Une publication virale diffusée le 8 avril sur Facebook par Moussa Sanou, un activiste se réclamant de l’Alliance des États du Sahel (AES), a affirmé que la Côte d’Ivoire serait « le premier pays africain impacté par le VIH-SIDA », avec « 69,6 % des jeunes séropositifs à Abidjan ». Des propos attribués, sans preuve, au ministre ivoirien de la Santé, Pierre Dimba. Après vérification, ces chiffres et propos attribués au ministre sont faux.
Aucune trace de cette déclaration n’a été retrouvée sur les canaux officiels du gouvernement ivoirien ni sur ceux du ministère de la Santé. Interpellé, l’auteur n’a fourni aucune source crédible, se contentant d’une réponse injurieuse.

L’examen de son compte met en évidence une diffusion répétée de contenus hostiles à la Côte d’Ivoire, traduisant une volonté manifeste de nuire à l’image du pays à travers la propagation de fausses informations.


Face à cette intox, le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle a rapidement réagi. Dans une publication en date du 9 avril 2026, il a formellement démenti ces chiffres et rappelé les données officielles. Le ministère indique ainsi que la prévalence du VIH en Côte d’Ivoire est passée de 3,7 % en 2010 à 1,5 % en 2025, confirmant une baisse constante de l’épidémie dans le pays.
S’appuyant sur le rapport mondial 2024 de l’ONUSIDA, les autorités sanitaires ivoiriennes soulignent également que les nouvelles infections ont diminué de plus de 60 % entre 2010 et 2024, une performance supérieure à la moyenne de la région Afrique de l’Ouest et du Centre.
Concernant les jeunes à Abidjan, le ministère précise, en se référant aux données de modélisation SPECTRUM 2026, que la prévalence est de 0,57 % chez les 15-19 ans, 0,98 % chez les 20-24 ans et 1,67 % chez les 25-29 ans. Des chiffres qui démontrent clairement l’incohérence du taux de 69,6 % avancé dans la publication virale.
À l’échelle du continent, les données confirment également que la Côte d’Ivoire est loin d’être le pays le plus touché. Le site Statista, dans une publication du 3 mars 2026 basée sur les données de 2024, indique que l’Afrique du Sud compte environ 7,8 millions de personnes vivant avec le VIH, suivie du Mozambique avec près de 2,5 millions.

Toujours selon Statista, l’Eswatini détient la prévalence la plus élevée au monde, avec près de 26 % de sa population vivant avec le VIH, tandis que l’Afrique du Sud affiche environ 18 % de prévalence.
Le 17 juillet 2025, le ministre Pierre Ngou Dimba a déclaré que « 407 000 personnes dont 67% de femmes vivent avec la maladie en Côte d’Ivoire ».
Ces éléments factuels mettent en lumière une stratégie de désinformation de plus en plus récurrente, portée par certains activistes de la sous-région, visant à fragiliser la crédibilité des institutions ivoiriennes et à altérer l’image du pays à l’international.
En dépit de ces tentatives, les données officielles confirment une dynamique positive : la Côte d’Ivoire poursuit ses progrès dans la lutte contre le VIH, tout en renforçant ses actions de prévention et de prise en charge des populations les plus vulnérables.