La Bourse du Travail de Treichville a abrité, le mercredi 17 décembre 2025, l’atelier national de validation du Guide syndical de sensibilisation et de plaidoyer à l’endroit des jeunes cacaoculteurs sur la transition juste. Organisée par le Comité intersyndical jeune de Côte d’Ivoire (CIJ-CI), en partenariat avec le Bureau international du Travail (BIT), la rencontre a réuni une trentaine d’acteurs syndicaux, institutionnels et techniques du secteur agricole.

Représentant les cinq centrales syndicales, Akanza Koffi, 3ᵉ secrétaire général adjoint de l’UGTCI, a rappelé que la création de l’intersyndical répond à la nécessité d’assurer la relève syndicale. « Les centrales ont cautionné cet outil pour y intégrer les jeunes, afin qu’ils prennent la suite et garantissent un meilleur contrôle de l’emploi, de la qualité du travail, de la prise en charge sociale et de la productivité dans la filière cacao », a-t-il déclaré. Il a également salué les avancées enregistrées dans la lutte contre le travail des enfants, soulignant que la Côte d’Ivoire n’est plus citée comme un mauvais exemple en la matière.

Pour Roch Yomi, président du CIJ-CI, ce guide est essentiel au regard du poids de la filière cacao dans l’économie nationale. « Plus de 600 000 travailleurs interviennent dans cette filière, dont environ 300 000 jeunes présents dans toute la chaîne de valeur », a-t-il indiqué, citant des données issues d’études du BIT et d’organisations agricoles. Selon lui, la précarité de l’emploi, l’insuffisance de la protection sociale et les effets du changement climatique imposent une réflexion syndicale approfondie afin d’assurer une transition juste, c’est-à-dire équitable et anticipée, au bénéfice des jeunes travailleurs.

Consultant et principal élaborateur du guide, le sociologue Kouman Élysée a présenté les résultats de l’étude menée sur le terrain. Deux défis majeurs ont été identifiés : le changement climatique, responsable récemment de pertes estimées à plus de 200 000 tonnes de cacao, et le déficit de travail décent, marqué par l’irrégularité des revenus, l’absence de retraite et la faible couverture sociale. « Certains jeunes assimilent encore la retraite à la mort, ce qui montre l’urgence d’une meilleure sensibilisation et d’un accompagnement institutionnel, notamment de la CNPS et de la couverture maladie universelle », a-t-il expliqué.

Le guide s’articule autour de trois axes : la mobilisation et la sensibilisation des jeunes cacaoculteurs, la négociation pour améliorer leurs conditions de travail, et le plaidoyer auprès des autorités afin d’intégrer pleinement le travail décent des jeunes dans les politiques climatiques et agricoles nationales.
À l’issue des travaux de groupe et des discussions en plénière, les participants ont formulé des amendements visant à renforcer la pertinence et l’appropriation du document. Une étape décisive pour outiller les jeunes et garantir la durabilité sociale et économique de la filière cacao en Côte d’Ivoire.