Décédé dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre 2026, Gnénéma Mamadou Coulibaly a marqué la vie judiciaire ivoirienne par son passage à la tête du ministère de la Justice, de 2012 à 2016, et ses responsabilités au sein de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA).
Originaire du nord de la Côte d’Ivoire, Gnénéma Mamadou Coulibaly fait carrière dans la magistrature avant d’accéder à des responsabilités gouvernementales. Le 22 novembre 2012, il est nommé ministre de la Justice, des Droits de l’Homme et des Libertés publiques. Il prend alors la tête d’un département confronté aux défis de la reconstruction du système judiciaire après la crise postélectorale de 2010-2011.
À la tête du ministère, Gnénéma Mamadou Coulibaly défend une vision de la justice fondée sur l’application des décisions et le respect des règles.
« En matière de justice, il n’y a pas de match nul. Il y a un vainqueur et un vaincu », déclarait-il.
Son action ministérielle porte également sur la réforme des textes juridiques, la formation des acteurs judiciaires, l’amélioration des conditions de détention et le renforcement des capacités des juridictions, avec pour objectif d’améliorer le fonctionnement de l’appareil judiciaire et de mieux répondre aux attentes des justiciables.
Son parcours prend une dimension régionale en janvier 2015. À l’issue de la 37e réunion du Conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), tenue à Yaoundé, au Cameroun, il accède à la présidence de cette instance pour un mandat d’un an. L’organisation œuvre à l’harmonisation du droit des affaires dans ses États membres afin de renforcer la sécurité juridique et judiciaire des activités économiques.
Le 12 janvier 2016, Gnénéma Mamadou Coulibaly quitte le gouvernement lors de la formation d’une nouvelle équipe ministérielle. Sansan Kambilé lui succède à la tête du ministère de la Justice. Ce départ marque la fin de son passage au gouvernement, mais pas de son parcours dans l’environnement judiciaire.
En octobre 2022, il figure parmi les membres d’une délégation du parquet général de la Cour de cassation de Côte d’Ivoire ayant effectué une visite d’études auprès de la Cour de cassation française.
De la justice ivoirienne aux instances juridiques africaines, Gnénéma Mamadou Coulibaly laisse derrière lui un parcours marqué par près de quatre années au gouvernement et une présidence de l’OHADA, deux responsabilités qui auront inscrit son nom dans l’histoire institutionnelle de la Côte d’Ivoire.
YONA DIANHORÉ