Claudette Colvin, figure emblématique, mais longtemps méconnue du mouvement des droits civiques aux États-Unis, est décédée mardi 13 janvier 2026 à l’âge de 86 ans. Cette Afro-Américaine est entrée dans l’Histoire pour avoir refusé, bien avant Rosa Parks, de céder sa place à une passagère blanche dans un bus de l’Alabama, en pleine période de ségrégation raciale.
Le geste de Claudette Colvin remonte au 2 mars 1955. Née le 5 septembre 1939 à Montgomery dans l’État de l’Alabama, elle n’avait alors que 15 ans lorsqu’elle s’opposa aux lois ségrégationnistes qui imposaient aux Noirs de céder leur siège aux Blancs dans les transports publics. Son refus lui valut une arrestation brutale et des poursuites judiciaires, illustrant la violence institutionnelle exercée contre les Afro-Américains dans le Sud des États-Unis.

Malgré la portée historique de son acte, Claudette Colvin ne fut pas immédiatement érigée en symbole national. Trop jeune et jugée « inappropriée » par certains leaders de l’époque pour incarner le mouvement, elle resta longtemps dans l’ombre. Pourtant, son courage contribua directement à nourrir la contestation contre la ségrégation dans les transports.
Claudette Colvin joua également un rôle clé dans la bataille judiciaire qui mit fin à la ségrégation dans les bus de Montgomery. Elle fut l’une des plaignantes dans l’affaire Browder v. Gayle, qui aboutit en 1956 à une décision de la Cour suprême déclarant inconstitutionnelle la ségrégation dans les transports publics.
Avec la disparition de Claudette Colvin, l’Amérique perd l’une des premières voix de la désobéissance civile contre l’injustice raciale. Son parcours rappelle que l’histoire des droits civiques s’est aussi écrite grâce à des figures longtemps restées dans l’ombre, dont le courage a ouvert la voie aux grandes avancées de l’égalité raciale.