Magloire Delcros-Varaud, connu simplement sous le prénom Magloire, est un animateur, chroniqueur et comédien français né le 11 juin 1969 dans le Lot et d’origine togolaise. Adopté très jeune par une famille française, il étudie le droit et la sociologie avant de se tourner vers les relations presse et l’art contemporain, domaine dans lequel il commence sa carrière professionnelle. En 2000, il est chroniqueur dans l’émission Morning Live aux côtés de Michaël Youn, puis anime plusieurs émissions (dont Pelle et râteau et Le Mag de Magloire) et intervient régulièrement à la télévision et à la radio. Parallèlement à l’animation, il tourne pour le cinéma et la télévision, participant à des films et séries. De passage à Abidjan dans le cadre du tournage de la saison 5 de sa série documentaire « Rassemblance », il a tenu à nous accorder un entretien.
Pouvez-vous nous expliquer le concept central et ce qui vous a inspiré à lancer la série documentaire Rassemblance ?
Rassemblance est une série documentaire qui a la chance de mettre face à la caméra des personnalités qui viennent du monde entier, qui ont choisi la France ou la francophonie pour vivre leur talent. Ce sont des gens qui ont connu un parcours migratoire plus ou moins chaotique, avec plus ou moins de chance et de bonheur, mais qui ont transformé des moments difficiles parfois, souvent, en une promesse pour l’avenir.
Donc ce sont des gens qui sont taxis, chirurgiens, artistes peintres, chanteurs, anthropologues, etc. Ils viennent d’horizons totalement différents, mais ils ont tous en eux la même lumière, c’est de faire de ce qu’ils ont vécu, de ce qu’ils furent avant, c’est-à-dire des Brésiliens, des Portugais, des Vietnamiens. Aujourd’hui, leur unité, la seule chose qui les unit, c’est la langue, et c’est cette vie, c’est tout quitter pour une autre vie.
- Quels sont les thèmes que vous évoquez généralement dans cette série documentaire ?
Ma mission en 26 minutes, c’est de rencontrer, de faire comprendre la réalité de la vie et de l’existence de quelqu’un 26 minutes, c’est très long et c’est très court. Donc on se réunit, puisqu’on se ressemble, on se rassemble, on se réunit fréquemment autour des photos anciennes de la personne.
On fait un itinéraire de sa vie, de sa vie professionnelle, de sa vie artistique, quand elle existe. Et puis on se réunit souvent autour de la cuisine, parce que c’est quelque chose qui nous touche particulièrement. Les goûts de l’enfance, les goûts actuels, sont des choses qui réunissent absolument tout le monde.
Donc quand on veut comprendre et connaître la réalité de quelqu’un, on mange avec cette personne.
- Après plusieurs saisons tournées en France, en Suisse, au Canada, à Monaco et en Belgique, c’est la première fois que la série pose ses caméras en Afrique. Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir Abidjan ?
Je crois qu’Abidjan, la Côte d’Ivoire, aujourd’hui, c’est le lieu de toutes les possibilités. C’est l’endroit de demain. C’est là où tout est en train de devenir possible pour l’Afrique.
Alors, les gens qui ont choisi de venir vivre ici, qu’ils soient d’origine espagnole, d’origine française ou haïtienne, d’origine belge, mais qui viennent à Abidjan, c’est peut-être qu’ils ont senti quelque chose, en voulant épouser la vie ivoirienne. Abidjan, c’est une vraie promesse pour l’avenir, alors mon choix n’est pas anodin.

- Comment ce tournage à Abidjan s’inscrit-il dans la continuité de vos précédents projets documentaires ?
C’est justement là où on a cassé les codes. Parce que normalement, ce sont des gens qui viennent d’ailleurs, pas de France, ni de la francophonie, et qui vont vers un pays francophone.
Et là, pour la première fois, ce sont des Français d’origine, d’origine haïtienne, des gens qui ont été élevés en France, qui y sont passés, qui vont vers un autre pays francophone. Je crois que la chaîne TV5MONDE s’inscrit dans une réalité, une proximité avec l’Afrique, notamment l’Afrique de l’Ouest.
Et donc, il était normal qu’on change un peu les codes et qu’on suive des gens venus d’ailleurs rencontrer la Côte d’Ivoire et sa capitale économique pour mieux s’y installer et pour devenir citoyen ivoirien.
- Quels défis techniques ou logistiques avez-vous rencontrés lors du tournage et comment les avez-vous surmontés ?
On a eu une chance effrayante, c’est que tout a été très facile. Nous avons tourné avec une primatologue qui s’appelle Emmanuelle Normand, qui est extraordinaire. Ensuite avec un garçon qui s’appelle David Marty, qui est né en Haïti, qui est élevé en France, dans le sud-ouest et qui aujourd’hui travaille pour la Banque Africaine de Développement (BAD).
Toutes les portes nous ont été ouvertes et nous allons pouvoir découvrir des gens qui ont épousé le mode de vie ivoirien, qui sont amoureux de la Côte d’Ivoire et qui viennent des quatre coins du monde. Franchement, nous avons de la chance, pas de défi technique. Le seul défi, c’est l’émotion que nous avons eue et partagée avec ces gens.
J’ai pleuré. Je l’avoue, j’ai pleuré.
- Cette saison de Rassemblance aura combien d’épisodes ?
Depuis quatre saisons, chaque année nous faisons 20 épisodes. Donc la cinquième sera pareille. Mais quand on voit ce qui se passe ici, non seulement nous avons envie de revenir, mais et surtout on pourrait peut-être faire des formats plus longs, c’est une suggestion pour TV5MONDE et ceux qui la dirigent, cette merveilleuse chaîne.
- Quels sont vos prochains projets et envisagez-vous de revenir en Côte d’Ivoire ?
Alors mes projets, ils sont évidemment tournés vers l’Afrique. Je pense que l’Europe fait beaucoup d’ethnocentrisme et qu’on ne se rend pas compte de ce qui se bouge, de ce qui se passe, et que la vie change. Donc moi je viens de la mode.
A Abidjan Mall, j’ai vu une boutique de vêtements absolument extraordinaire, avec des créateurs et des créatrices venus du Bénin, de Côte d’Ivoire et d’ailleurs.
Donc oui, si j’ai de nouveaux projets, c’est possible. Ça sera aussi tourné vers la mode, ici, à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Merci Magloire pour cet entretien. Je vous souhaite bon séjour à Abidjan et excellent retour à Paris.