Des experts issus de la production, de la distribution et du management de l’industrie culturelle et créative en Côte d’Ivoire ont désormais une plateforme de réflexion. Alté Club Festival, un espace au cours duquel ils échangent sur les défis et enjeux de la diffusion musicale et l’émergence des nouvelles scènes en Côte d’Ivoire. Le samedi 17 octobre 2026, à l’Institut français d’Abidjan, plusieurs thématiques liées aux musiques actuelles et alternatives et à l’émergence de nouveaux talents ivoiriens ont été abordées.
« Créer des scènes, trouver des lieux : quels défis pour la diffusion musicale en Côte d’Ivoire ? », c’est la thématique du panel 1, qui a permis de présenter le dynamisme de la scène artistique et musicale en Côte d’Ivoire.
Selon Chantal Djédjé, directrice de la Fabrique culturelle, les lieux de diffusion en Côte d’Ivoire, il y en a, il appartient aux artistes de savoir identifier ces espaces, en fonction de leur public.

« Il faut grandir avec son public en commençant à se produire dans des petites salles et monter crescendo. C’est comme ça qu’on s’améliore soi-même et qu’on développe sa fan-base », a-t-elle conseillé.
Pour Christophe Kassi, fondateur de la fête de la musique de Midi à minuit, pour gagner du public, il faut aller vers eux en fonction de ce qu’ils aiment. Mais avant, il faut faire une étude sur la base de ce que l’on propose.
Pour sa part, Hyacinthe Amankou, stratégique event planner à la Nouvelle Société de divertissement d’Abidjan, a déploré le fait que les artistes de nos jours, à peine sortis sur le marché, veulent se produire sur les grandes scènes de la capitale.
Il n’a pas manqué de les encourager à avoir une équipe autour d’eux, pour qu’ils puissent mieux orienter leur carrière sur du long terme.
La seconde thématique s’est intéressée à « Comment faire émerger et exporter les nouvelles scènes musicales ivoiriennes ? ». Autour de la table de discussion, Stanislas De Stabenrath, opérateur économique et culturel, a indiqué que pour faire émerger et exporter un courant musical, il faut d’abord l’apprécier.

« Mon arrivée en Côte d’Ivoire a coïncidé avec la naissance du Biama, qui est un dérivé du coupé-décalé. J’ai vu l’évolution de ce courant musical et je pense que c’est à eux de nous montrer ce que ça va devenir, en s’appuyant sur les réseaux sociaux », fait-il savoir.
Pour sa part, il accompagne les acteurs du Biama dans la vulgarisation de ce genre musical, à travers plusieurs initiatives comme des festivals dans les quartiers populaires d’Abidjan ou des productions audiovisuelles diffusées sur des chaînes de télévision locales, pour une meilleure visibilité internationale.
Initié par Pierre-Marie Kouassi-Lenoir, entrepreneur culturel, ce festival est un dispositif de repérage, d’accompagnement et de mise en lumière des artistes émergents en Côte d’Ivoire.
Dans la soirée, un concert sur l’esplanade de l’Institut français a clôturé cette édition.