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Depuis le dimanche 18 janvier 2026 et le tir au but manqué du joueur du Real Madrid Brahim Díaz, le geste tourne en boucle et provoque une avalanche de réactions. Tentée dans un moment crucial, sa panenka ratée a relancé un vieux débat du football moderne: jusqu’où peut-on oser dans les instants décisifs? Car tenter ce geste-là, à ce moment précis, peu l’ont fait avant lui. Et comme le rappelle l’histoire, n’est pas Panenka qui veut, mais qui peut.

La panenka n’est pas un simple tir au but. C’est un éponyme, un geste qui porte le nom de son créateur, l’ancien international tchécoslovaque Antonín Panenka, entré à jamais dans la légende du football.

Le 20 juin 1976, à Belgrade, la Tchécoslovaquie affronte l’Allemagne de l’Ouest en finale du Championnat d’Europe. Après prolongations, les deux équipes sont dos à dos, deux buts partout. La séance de tirs au but devient alors le juge suprême. Panenka s’avance pour le cinquième tir tchécoslovaque. Quelques instants plus tôt, Uli Hoeness a manqué sa tentative. Un but suffit pour offrir le titre.

Dans un silence presque irréel, Panenka ose l’impensable. Il pique doucement le ballon dans l’axe, pendant que le légendaire Sepp Maier plonge sur sa gauche. Le stade explose. La Tchécoslovaquie est championne d’Europe et le football vient de voir naître un geste éternel, désormais baptisé du nom de son inventeur.

Depuis, certains grands joueurs ont su maîtriser cet art délicat. Zinedine Zidane, en finale de la Coupe du monde 2006 face à Gianluigi Buffon, a exécuté une panenka d’une froideur absolue. Andrea Pirlo l’a utilisée pour faire basculer la séance face à l’Angleterre à l’Euro 2012. Francesco Totti, Sergio Ramos ou encore Lionel Messi ont également réussi ce geste, symbole ultime de confiance et de sang-froid.

Mais la panenka ne pardonne aucune hésitation. Beaucoup s’y sont cassé les dents. Alexis Sánchez, en finale de la Copa América 2016, a vu sa tentative arrêtée par Claudio Bravo. Thierry Henry, Karim Benzema ou Mario Balotelli ont, eux aussi, connu l’amère expérience d’une panenka ratée, transformant l’audace en faute de goût.

Le tir manqué de Brahim Díaz s’inscrit ainsi dans cette longue histoire faite de gloire et d’échecs. Réussie, la panenka immortalise son auteur. Manquée, elle l’expose à la critique et au doute. Près de cinquante ans après sa naissance, ce geste continue de fasciner autant qu’il divise.

Une certitude demeure : n’est pas Panenka qui veut, mais bien qui peut.

Par Cyrille Djedjed

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