Le principal opposant au régime militaire en Guinée-Bissau, Domingos Simoes Pereira, a été placé en détention vendredi 10 juillet sur décision d’un tribunal militaire. Cette mesure intervient alors que l’ancien Premier ministre est poursuivi pour son implication présumée dans plusieurs tentatives de coup d’État et des infractions économiques.
Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, le leader du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) s’est présenté à une convocation du juge militaire après avoir été escorté depuis son domicile par la police. À son arrivée, le magistrat lui a immédiatement notifié son placement en détention.
« Le juge du tribunal militaire l’a informé à son arrivée de la décision de le mettre en prison. Tout s’est joué en quelques minutes », a confié une source présente à l’audience. L’opposant a ensuite été transféré dans une prison de la capitale à bord d’un véhicule de la police d’intervention rapide.
Les avocats de Domingos Simoes Pereira ont dénoncé une procédure irrégulière. Me Roberto Indeque a expliqué sur une radio locale que la défense avait boycotté l’audience, estimant qu’elle se déroulait « en dehors du cadre légal » et qu’elle n’avait pas été informée de la comparution de son client.
Le leader du PAIGC, principal parti d’opposition et formation historique ayant conduit le pays à l’indépendance en 1974, est accusé par la justice militaire d’avoir participé à au moins deux tentatives de coup d’État, survenues fin 2023 et en octobre 2025, ainsi qu’à des délits économiques.
La Guinée-Bissau est dirigée par une junte militaire depuis le renversement, le 26 novembre 2025, du président Umaro Sissoco Embalo par des militaires conduits par le général Horta N’Tam. Arrêté le jour du putsch, Domingos Simoes Pereira avait été libéré en janvier 2026 avant d’être placé en résidence surveillée.
Le 31 octobre 2025, l’armée avait annoncé avoir déjoué une « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel » à la veille de la campagne pour les élections générales prévues le 23 novembre.
Les avocats et le PAIGC dénoncent un « acharnement politique » destiné à empêcher leur leader de participer à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre. Déjà, Domingos Simoes Pereira avait été écarté du scrutin présidentiel de novembre 2025 après le rejet de sa candidature, déposée hors délai.
Située entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), la Guinée-Bissau demeure l’un des pays les plus instables d’Afrique de l’Ouest. Avant le coup d’État de novembre 2025, le pays avait déjà connu quatre putschs et de nombreuses tentatives de renversement du pouvoir depuis son indépendance du Portugal en 1974.