Alors que la filière cacao fait face à de profondes mutations, les coopératives ivoiriennes s’organisent pour gagner en crédibilité et en efficacité. Durant trois jours, plusieurs d’entre elles, membres de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD), ont participé à un atelier de renforcement des capacités organisé par Solidaridad. Objectif, améliorer leur gouvernance interne et leur professionnalisme.
Avec l’essor des normes internationales, la montée des exigences de traçabilité et l’évolution des politiques européennes en matière d’importation, les Organisations de Producteurs Agricoles (OPA) s’imposent désormais comme un maillon stratégique. Leur rôle dans la représentation des producteurs, la gestion collective et l’accès au marché devient plus que jamais déterminant.

Pour accompagner ces transformations, la PICD a développé un Référentiel de gouvernance des OPA, un outil conçu pour aider les coopératives à se structurer autour de trois principes clés : performance efficace, nécessaire à une prise de décision éclairée ; Gestion responsable, fondée sur une utilisation transparente et rigoureuse des ressources ; Comportement éthique, garant de conformité et de crédibilité.
Selon la PICD, l’enjeu est clair : redonner du poids aux organisations de producteurs dans la gouvernance d’une filière souvent dominée par les acteurs industriels et institutionnels.
« Le référentiel de gouvernance donne tout ce qu’il faut pour que les coopératives deviennent véritablement professionnelles. Les normes et exigences de conformité qui arrivent dans le secteur rendent cette transformation incontournable », souligne le Dr Affessi Wenceslas.
Pour les participants, cette formation ouvre de nouvelles perspectives pour dynamiser la cacaoculture.
« Nous avons réalisé que les règles que nous fixons nous-mêmes ne sont pas toujours respectées. Être professionnels, c’est gagner en crédibilité auprès des partenaires institutionnels et financiers », a expliqué Olga Rosine Adou N’Goran, insistant sur la nécessité d’un travail interne rigoureux.
Même appréciation du côté de Meledje Ghislain, qui parle d’un apport technique pertinent, susceptible d’améliorer durablement la gestion des coopératives.

Avec des organisations plus autonomes, mieux structurées et préparées aux nouvelles exigences internationales, la Côte d’Ivoire franchit ainsi une étape supplémentaire vers une filière cacao plus responsable, plus compétitive et résolument tournée vers l’avenir.
Cette initiative marque un pas important vers des organisations plus solides, plus éthiques et mieux outillées pour défendre les intérêts des producteurs — une condition essentielle pour garantir une production durable et répondre aux attentes d’un marché mondial toujours plus exigeant.