Un communiqué du 13 août 2025 du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, relayant les conclusions du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Korhogo, a fait le point sur une affaire criminelle particulièrement grave qui secoue le nord du pays. Les investigations de la Brigade de Recherche et d’Intervention de Korhogo ont conduit à l’arrestation d’un individu présenté comme un marabout, Dao Seydou, soupçonné d’être impliqué dans une série d’assassinats dans les régions de Korhogo, Ferkessédougou et Ouangolodougou.

L’enquête a débuté le 5 août 2025 après la disparition signalée de Dagnogo Alamory, aperçu pour la dernière fois en compagnie de son ami Modibo Djiga, qui l’aurait conduit chez le marabout pour des soins. Interpellé, Djiga a permis d’orienter les recherches vers Dao Seydou, localisé et arrêté dans la zone de Vavoua.
Lors de son audition, le mis en cause a reconnu avoir donné la mort à la victime, l’ayant assommée avec une houe dans un endroit isolé avant de dissimuler le corps sous des feuillages. Sous sa conduite, les enquêteurs ont découvert la dépouille en état de décomposition avancée.
Poursuivant les investigations, et toujours sur ses indications, les forces de l’ordre ont mis au jour d’autres corps, dont ceux de Ouattara Salimata, Ouédraogo Ibrahim, Sangaré Mory et Bouye Bah, ainsi que plusieurs autres victimes.
Les faits, selon les premiers éléments, seraient motivés par diverses raisons, allant du vol d’objets personnels à des pratiques de charlatanisme impliquant la collecte de sang et de parties corporelles.
Le 12 août 2025, Dao Seydou et Modibo Djiga ont été déférés devant le juge d’instruction de Korhogo. Ils sont poursuivis respectivement pour faits d’assassinats, de vol, de pratique de charlatanisme et pour complicité d’assassinat.
Le ministère souligne que cette procédure se déroule conformément aux règles de droit, les mis en cause bénéficiant des garanties prévues par la loi, y compris le droit à la défense.
En attendant que toute la lumière soit faite et que les victimes soient formellement identifiées, il est essentiel pour chacun de signaler sans délai toute disparition suspecte et de rester attentif face à certaines pratiques occultes qui, sous prétexte de soins ou de rituels, peuvent dissimuler des actes criminels.
Renforcer la sensibilisation au sein des communautés demeure primordial pour décourager le recours à des interventions non réglementées susceptibles de mettre des vies en danger. Cette vigilance collective peut contribuer à éviter que de tels drames ne se reproduisent et à protéger les membres les plus vulnérables de la société.