Alors que les urgences sanitaires se multiplient sur le continent, les systèmes de santé africains doivent s’appuyer sur des données fiables et rapidement exploitables pour orienter leurs décisions. La rapidité et la précision de l’analyse deviennent ainsi essentielles pour anticiper les crises, allouer efficacement les ressources et renforcer la réactivité des États face aux menaces épidémiques.
C’est dans ce contexte que le Hub des urgences de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Dakar a organisé, du 24 au 27 novembre, un atelier régional consacré à l’analyse collaborative des données sanitaires. En partenariat avec le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, cette rencontre a réuni des experts techniques venus d’Éthiopie, du Ghana, du Kenya, du Nigéria, de la Sierra Leone et de la Zambie. L’objectif était clair : doter les analystes nationaux de compétences avancées en matière de modélisation, d’interprétation des tendances épidémiques et de communication des résultats.

Durant quatre jours, les participants ont été initiés à des outils permettant d’anticiper les évolutions des crises sanitaires grâce à des modèles prédictifs. À travers des scénarios concrets, ils ont appris à identifier les dynamiques d’une épidémie, à prévoir des trajectoires et à orienter les stratégies de riposte. Cette approche vise à passer d’analyses descriptives, souvent réactives, à une planification proactive capable de guider les ministères de la Santé dans leurs décisions les plus urgentes.
Un volet essentiel de l’atelier a porté sur la communication des résultats. Les données, aussi précises soient-elles, ne peuvent être utiles que si elles sont comprises par les décideurs. Les experts ont donc été formés à transformer des analyses complexes en recommandations claires et directement mobilisables par les autorités politiques.

Au-delà du renforcement des capacités, l’initiative s’inscrit dans une démarche continentale de collaboration. Les analystes des différents pays ont échangé leurs expériences, leurs outils et leurs meilleures pratiques, posant ainsi les bases d’un réseau panafricain de spécialistes de l’analyse sanitaire. Cette coopération doit permettre de renforcer la sécurité sanitaire collective et de réduire la dépendance des pays à l’assistance extérieure.
En investissant dans l’analyse de données et dans la formation des experts nationaux, l’OMS et les États africains entendent bâtir des systèmes de santé plus agiles, mieux préparés et capables de répondre efficacement aux crises futures.