Le 14 février 2008, au petit matin, les Ivoiriens se sont réveillés avec une triste nouvelle, le voyage sans retour d’une artiste, qui avait conquis le cœur des mélomanes. Séka Yaba Joëlle, dite Joëlle C, venait de ranger définitivement le micro et de fermer les rideaux sur sa carrière d’artiste. Un métier pour lequel elle s’était formée durant de nombreuses années, avant de s’affirmer toute seule et de montrer au monde entier ses compétences.
Issue d’une famille de musiciens, Joëlle Séka fait ses armes d’abord comme choriste à l’orchestre Acikongo qu’elle intègre en 1984. Un an après, en 1985, elle rejoint l’orchestre tradi-moderne TP Audiorama, réalisant ainsi l’un de ses rêves qui était de faire partie de ce groupe.
Voyant son talent se dessiner, l’orchestre de l’Armée de l’Air Ivoirienne (GATL), lui fait appel à l’aube des années 1990. Elle continuera cependant à faire ses classes dans d’autres formations musicales comme le « King vision » de Gadji Céli, où elle peaufine son art et grandit musicalement.

1996, la Côte d’Ivoire découvre un nouveau visage féminin, Joëlle Séka, met sur le marché du disque son premier opus baptisé « Ayela », qui malheureusement n’a pas connu le succés escompté.
Mais, la jeune fille de Grand-Akoudzin, née le 13 juillet 1970, ne se décourage pas et décide de continuer la marche. En 1998, elle revient cette fois avec « Jala », un album sur lequel figurait Eleye ye maman, un titre qui connut un franc succés, car dédié aux mamans du monde entier.
A cette étape de sa carrière, Joëlle se dit désormais prête à imposer sa musique et s’érige en digne héritière des plus belles voix féminines de la musique de notre pays.

En 2000, elle vient avec « Yéka », mais la crise socio-politique que vit la Côte d’Ivoire ne lui permet pas de faire entendre cet album. Elle se retranche en France et rentre à Abidjan avec son quatrième bijou, « Prends-moi C’ l’amour », en 2002, qui va la révéler dans toute l’Afrique francophone.
L’album connaît un grand succès et lui offre Le Top d’Or de la meilleure artiste ivoirienne, dans la catégorie variété, pour l’année 2003.
Quatre années après, les fans savouraient encore cet album. Forte de cela, Joëlle C décida de faire un concert. En juillet 2006, elle donna son premier show live au Palais de la Culture.

En septembre 2007, Joëlle C annonce sa rentrée artistique avec un nouvel opus baptisé « Kita ». Une galette de variétés qui comporte 10 titres (Samba II, Seigneur, Elékèké, Amigo, Comme Dieu et Attié Mix, etc).
Se plaignant de fatigue générale, la chanteuse est admise dans une clinique d’Abidjan pour des soins. Mais hélas, la grande faucheuse eut raison d’elle, le jour de la célébration de l’amour, elle qui prônait l’amour, pour en avoir reçu très peu.
Aujourd’hui encore, ses œuvres demeurent et continuent de faire danser les mélomanes amoureux de bonnes musiques et de belles sonorités.