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« L’une de mes priorités, c’est d’aider nos Etats à sortir des problèmes liés à la dette », Samuel Maimbo, candidat à la présidence de la BAD 2025

La 60è Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque Africaine de Développement et la 51e Assemblée annuelle du

La 60è Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque Africaine de Développement et la 51e Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement se tiendront au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 26 au 30 mai 2025. Cette rencontre va permettre d’élire le nouveau président de l’institution pour un mandat de 05 ans. Parmi les candidats déclarés, Samuel Munzele Maimbo, économiste zambien de renommée internationale, figure dans le short liste des 05. Présent dans la capitale économique Ivoirienne dans le cadre du 12è Africa CEO Forum, ils nous accordé une interview dans laquelle, il a exprimé son désir d’aider les Etats africains à sortir des problèmes liés à la dette.

Bonjour Samuel Maimbo, vous êtes candidats à la présidence du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD), au cours de l’assemblée générale annuelle prévue du 26 au 30 mai prochain, à Abidjan. Dites-nous, quelles sont vos motivations ?

Nous avons plus de 15 pays qui croissent à plus de 6 % par an. Nous avons la plus jeune population au monde qui va définir notre avenir.

Nous avons tous les ressources et les minéraux sur le continent pour définir notre croissance mais, ma préoccupation vient du fait que le continent ne croît pas assez rapidement. À ce rythme, nous ne pourrons pas s’assurer que toutes les personnes sur le continent aient une bonne qualité de vie.

Donc, ma motivation principale est de travailler avec la BAD, de lier des partenariats avec le secteur privé, avec les gouvernements pour s’assurer que nous faisons les bons investissements dans tous les secteurs clés et que cela augmente significativement notre croissance, à tous les niveaux à savoir l’infrastructure, l’énergie, l’agriculture et le plus important, l’amélioration de la croissance et de l’exportation sur le continent.

  • Quelle est votre vision pour la BAD et le développement de l’Afrique en particulier ?

Ce que nous devons faire maintenant, c’est d’aller de l’avant, afin de s’assurer que la Banque Africaine de Développement (BAD), soit régulée comme une première institution de développement, une institution qui crée des partenariats avec d’autres institutions financières africaines, mais aussi avec d’autres institutions à travers le monde. Nous devons guider l’avenir, en facilitant l’investissement pour le secteur privé sur le continent.

En gros, la vision que j’ai pour la BAD c’est de faire en sorte qu’elle ait des objectifs pour le continent afin de pouvoir mieux identifier les secteurs où la croissance va éclore pour nos jeunes. Et cette croissance va venir dans des secteurs traditionnels, comme la mine et l’agriculture, mais aussi des nouveaux secteurs, comme la création d’œuvre de l’esprit. La vérité est que nos jeunes font déjà beaucoup de choses.

Notre responsabilité en tant qu’institution de développement, soutenant les gouvernements, c’est que beaucoup d’entre eux savent exactement ce qu’ils veulent, et nous appartient de les soutenir. Et ce soutien vient en trois formes basiques. D’abord, par des ressources de financement significativement plus élevées.

Ensuite, par les infrastructures, afin qu’ils puissent recevoir les facilités nécessaires pour le développement. Et enfin, on doit investir dans le capital humain, parce qu’au final, pour l’Afrique, le développement sera déterminé par nos jeunes.

  • Quelles sont les grandes articulations de votre programme et quelles seront les priorités, si vous êtes élu président ?

J’ai trois priorités principales Banque Africaine de Développement (BAD). La première, c’est de se rassurer qu’elle soit régulée comme une première institution, qu’on a une équipe de leadership diversifiée qui peut parler au nom de l’institution, même si je n’y suis pas. La deuxième priorité, c’est de soutenir les gouvernements, de travailler à améliorer les difficultés des populations. Nous avons trop de gouvernements qui sont confrontés à des problèmes liés à la dette.

Nous avons beaucoup de gouvernements qui subissent les affres du changement climatique, avec des inondations. Nous avons beaucoup de gouvernements qui ont la pression d’une population jeune, qui a envie de créer, qui a envie d’obtenir des emplois et nous devons aider ces Etats à atteindre leurs objectifs. La troisième priorité pour moi, comme je l’ai mentionné auparavant, c’est la croissance.

Mais la croissance, spécifiquement en ce qui concerne le commerce intercontinental. La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), est la meilleure façon pour nous d’accélérer notre croissance. La façon de faire cela, c’est de s’assurer que nous agissons avec les contraintes d’infrastructures qui font qu’il est difficile pour nous d’agir avec l’un avec l’autre, d’agir avec les contraintes de données qui limitent notre capacité à partager l’information aussi rapidement que possible.

Mais en suivant ces trois priorités, nous devons investir dans les secteurs traditionnels, comme la mine et l’agriculture, mais aussi dans les secteurs nouveaux, comme les sports et le cinéma.

  • Vous avez parlé de plusieurs projets. Ce que j’ai retenu, c’est celui sur le changement climatique. Comment comptez-vous mobiliser les ressources, non seulement pour résoudre la crise climatique mais aussi pour aider les jeunes à pouvoir mieux s’insérer dans le tissu social ?

Nous vivons dans un environnement très difficile. Réussir à intégrer les ressources va être beaucoup plus difficile qu’il l’était dans le passé. Nous savons tous qu’il y a eu des coupes récentes dans le financement concessionnel, tout au long de l’espace de développement, pour le climat, la santé et d’autres secteurs.

Mais ces développements ne sont pas nouveaux. Ils ont été en cours depuis les cinq dernières années ou plus. La responsabilité du Banque africaine de développement est d’urgence diversifier les ressources de financement pour le développement.

  • Quelle sera votre approche en matière de mobilisation de ressources et de financement ?

La diversification de ces ressources signifie un doublement du financement du secteur privé, de travailler avec les fonds d’investissements privés sur le continent, d’établir des papiers secondaires pour qu’ils puissent soutenir le financement pour le développement. La diversification signifie qu’il faut étendre notre plan de balance. Je pense que l’équipe de la Banque Africaine de Développement, doit continuer d’y travailler.

Il faut aussi établir des conventions avec d’autres institutions financières sur le continent, comme l’Afreximbank, la Trade and Development Bank (TDB), la Shelter Afrique et bien d’autres. Nous devons travailler ensemble. Pour moi, il est important d’assurer nos partenariats avec d’autres fonds d’investissements privés.

Je suis très heureux que la Banque mondiale ait pu élever 100 milliards d’euros au cours de la dernière répartition de l’Association internationale de développement (IDA). Le Fonds de Développement africain est en train d’être réparé. Nous devons travailler avec d’autres institutions pour assurer que cela soit bien fait. C’est donc une fonction critique. Mais ce n’est pas seulement pour mobiliser de l’argent pour la Banque, mais plutôt pour le continent.

En ce moment, l’Afrique ne contribue qu’à 3% du marché mondial. Ce n’est pas assez. Nous devons mobiliser de plus en plus de ressources à travers du secteur privé, à travers la mobilisation des ressources domestiques, en travaillant avec les gouvernements pour s’assurer que nous élèverons autant d’argent localement que possible pour les investissements.

Parce que c’est la seule façon de s’assurer que nous puissions accélérer la croissance. Il manque en matière d’économie, il manque de projets pour eux.

  • Il y a aussi des Secteurs non traditionnels qui depuis quelques années, ne cessent prendre de l’ampleur et s’imposer dans l’économie de plusieurs pays africains. Je veux parler du sport et des industries culturelles et créatives. Qu’est-ce que vous prévoyez concrètement, quand on sait que les jeunes sont cette frange de la population qui s’y intéressent véritablement ?

L’industrie sportive et créative est une façon fantastique de développer suffisamment des emplois sur le continent. Chaque fois que vous produisez un film, vous avez environ 100 différents types d’emplois associés à ce film.

Chaque fois que vous pensez au football ou à l’athlétisme, si vous pensez à l’investissement qui va dans l’équipement, dans les institutions physiques, dans l’aspect nutritionnel ou encore dans l’aspect sportif, le nombre d’emplois est significatif. Concrètement, pour l’Afrique, notre rôle est de rassurer que nous fournissions des infrastructures physiques et non-physique pour les sports afin de soutenir ces industries. En ce moment, sur le continent, nous avons au moins trois pays qui investissent plus de 100 millions d’euros par an, en termes de nouveaux stades et d’infrastructures.

Nous devons voir l’Afrique comme un terrain de jeu pour nos jeunes. Nous devons construire et soutenir les pays à développer des centres d’excellence, pour se performer dans le tennis, l’athlétisme et le football, pour que ces académies ne soutiennent pas seulement un seul pays, mais plusieurs. Nous devons aussi travailler sur l’infrastructure, comme les droits de propriété intellectuelle pour s’assurer que la BAD, soutienne les gouvernements avec des lois et des lois qui ne s’appliquent qu’à un seul pays, mais au continent en général, pour que le musicien de Côte d’Ivoire, qui fait de la musique fantastique, sache que son travail sera protégé en Kenya, en Zambie et dans d’autres pays.

En plus, chacune de ces industries nécessite beaucoup d’investissement capitaliste. Nous devons nous rassurer que nous soutenions les gouvernements avec le développement de l’enseignement, avec les compétences d’entraînement vocationnel pour que nous ne traînons pas simplement nos enfants pour des tâches de bureau, mais les apprenons à gérer les étapes, gérer les programmes, gérer les événements. Tout ceci fait partie des programmes vocationnels auxquels, la BAD peut travailler avec les gouvernements pour s’assurer que nous soutenons un centre d’excellence.

  • Comment voyez-vous l’Afrique et la BAD dans dix ans ?

Dans dix ans, je vois une institution et je vois un continent qui est plus confiant pour définir son avenir. Un continent qui trouve des solutions à tous les problèmes africains. Le plus important, d’ici dix ans, je vois une génération de jeunes définir l’avenir de l’Afrique beaucoup plus que ma génération l’a fait. 

Merci.

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