À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme 2026, la contribution des femmes à l’histoire des sciences et des technologies revient au cœur des débats. Parmi ces figures marquantes, Ada Lovelace, souvent présentée comme la première programmeuse informatique de l’histoire, occupe une place singulière dans la genèse de l’informatique moderne.
Née le 10 décembre 1815 à Londres sous le nom d’Augusta Ada Byron, Ada Lovelace est la fille unique du célèbre poète britannique Lord Byron et d’Anne Isabella Milbanke, une femme cultivée et passionnée de mathématiques. Surnommée par son mari « la princesse des parallélogrammes », Lady Byron encourage très tôt l’apprentissage scientifique de sa fille, une démarche peu courante pour une jeune fille de la noblesse au XIXᵉ siècle.

Après la séparation de ses parents, Ada grandit auprès de sa mère qui veille à lui offrir une éducation rigoureuse en mathématiques et en sciences. Cette formation la conduit à rencontrer en 1832 la scientifique écossaise Mary Somerville, qui devient l’une de ses mentores. Un an plus tard, celle-ci lui présente le mathématicien britannique Charles Babbage, considéré comme le concepteur de l’ancêtre de l’ordinateur moderne.
Cette rencontre marque un tournant décisif. Passionnée par les machines à calculer, Ada développe une fascination pour les travaux de Babbage et son projet de « machine analytique ». Au fil des années, elle fréquente plusieurs grandes figures scientifiques et intellectuelles de son époque, dont Michael Faraday, Charles Wheatstone ou encore l’écrivain Charles Dickens.
À l’âge de 20 ans, elle épouse le noble britannique William King-Noel et devient comtesse de Lovelace. Malgré ses responsabilités familiales et une santé fragile, sa passion pour les mathématiques demeure intacte. Elle poursuit alors ses recherches avec l’appui du mathématicien Augustus De Morgan.

La contribution majeure d’Ada Lovelace intervient en 1842, lorsqu’elle traduit un mémoire de l’ingénieur italien Luigi Federico Menabrea consacré à la machine analytique de Babbage. Mais au-delà de la simple traduction, elle rédige sept notes complémentaires, identifiées de A à G, dont le volume dépasse largement celui du texte original.
Dans ces notes figurent notamment des instructions détaillées permettant de calculer les nombres de Bernoulli, une suite utilisée en mathématiques. Ces explications structurées s’apparentent à un langage destiné à être exécuté par une machine, ce qui conduit aujourd’hui de nombreux historiens à considérer ces écrits comme l’un des premiers programmes informatiques de l’histoire.

Si certains chercheurs ont longtemps débattu de l’ampleur exacte de sa contribution, plusieurs spécialistes contemporains reconnaissent l’originalité de ses travaux. Pour l’informaticien britannico-américain Stephen Wolfram, aucun algorithme aussi complexe que celui proposé par Hbb Lovelace n’a été retrouvé dans les travaux de Babbage.
Près de deux siècles plus tard, l’héritage d’Ada Lovelace continue d’inspirer les femmes engagées dans les sciences, les technologies et l’innovation. À l’heure où la promotion des femmes dans les filières scientifiques reste un enjeu mondial, son parcours illustre la capacité des femmes à repousser les frontières du savoir et à marquer durablement l’histoire de l’humanité.
Lamadone AGOUA