Le parquet d’Abidjan a annoncé ce jeudi 6 novembre 2025 le placement sous mandat de dépôt de Damana Adia alias “Pickass”, 2ᵉ vice-président du Conseil stratégique et politique du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). L’opposant a été inculpé à l’issue de son audition à la Section antiterroriste du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, en présence de son avocat, Me Roselyne Aka-Séripka, selon un communiqué du Procureur de la République, Koné Braman Oumar.
Selon le document officiel, une information judiciaire a été ouverte à son encontre pour 17 faits graves allant des actes terroristes à la détention illégale d’armes. Le ministère public cite notamment :
- Actes de terrorisme,
- Assassinat,
- Atteinte aux opérations électorales,
- Outrage et voies de fait envers un bureau de vote et ses membres,
- Participation et organisation d’une manifestation interdite ou non déclarée,
- Participation à un mouvement insurrectionnel,
- Attroupement armé ou non armé,
- Destruction volontaire de véhicules appartenant à autrui,
- Destruction volontaire de biens publics ou privés,
- Incendie volontaire de véhicules ou d’installations appartenant à une personne de droit public,
- Apologie des crimes de meurtre, de pillage ou de destruction,
- Vol commis en réunion avec port d’armes,
- Crimes contre le droit des gens ayant entraîné des blessures,
- Complot contre l’autorité de l’État,
- Atteinte à l’ordre public,
- Organisation d’une bande armée,
- Détention sans autorisation d’armes des 1ʳᵉ et 6ᵉ catégories.
Ces faits, qualifiés d’une extrême gravité, sont prévus et punis par la loi n°98-749 du 23 décembre 1998 sur la répression des infractions relatives au terrorisme et aux armes, ainsi que par la loi n°2024-360 du 11 juin 2024 modifiant celle du 19 novembre 2018. Le Procureur précise que ces infractions relèvent notamment des articles 5 à 14 de la loi de 1998 et des articles 161 à 493 du Code pénal.
Le communiqué indique que le vice-président du PPA-CI a été entendu par les agents de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), avant d’être conduit à la Section antiterroriste du tribunal. À l’issue de son audition, il a été déféré et placé sous mandat de dépôt, conformément aux dispositions légales.
Ce placement intervient deux jours après son interpellation, le 4 novembre 2025 à Bingerville et la première communication du parquet évoquant des “appels à l’insurrection populaire et au renversement des institutions”.