En Côte d’Ivoire, l’innovation agricole prend un tournant concret avec la mise en place de deux incubateurs modèles, l’un à Yamoussoukro au sein de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), et l’autre à Gagnoa, dans le centre de formation de l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER). Ces initiatives, fruits d’un partenariat entre la Côte d’Ivoire et la République Fédérale d’Allemagne, incarnent une agriculture moderne, circulaire et inclusive.
À Yamoussoukro, l’incubateur de l’INP-HB s’attaque à une problématique souvent négligée : la valorisation des petites fèves de cacao, écartées des circuits classiques. Grâce à des procédés de transformation innovants, ces fèves deviennent beurre, poudre, chocolat, boissons chocolatées ou encore fèves enrobées. Des produits finis de qualité conformes aux normes internationales qui permettent désormais aux producteurs de conquérir aussi bien les marchés locaux qu’extérieurs.
« Grâce à cet encadrement, j’ai pu industrialiser ma production locale de chocolat », témoigne fièrement Dame N’Goran, entrepreneure à Bouaflé, en montrant ses tablettes prêtes à la vente.
Utilisant des technologies modernes, l’incubateur de Yamoussoukro renforce la qualité des procédés de transformation et favorise la montée en compétence des jeunes agripreneurs. Il agit comme un tremplin pour les startups, les PME et les coopératives agricoles qui souhaitent passer de l’idée à la production industrielle.

À Gagnoa, c’est un autre visage de l’économie circulaire qui s’affirme. L’incubateur de l’ANADER valorise à 100 % les sous-produits du cacao, du manioc et de la banane plantain. Le cortex de cabosse devient des briquettes combustibles, le jus de mucilage se transforme en vinaigre naturel, tandis que les résidus de manioc servent à cultiver des champignons comestibles. Les déchets organiques, quant à eux, sont reconvertis en biocompost fertile.
« Je produis du champignon naturel à base de cacao. Mon marché grandit, mes revenus aussi », confie Dame Koffi épouse Gnagno, entrepreneure locale entourée de ses cultures.

Ces incubateurs ne se contentent pas d’offrir un espace de production. Ils accompagnent les porteurs de projets à travers des formations pratiques, des ateliers de terrain, du coaching personnalisé et une mise en réseau efficace. L’accès aux équipements modernes et à des intrants de qualité vient compléter ce dispositif d’appui global.
Les retombées sont visibles, notamment des dizaines de projets aboutis, des emplois créés et des revenus améliorés. En renforçant les capacités des femmes, des jeunes et des exploitants ruraux, ces structures participent activement à l’autonomisation des communautés locales et à la réduction de la pauvreté.
À travers ces deux incubateurs, la Côte d’Ivoire démontre que l’agriculture peut être à la fois durable, innovante et inclusive. Les petites fèves de cacao, les cabosses vides, les pelures de manioc et les rejets de banane plantain deviennent aujourd’hui les symboles d’une économie verte et circulaire au service du développement.