Le Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan (MASA) entend poursuivre ses activités au-delà de sa biennale. À l’occasion d’un déjeuner de presse de rentrée culturelle, mercredi 6 octobre 2026 à Abidjan, le directeur du MASA, Abou Kamaté, a présenté les principaux projets de l’institution pour les prochaines années, avec un accent particulier sur la décentralisation et la diplomatie culturelle.
Après une 13ᵉ édition jugée réussie, le MASA veut désormais rompre avec l’image d’une structure qui ne serait active que tous les deux ans. « Le MASA, c’est certes l’organisation de cette biennale, mais c’est aussi une structure avec des agents qui travaillent au quotidien pour la promotion de la culture ivoirienne et africaine », a souligné Abou Kamaté.

Parmi les projets majeurs figure la Pépinière culturelle de Bouaké, prévue sur trois ans. Projet du ministère de la Culture et de la Francophonie, financé par l’Agence française de développement (AFD), il vise à maintenir les activités artistiques et culturelles du Centre culturel Jacques Aka pendant la durée de ses travaux de réhabilitation.
Une équipe du MASA sera installée de façon permanente à Bouaké pour piloter cette initiative. Le projet prévoit notamment des activités avec les artistes locaux, des résidences, un travail de recherche et de documentation sur le patrimoine culturel de la ville, ainsi que des actions dans les marchés, les écoles et des sites patrimoniaux comme la RAN et l’ancienne usine Gonfreville. Quelque 800 élèves doivent notamment être associés à des activités de sensibilisation au patrimoine ivoirien et à celui de Bouaké.

Le MASA veut également renforcer son rayonnement à l’échelle ouest-africaine à travers le projet SIRA, mis en œuvre dans le cadre du partenariat Afrique-Europe pour la culture de l’Union européenne. Il prévoit, dans un premier temps, l’accompagnement de sept festivals dans six pays africains, avec l’ambition d’atteindre à terme 15 festivals. Le projet privilégiera notamment les manifestations organisées hors des capitales et celles dirigées par des femmes.
Autre outil de cette stratégie, le MASA Lab, espace culturel et multimédia dédié aux rencontres, à l’expression artistique et à l’accompagnement des professionnels. Le dispositif a notamment contribué au retour de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale du théâtre, avec la participation récente d’une compagnie ivoirienne au Festival des Francophonies de Limoges, après deux années d’accompagnement.

Pour Abou Kamaté, ces initiatives participent d’une ambition plus large : faire du MASA un instrument de diplomatie culturelle de la Côte d’Ivoire. L’institution est ainsi appelée à partager son expertise dans plusieurs rendez-vous internationaux et à accompagner des initiatives culturelles en Afrique et au-delà.
Les préparatifs de la prochaine édition du MASA, prévue en 2028, entreront quant à eux dans une phase active à partir de janvier 2027. En attendant, l’institution entend poursuivre ses activités et renforcer son accompagnement des créateurs et entrepreneurs culturels.
« Nous ne sommes pas simplement un événement culturel, nous sommes une institution pérenne qui fonctionne 365 jours sur 365 », a résumé le directeur du MASA.