustration en octobre 2020 pour des articles du Figaro, de La Croix et du site Le360 évoquant des manifestations survenues en Côte d’Ivoire lors du précédent scrutin présidentiel (liens archivés iciici et ici).

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Capture d’écran d’un article du Figaro datant de 2020, effectuée le 28 octobre 2025 / Encadrés verts ajoutés par la rédaction de l’AFP.

Selon la légende, ce cliché a été pris par un photographe nommé Legnan Koula pour l’agence EPA, le 19 octobre 2020. Grâce à ces informations, on retrouve sur le site de la European Pressphoto Agency le cliché en question (lien archivé ici). La légende précise en effet que la photo montre un bus incendié lors de manifestations contre Ouattara survenues en 2020, lors du précédent scrutin présidentiel.

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Capture d’écran d’une recherche sur le site de l’agence EPA, réalisée le 27 octobre 2025 / Encadrés verts rajoutés par la rédaction de l’AFP.

Ce cliché n’a donc aucun lien avec l’élection présidentielle actuelle, et rien n’indique que le ministre de la Défense aurait été attaqué le jour de l’élection.

De vieilles images pour faire croire à des violences visant des bureaux de vote 

Plusieurs autres images décontextualisées ont été utilisées au cours de la journée du scrutin, cette fois-ci pour faire croire à de graves perturbations à proximité de plusieurs bureaux de vote. 

Ainsi, des publications partageant une photo d’une rue avec des objets qui brûlent affirment que « les responsables des bureaux de votes à Gagnoa et Toumodi », deux villes situés respectivement à l’ouest et au centre du pays, « ont été chassés et les lieux SACAGÉS » (liens archivés ici et ici). « La tension continue de gagner du terrain« , conclue par exemple cette publication alarmiste qui cumule plus de 2.600 mentions « j’aime ». 

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Capture d’écran d’une publication Facebook, effectuée le 28 octobre 2025 / Croix rouge rajoutée par la rédaction de l’AFP.

Depuis le lancement de la campagne présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire, plusieurs incidents ont été effectivement signalés dans des villes comme Yamoussoukro, Jacqueville ou Bonoua (123).

Cependant, l’affirmation selon laquelle il y aurait eu des violences le jour du scrutin dans les villes de Gagnoa et Toumodi est infondée. Une recherche d’image inversée effectuée grâce à Microsoft Bing nous indique que l’image avancée comme preuve a été prise au Togo

On retrouve en effet le cliché dans cet article de la BBC publié le 30 juin 2025 ou dans cet autre article du média allemand Deutsche Welle datant du 6 août 2025 (liens archivés ici et ici). Dans les deux cas, le cliché est utilisé comme image d’illustration pour évoquer la violente répression au Togo de manifestations contre le président Faure Gnassingbé, durant lesquelles au moins cinq personnes avaient à l’époque perdu la vie. 

Les légendes précisent que la photo a été prise par la photographe Alice Lawson, pour l’agence de presse Reuters. On la retrouve en effet sur le site de Reuters, qui indique que le cliché montre l’incendie de barricades improvisées lors d’une manifestation survenue le 26 juin 2025 dans la capitale de Lomé (lien archivé ici).   

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Capture d’écran du site de Reuters effectuée le 28 octobre 2025 / Encadrés verts rajoutés par la rédaction de l’AFP.

D’autres publications prétendent que des violences auraient lieu dans la commune de Yopougon, considérée comme un bastion de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo (liens archivés iciici et ici). Elles énumèrent plusieurs numéros de bureaux de vote situés à Abidjan, comme dans ce post qui a généré plus de 15.000 réactions et 2.800 commentaires, et affirment, à grand renfort de photos de bâtiment en feu, que ces lieux sont actuellement « incendiés« . 

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Capture d’écran d’une publication Facebook, effectuée le 28 octobre 2025 / Croix rouge ajoutée par la rédaction de l’AFP.

Pour vérifier l’authenticité de cette affirmation, un journaliste d’AFP Factuel s’est rendu dans la commune de Yopougon le 25 octobre et a pu constater que les bureaux de vote indiqués dans ces publications n’avaient pas été incendiés. 

Par ailleurs, les images utilisées pour évoquer ces prétendus incendies n’ont aucun lien avec la Côte d’Ivoire : elles ont été prises pour les deux premières au Cameroun et au Nigeria, a constaté l’AFP grâce à plusieurs recherches d’images inversée. 

La première image, qui montre l’incendie d’un véhicule visible à travers la grille d’une clôture, provient en réalité d’une vidéo publiée le 16 octobre 2025 au Cameroun. Selon la légende, elle montre un incendie survenu au « siège du RDPC » (le parti au pouvoir, NDLR) dans la ville de Dschang, dans le cadre des violences post-électorales liées à la présidentielle camerounaise du 11 octobre 2025 (vidéo archivée ici). Grâce aux plans plus larges de la vidéo originale, on distingue effectivement sur le bâtiment des néons « RDPC » et « section Menoua« , département de l’ouest du Cameroun dans lequel est effectivement située la ville de Dschang.

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Comparaison entre l’image d’une publication Facebook affirmant qu’il s’agit d’un bureau de vote à Abidjan (à gauche) et la vidéo d’une publication Facebook affirmant qu’elle a été filmée au Cameroun (à droite) / Captures d’écran réalisées le 28 octobre 2025 / Encadrés bleus ajoutés par la rédaction de l’AFP.

La deuxième image montrant un bâtiment en feu est aussi ancienne et décontextualisée. Grâce à une recherche d’image inversée réalisée via le moteur de recherche Yandex, on retrouve sur TikTok la vidéo dont elle est tirée (lien archivé ici). Cette vidéo, publiée le 13 mai 2025, a été prise d’après les hastags présents dans la publication à Lagos, au Nigeria. « Ma maison était littéralement en feu cette nuit-là. Grâce à Dieu, personne n’est mort« , indique en anglais la légende. 

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Comparaison entre l’image partagée dans une publication Facebook affirmant qu’il s’agit d’un bureau de vote en feu à Abidjan (à gauche)
et la vidéo TikTok filmée au Nigeria (à droite) / Captures d’écran réalisées le 28 octobre 2025 / Encadrés de couleurs rajoutés par la rédaction de l’AFP.

AFP Factuel n’a pas réussi à authentifier la dernière photo, en raison de sa mauvaise qualité. 

Intervention de l’armée française à Abidjan ? Faux

Une autre publication sur Facebook affirme, images de militaires à l’appui, que la France aurait déployé des soldats à Abidjan, plus précisément « aux alentours du lycée Sainte-Marie à côté de la CEI”, soit la Commission électorale indépendante (lien archivé ici).

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Capture d’écran d’une publication Facebook, effectuée le 28 octobre 2025 / Croix rouge rajoutée par la rédaction de l’AFP.

Cette affirmation met déjà la puce à l’oreille, car elle révèle une mauvaise connaissance de la cartographie d’Abidjan, puisque le lycée Sainte-Marie – connu pour être le lieu de vote d’Alassane Ouattara – n’est pas situé à côté du siège de la CEI. Les deux lieux sont en réalité séparés de plusieurs kilomètres, comme le montre cette capture d’écran Google Map.

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Capture d’écran d’un recherche effectuée sur Google Map, effectuée le 28 octobre 2025

Contactée par AFP Factuel, l’armée française a démenti être intervenue à Abidjan ou bien ailleurs dans le pays durant ce week-end d’élection. « Les armées françaises ne mènent actuellement aucune activité opérationnelle avec les Forces armées de Côte d’Ivoire, et cela depuis plusieurs mois », a ainsi indiqué à l’AFP une porte-parole de l’État major des Armées françaises. 

Les images diffusées à l’appui de cette fausse information, dont l’AFP n’a pas retrouvé l’origine, « semblent être un reportage datant probablement de l’opération LICORNE en 2004″ et remontent de façon certaine « au début des années 2000″, estime la même source, se basant pour cela sur les tenues des militaires visibles sur les photos : »utilisées par les armées françaises entre 1994 et 2010″, elles ne le sont plus de nos jours. 

Outre l’armée, plusieurs sources ivoiriennes ont confirmé qu’aucun soldat français n’avait été aperçu le 25 octobre dans les zones évoquées. « Il n’y a pas eu de soldat français aux alentours du lycée Sainte-Marie, idem pour la Commission électorale indépendante« , « c’est archi-faux« , a ainsi indiqué à l’AFP le responsable de la communication de la CEI, Inza Kigbafory.

De même, l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) – organisme d’état chargé de lutter contre la désinformation en Côte d’Ivoire – a elle aussi dénoncé dès le 25 octobre 2025 une « fausse information« . « Aucune présence de troupes étrangères n’a ni été signalée, ni été confirmée par les forces de l’ordre », a-t-elle démenti dans une publication sur sa page Facebook Alertes 100 (lien archivé ici). 

« Il s’agit d’une manipulation et d’une tentative de désinformation, visant à semer la panique et à troubler l’ordre public à Abidjan », a ajouté l’organisme. 

« Décrédibiliser le scrutin »

Les fausses rumeurs d’intervention de la France, l’utilisation d’images décontextualisées pour faire croire à des violences aux abords des bureaux de vote ou encore à de graves accidents constituent des éléments de désinformation graves en contexte électoral. Ces infox sont identifiées par différentes organisations locales comme des tentatives de perturbation du scrutin. 

« De notre observation, les fausses informations diffusées dans le cadre de cette élection visaient surtout à décrédibiliser l’intégrité du scrutin et à semer la panique auprès de la population », a ainsi indiqué à l’AFP Valdez Onanina, chef du bureau d’Africa Check pour l’Afrique francophone.

Semer le doute sur la sécurité à proximité des bureaux de vote peut ainsi avoir pour conséquence d’effrayer les votants potentiels et d’augmenter le taux d’abstention. « L’abstention lors des élections nationales récentes en Afrique est passée de 18,2 % en 2001 à 24,7 % en 2023« , soulignait ainsi en 2024 une étude de l’Institut d’Etudes de Sécurité (ISS), pour qui la désinformation est une des « tendances négatives » qui « mettent en péril la démocratie sur l’ensemble du continent » (lien archivé ici). 

L’essentiel des narratifs qui ont visé cette fois-ci le scrutin ivoirien étaient structurés autour de quatre axes principaux, selon le compte-rendu du Consortium des organisations de la société civile pour les élections en Côte d’Ivoire (COSCEL-CI) : la dégradation de la situation sécuritaire, le report ou de l’annulation supposé des élections, l’ingérence française via une présence militaire ou des pressions politiques, et enfin des fausses annonces nécrologique ou d’agression ciblant des personnalités publiques (lien archivé ici).

« Deux dynamiques principales ont structuré cette désinformation : la manipulation interne et l’ingérence étrangère », a par ailleurs relevé le COSCEL dans son communiqué publié après l’élection. Valdez Onanina estime lui plutôt que « la plupart des publications trompeuses émanaient de profils basés en dehors de la Côte d’Ivoire« . 

« Les acteurs les plus actifs provenaient majoritairement de l’espace AES (Burkina Faso, Mali, Niger), déjà connus pour leurs opérations récurrentes de manipulation d’information et d’interférence étrangère »,  a indiqué à l’AFP Drissa Soulama, coordonnateur du COSCEL-CI.

Depuis le début de la campagne électorale, de très nombreuses vagues coordonnées de désinformation en provenance des Etats de l’AES ont frappé la Côte d’Ivoire (dépêche AFP archivée ici). Des comptes soutenant les juntes du Burkina, du Mali ou du Niger relaient quotidiennement des infox susceptibles de nuire au pouvoir ivoirien, visé pour ses bonnes relations avec l’ex-puissance coloniale française et son intransigeance face aux coups d’Etat militaires survenus dans ces trois pays entre 2020 et 2022.

AFP Factuel a déconstruit nombre de fausses informations sur l’élection présidentielle ivoirienne, pour beaucoup véhiculées par des comptes liés aux pays de l’AES (123456).

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