Au moins 200 personnes ont perdu la vie dans un glissement de terrain massif survenu mercredi 28 janvier sur le site minier de Rubaya, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le drame s’est produit dans une zone contrôlée par le mouvement rebelle anti-gouvernemental M23, rendant l’évaluation précise du bilan particulièrement difficile.
Selon les premiers témoignages, de fortes pluies ont fragilisé un pan de colline qui s’est brusquement effondré, ensevelissant des centaines de mineurs artisanaux à l’œuvre sur le site. « Il y a eu de la pluie. L’éboulement s’en est suivi et a emporté les gens. Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits. Beaucoup sont encore coincés à l’intérieur », a confié Franck Bolingo, un mineur présent sur les lieux. Les éboulements se seraient poursuivis jusqu’au jeudi 29 janvier, aggravant encore la situation.
La mine de Rubaya est un site stratégique pour l’économie mondiale. Elle fournirait entre 15 et 30 % du coltan utilisé à l’échelle internationale. Ce minerai est à l’origine du tantale, un composant indispensable à la fabrication d’équipements électroniques de pointe, notamment les téléphones portables et les ordinateurs. Dans cette région montagneuse et instable, les accidents liés aux intempéries sont fréquents, en raison de conditions d’exploitation précaires et d’un manque de normes de sécurité.

Depuis avril 2024, la mine est passée sous le contrôle du M23, un groupe armé actif dans l’est de la RDC et accusé par les autorités congolaises et des observateurs internationaux d’entretenir des liens avec le Rwanda voisin. Dans ce contexte de conflit, l’accès aux sites sinistrés reste limité et le nombre exact de victimes demeure incertain. Chaque jour, de nouveaux blessés sont signalés dans les centres de soins de la région.
D’après des experts des Nations unies, l’exploitation du coltan à Rubaya constitue une source majeure de financement pour le M23. Environ 120 tonnes de coltan seraient exportées chaque mois vers le Rwanda, avant d’être acheminées vers l’Asie. Cette activité minière générerait plusieurs centaines de milliers de dollars mensuels pour le groupe armé, au prix d’une main-d’œuvre exposée à de graves risques humains et sécuritaires.
Ce nouveau drame met une fois de plus en lumière la vulnérabilité des mineurs artisanaux et les conséquences humaines du conflit persistant dans l’est de la République démocratique du Congo.