L’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), en partenariat avec l’UNESCO, a organisé, ce jeudi 2 juillet, une conférence scientifique sur le thème « Éthique et intelligence artificielle : enjeux, défis et perspectives en Afrique ». La rencontre visait à sensibiliser les chercheurs, universitaires et décideurs aux conditions d’une utilisation responsable de l’intelligence artificielle (IA), notamment dans les domaines de la recherche scientifique et de la santé.
La conférence inaugurale a été animée par le professeur Dion Yodé Simplice, vice-président chargé de la Planification, de la Programmation et des Relations extérieures de l’Université Félix Houphouët-Boigny, autour du thème « Intelligence artificielle et recherche scientifique : opportunités, défis et enjeux éthiques ». Deux panels ont également porté sur les applications de l’IA dans la recherche et la santé, ainsi que sur les questions de régulation et de politiques publiques en Afrique.

Le directeur général de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, Pr Meité Syndou, a souligné que l’IA est désormais un outil incontournable dans les missions de recherche, de formation, de surveillance des épidémies et de prestations de services de l’institut. Toutefois, son utilisation doit être encadrée par des principes éthiques rigoureux.
« L’intelligence artificielle permet d’aller plus vite et d’apporter des solutions, mais l’honnêteté intellectuelle et l’intégrité du chercheur doivent rester au cœur des travaux scientifiques », a-t-il insisté. Il a rappelé que le comité d’éthique de l’institut veille à ce que les recherches respectent les normes éthiques et que les chercheurs distinguent clairement leur contribution de celle de l’IA.

Représentant le chef du bureau de l’UNESCO en Côte d’Ivoire, Désiré Gnackaby a salué cette initiative, rappelant que l’organisation est à l’origine de la Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle adoptée en 2021 par ses 193 États membres. Il a indiqué que l’UNESCO accompagne les États dans la mise en place de cadres réglementaires favorisant un développement responsable de l’IA et soutient le renforcement des capacités des institutions ivoiriennes sur ces questions.
Pour le professeur Dion Yodé Simplice, l’intelligence artificielle est devenue un instrument indispensable à la recherche scientifique, mais elle ne doit jamais faire perdre de vue la finalité de toute innovation.

« L’homme est la finalité, la technologie n’est qu’un moyen », a-t-il déclaré, estimant que l’éthique demeure le principal garde-fou pour préserver la dignité humaine, le consentement des personnes et la responsabilité des chercheurs.
Le philosophe a enfin appelé les pays africains à investir davantage dans la formation, les infrastructures numériques et l’hébergement local des données afin de renforcer leur souveraineté numérique et de mieux maîtriser l’exploitation de leurs propres données.