Les 2 et 3 octobre 2026, la ville de Daloa est devenue la capitale du patrimoine ludique ivoirien à l’occasion de la 4è édition du Festival National des Jeux Traditionnels (FNJT). Placée autour du thème « Jeux traditionnels et jeunesse : transmettre nos traditions et valeurs, rassembler les générations », ce fut une occasion pour le ministre du Tourisme et des Loisirs d’inviter les jeunes à s’intéresser à ces pratiques ludiques et à en faire une large promotion.
« Ces jeux ne survivront que si nos jeunes s’en emparent », a déclaré Isabelle Anoh, directrice générale des Loisirs, lors de la cérémonie officielle du festival, soulignant que des initiatives sont déjà engagées pour rapprocher ces pratiques des nouvelles générations.

Elle a saisi l’occasion pour informer que, 50 clubs de jeux traditionnels ont déjà été installés dans les lycées et collèges, dont 10 à Daloa, tandis qu’une réflexion est menée, sur la digitalisation de certains jeux pour adapter leur transmission aux outils de l’époque.
En outre, 428 jeux et variantes ont été recensés dans le pays depuis 2017 au terme d’une étude socio-anthropologique. Le classement de ces jeux et leurs variantes en grandes familles est en cours afin de faciliter leur sauvegarde, leur promotion et leur transmission entre les générations, a-t-elle également indiqué.
Selon le ministre, ce festival s’inscrit dans une vision plus large de développement humain, culturel et économique. Il précise que les jeux traditionnels ne relèvent pas uniquement de la mémoire collective mais constituent également une ressource d’avenir.

« Les jeux traditionnels sont porteurs de savoirs, de valeurs et de liens entre les générations. Ils constituent à la fois un patrimoine vivant et une ressource d’avenir : éducative pour nos enfants, culturelle pour nos communautés, économique pour nos artisans et entrepreneurs, touristique pour nos territoires et créative pour notre jeunesse », a-t-il déclaré.
Pour lui, préserver nos jeux traditionnels est une exigence de mémoire, les valoriser est désormais un enjeu de développement. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté gouvernementale de construire un véritable écosystème des loisirs, associant communautés détentrices de savoirs, collectivités territoriales, établissements scolaires, acteurs du tourisme, industries culturelles, artisans, startups et innovateurs.

« La jeunesse est le trait d’union entre héritage et avenir », a lancé Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la jeunesse et Président du Conseil régional du Haut-Sassandra.
Pour lui, les jeux traditionnels constituent bien davantage que des loisirs. Ils représentent un formidable outil d’éducation citoyenne, de cohésion sociale et de transmission des repères collectifs. Il a rappelé que la jeunesse ivoirienne a la mission d’assurer la continuité entre les générations, en préservant les héritages reçus tout en leur donnant une expression nouvelle dans le monde contemporain.
Pour le directeur de cabinet du ministère de la Culture et de la Francophonie, Hien Sié, représentant la ministre Françoise Remarck, les jeux traditionnels constituent des instruments de transmission des valeurs, d’éducation et de dialogue entre les générations. Ils permettent notamment aux aînés de transmettre aux plus jeunes une partie de leur héritage et de leur faire connaître leurs racines.

Des compétitions ont permis aux festivaliers de retrouver les gestes ancestraux du Guio, du Kikouri, du Kpé, du Forh et de nombreuses autres disciplines. Des jeux de stratégie où l’intelligence précède l’action.
Des jeux d’adresse où chaque mouvement compte. Des jeux collectifs qui rappellent que la victoire est souvent le fruit de la solidarité.