Le Secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), Diakalidia Konaté, a obtenu le grade de Docteur en science politique avec la mention « Très honorable », à l’issue de la soutenance publique de sa thèse, samedi 19 septembre 2026, à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.
Intitulée « L’État identificateur en Côte d’Ivoire : sens et logiques », la recherche analyse l’évolution des politiques d’identification et leur rôle dans la construction et les transformations de l’État ivoirien, de la période coloniale aux dispositifs contemporains de biométrisation et au Registre national des personnes physiques (RNPP).

Le jury, composé d’universitaires ivoiriens et internationaux issus notamment de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Bénin, du Sénégal et de la France, a salué la qualité scientifique du travail et décerné au candidat la mention « Très honorable », avec félicitations du jury.
La recherche s’appuie notamment sur une enquête menée auprès de 766 personnes à Abidjan, Bouaké, Korhogo, Bouna et Duékoué. Elle croise plusieurs sources, dont des archives coloniales et postcoloniales, des textes juridiques, des travaux scientifiques, des rapports institutionnels, des entretiens et des données quantitatives.

À travers le concept d’« État identificateur », Diakalidia Konaté propose une grille d’analyse de l’action de l’État, de ses capacités, de ses mécanismes de classification et de ses rapports avec les citoyens.
Selon les résultats présentés, l’identification a progressivement évolué, passant d’un instrument de catégorisation des populations à un outil de définition de l’appartenance, avant de devenir une infrastructure de gouvernance mobilisée dans des domaines tels que la sécurité, la planification, la santé, la protection sociale et le numérique.

La soutenance intervient 24 ans jour pour jour après le 19 septembre 2002, date du déclenchement de la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire. Le choix de Bouaké, ville particulièrement marquée par cette crise et retenue parmi les terrains d’enquête, confère une dimension symbolique particulière à cette étape universitaire.
La recherche ouvre également des perspectives sur une comparaison des politiques d’identification à l’échelle ouest-africaine, la sociologie des services liés à l’identité légale, ainsi que les enjeux d’interopérabilité, de protection des données et de souveraineté numérique.

Au terme de sa soutenance, le nouveau Docteur a souligné que l’enjeu contemporain ne réside plus seulement dans la manière dont l’État identifie les citoyens, mais aussi dans ce que l’identité produite par l’État permet en matière de droits, d’accès aux services, d’inclusion et de contrôle.
La CNFCI a salué cette consécration universitaire, qu’elle présente comme une réussite témoignant de l’engagement de son Secrétaire exécutif en faveur de la recherche et du renforcement des capacités intellectuelles au service de l’action publique.