Un glissement de terrain a frappé mardi 3 mars 2026 le site minier artisanal de Gasasa, situé à environ cinq kilomètres de Rubaya-Centre, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Alors que les recherches se poursuivent, le drame aurait déjà fait plus de 200 victimes, selon des estimations basées sur le nombre de personnes travaillant quotidiennement dans cette carrière.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’accès à l’information reste particulièrement restreint. Des habitants affirment que les autorités locales ont interdit toute communication autour de la catastrophe et que certaines personnes ayant filmé ou photographié la scène auraient été interpellées.
Ce mercredi matin, l’atmosphère est lourde dans la cité minière de Rubaya. Dans plusieurs quartiers, des familles restent sans nouvelles de leurs proches qui se trouvaient sur le site au moment de l’effondrement. Sur les lieux du drame, des habitants et des creuseurs se sont organisés pour tenter de retrouver des survivants ou d’extraire les corps ensevelis sous les décombres.
Parmi les victimes potentielles figurent non seulement des creuseurs artisanaux, mais aussi de nombreux petits commerçants qui fréquentent quotidiennement le site pour vendre de l’eau, de la nourriture ou des outils aux exploitants.
Un site déjà considéré comme dangereux
Le glissement de terrain s’est produit vers 15 h 30 mardi sur le site de Gasasa. Des témoins indiquent qu’aucune pluie n’était enregistrée au moment de l’éboulement. Toutefois, la zone était connue pour être marécageuse, instable et fragilisée par des excavations répétées liées à l’exploitation minière artisanale.
De nombreux habitants s’interrogent désormais sur les mesures de sécurité autour de cette zone. « Pourquoi les autorités n’ont-elles pas interdit l’accès à cette zone rouge ? », se demandent certains riverains.
Le questionnement est d’autant plus fort que ce même carré minier, riche en coltan, avait déjà été le théâtre d’un éboulement meurtrier le 28 janvier dernier, faisant plus de 400 morts selon des sources locales et gouvernementales.
Quelques jours après cette première catastrophe, de nombreux creuseurs étaient toutefois retournés travailler sur le site, faute d’alternative économique.
Une zone sous tension
Le drame survient dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile dans le territoire de Masisi, une région marquée par la présence de groupes armés.
Selon plusieurs témoignages, certains habitants ayant tenté de documenter la scène auraient été interpellés par des rebelles présents dans la zone, accentuant les inquiétudes autour de la circulation de l’information.
Une exploitation artisanale aux risques mortels
Les conditions de travail dans les mines artisanales du Nord-Kivu sont réputées extrêmement dangereuses. Chaque jour, des centaines de creuseurs descendent dans des puits profonds, souvent creusés sans normes de sécurité et sur des terrains instables fragilisés par des années d’exploitation.
La région de Rubaya occupe une place stratégique dans l’exploitation du coltan, un minerai essentiel à la fabrication d’appareils électroniques. Selon plusieurs estimations, cette cité minière fournirait entre 15 % et 30 % de la production mondiale de ce minerai.
À Gasasa comme dans d’autres zones minières du Masisi, l’exploitation artisanale reste pourtant la principale source de subsistance pour de nombreuses familles, malgré les risques permanents qui y sont associés.