L’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI) a ouvert, mercredi 21 octobre 2026, à Adiopodoumé, les travaux de son Conseil scientifique. Cette rencontre de deux jours vise à évaluer les activités de recherche de l’institution et à définir des orientations adaptées aux nouveaux défis sanitaires, technologiques et environnementaux.
Réunis au siège de l’IPCI, les experts ivoiriens et internationaux réfléchissent aux perspectives de développement de la recherche en santé, autour des maladies infectieuses et non transmissibles, de la résistance aux antimicrobiens et des innovations scientifiques.

Pour le directeur général de l’IPCI, le professeur Méité Syndou, ce Conseil scientifique constitue un organe stratégique chargé d’orienter la recherche et d’évaluer les travaux réalisés au sein de l’établissement. Il accompagne également la direction dans la définition de ses priorités scientifiques.
« Cet organe a pour mission d’orienter la recherche scientifique en appuyant le directeur et également d’évaluer tout ce qui est fait comme recherche scientifique au sein de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire », a-t-il expliqué.
Président du Conseil scientifique, le professeur Serge Paul Eholie a indiqué que les travaux permettront de dresser le bilan des activités de recherche et de formuler des recommandations pour les prochaines années. Ces orientations devront notamment s’inscrire dans le Plan national de développement 2026-2030 et tenir compte des priorités scientifiques nationales, régionales et internationales.

Les échanges portent également sur les effets du changement climatique sur la santé, l’intelligence artificielle et la digitalisation. L’approche « Une seule santé », qui associe santé humaine, animale et environnementale, figure parmi les axes privilégiés.
Le professeur Méité Syndou a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’intégrer les nouvelles technologies, notamment la bioinformatique, dans les activités de recherche. L’institut entend aussi renforcer la surveillance des épidémies, développer de nouveaux outils diagnostiques et améliorer l’accès aux examens biologiques spécialisés à des coûts abordables.
Ces ambitions reposent sur plusieurs acquis, dont la modernisation du Département des virus épidémiques et l’accréditation ISO 15189 de trois laboratoires : l’Unité des mycobactéries tuberculeuses et atypiques, le Département des virus épidémiques et la Plateforme de biologie moléculaire.
L’IPCI contribue également au diagnostic de 19 des 23 maladies prioritaires recensées en Côte d’Ivoire.

Conseiller scientifique pour les affaires internationales à l’Institut Pasteur de Paris, Christophe d’Enfert a salué les ambitions de développement présentées par la direction de l’IPCI. Il a toutefois souligné la nécessité de mobiliser des ressources suffisantes pour concrétiser ce programme.
Il a ainsi appelé le gouvernement ivoirien et les bailleurs internationaux à accompagner les efforts de l’institution, dans un contexte de financement de la recherche de plus en plus contraignant.
À l’issue des deux journées, les recommandations du Conseil scientifique devront contribuer à renforcer les capacités de recherche, de formation, de surveillance épidémiologique et d’innovation de l’IPCI, au service de la santé publique en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.